Les fouilles musclées de la police sur le camping des Eurockéennes créent la polémique

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Sophie Courageot
Le 09.07.2019, à 17h33
02 MIN LI-
RE
©Sophie Courageot
Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Sophie Courageot
Dimanche 7 juillet, le camping du festival des Eurockéennes de Belfort a vu ses festivaliers subir de violents contrôles de la part de gendarmerie. Une politique répressive assumée par les pouvoirs publics, alors même que les organisateurs n’étaient pas prévenus.

Dimanche 7 juillet, au moins 70 personnes ont fait l’objet de fouilles intensives pendant le weekend du festival Les Eurockéennes de Belfort. En cause, une volonté des pouvoirs publics d’intensifier la lutte contre la drogue et ses trafics et, élément inédit, une incursion menée par la Gendarmerie sur le camping du festival en compagnie de chiens renifleurs. 

Plusieurs personnes ont donc été témoins et parfois victimes de cette prévention offensive sous forme de contrôles inopinés. « Le chien reniflait tout ce qu’il trouvait : les vêtements, les valises, les sacs et même les glacières », témoignent Chloé et Sarah deux festivalières ayant assisté aux arrestations. Un jeune homme se dit quant-à lui humilié d’avoir été « à ce point palpé » alors qu’il ne détenait rien sur lui.

De leur côté, les forces de l’ordre ont continué d’appuyer la nécessité de leur présence auprès de France 3 : « Il y avait une volonté des services de l’Etat de mener des actions offensives de prévention. Un festival n’est pas une zone de non-droit, d’où notre présence », indique le lieutenant colonel Olivier Garoby, en charge des opérations sur le festival.

En réaction, Matthieu Pigasse, en son rôle de président du conseil d’administration de l’événement, s’est dit sidéré par ces interventions policières. « On n’en a pas du tout été informés, tout cela s’est fait sans coordination avec nous, et en effet, c’est sans précédent au cours des trente dernières années », précise t-il.

L’homme d’affaires français rappelle que « La mission première des forces de l’ordre est d’assurer la sécurité des flux et des festivaliers. » S‘insurgeant contre une action jugée disproportionnée et alors même que le nombre de gendarmes a été réduit de 60%, ceux qui restaient « ont été utilisés pour arrêter des gens qui ont trois grammes de cannabis sur eux, on se dit que ce n’est pas la priorité », déplore-t-il.

Un déploiement de force pour le moins inhabituel, que les pouvoirs publics justifient de façon tout aussi déconcertante.  Dans une lettre ouverte, Sophie Elizéon, préfète du Territoire de Belfort, et Eric Plantier, procureur de la République, évoquent en effet deux enquêtes en cours portant sur les viols présumés de jeunes femmes sur le site du festival. Ils tissent un lien de causalité entre la perpétration de tels crimes et la consommation de stupéfiants : « le festival ayant axé une partie de sa communication sur la lutte contre les violences sexuelles, il ne semble pas nécessaire d’insister davantage sur les effets bénéfiques des actions menées par les militaires de la Gendarmerie contre les addictions et la consommation de stupéfiants. L’impact que ces conduites peuvent avoir sur les comportements justifie pleinement les mesures mises en oeuvre, particulièrement alors qu’ont été dénoncés deux faits de viol dans l’enceinte du festival. » 

Cette année, les Eurockéennes ont donc été visées par une action renforcée contre les stupéfiants. Cependant, cela n’a pas empêché l’un des plus grands festivals de France de réunir plus d’une centaine de milliers de personnes en un week-end. 

Newsletter

Les actus à ne pas manquer toutes les semaines dans votre boîte mail

article suivant