Les fers de lance de la bass music française vont s’affronter sur une nouvelle compilation de battles

Écrit par Léna Baux
Photo de couverture : ©D.R
Le 22.04.2019, à 18h28
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Écrit par Léna Baux
Photo de couverture : ©D.R
Dub War Round 2, deuxième opus d’une série de compilations du label The Bass Society, va sortir le 25 avril. Ce nouveau recueil de battles entre producteurs français de bass music, allant du dubstep au dancehall, en passant par le grime ou la drum’n’bass, fait écho au premier, dans un format beaucoup plus étendu. En attendant la sortie officielle, le label partage pour Trax un mix exclusif, synthétisant l’esprit de la compile.

En janvier dernier, The Bass Society, label français de bass music fondé par DJ Absurd – pionnier du genre en France et DJ résident de la première heure chez Rinse France  sortait la première compilation de battles Dub War. Celle-ci faisait s’affronter une dizaine d’artistes du milieu, sur plus de 20 titres. Le “conflit” s’est désormais étendu et de nombreux autres producteurs et DJ’s se sont laissés entraîner dans l’aventure. Le 25 avril prochain, Dub War Round 2, le successeur du premier volet, sortira ainsi en téléchargement gratuit. Pour une écoute simplifiée, une version mixée, représentative de l’ensemble de la compilation, a été réalisée et proposée à Trax en exclusivité. Le mix est à découvrir ci-dessous.



Depuis le mois de décembre, près de cinquante artistes, constituant la majorité de la scène bass française, se sont ainsi livrés à cet exercice d’affrontement musical, alliant dubstep, jungle, grime, footwork, drum’n’bass ou encore breakbeat. Parmi eux, certains des acteurs du premier round tels que DJ Absurd, Nasty J, Fechos, Agôn ou Jumboclat, mais également de nombreux nouveaux venus, entre artistes confirmés comme Tim Karbon et Hubwar, ou jeunes talents prometteurs.

Initiateur du projet, DJ Absurd a repris le principe du “soundclash”, né à la fin des années 50 en Jamaïque, et qui consiste en un combat musical entre soundsystems. Pour déterminer le vainqueur, « en général, c’est le public qui décide. À l’applaudimètre, comme dirait Jean-Pierre Foucault », explique-t-il. « D’autres fois, c’est un groupe d’artistes, formant une sorte de jury. Et il y a des fois où on ne sait même pas qui a gagné ! » Depuis de nombreuses années, la musique anglaise, pour des « raisons démographiques et culturelles » est imprégnée de « culture jamaïcaine », ajoute-t-il. Ainsi, le concept de soundclash est depuis resté ancré dans les mouvements garage, dubstep ou grime.

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Concernant le mode de sélection des concurrents pour cette Dub War, aucun tirage au sort n’a été réalisé : « C’est un peu l’anarchie, tu peux “t’en prendre” à qui tu veux ». L’affrontement peut se faire à plusieurs protagonistes et « pour n’importe quelle raison, soit parce que c’est un collègue, ou au contraire parce que tu le trouves sympathique », indique DJ Absurd. « C’est aussi un moyen de se rencontrer », précise-t-il. Toutefois, la principale particularité de la Dub War est « d’avoir interdit les propos insultants », présents habituellement dans ce type de battles, car « aucun manque de respect » n’est admis. Concernant les propos homophobes ou racistes en particulier, l’artiste assure que « tous les morceaux qui semblaient franchir cette limite ont été supprimés ».

Le round 3 à quant à lui déjà été enregistré, mais cette fois les opposants ont été tirés au hasard, ce qui a permis à des « débutants d’affronter des artistes plus confirmés ». Sur cette nouvelle compilation, qui n’a pas encore de date de sortie, chacun s’est aussi vu attribuer un « BPM à respecter », ce qui a par exemple amené des producteurs de jungle à faire de la house. « C’est intéressant, ça a donné des trucs assez cool », se réjouit DJ Absurd. À présent, un nouveau concept est en cours de réflexion : un format approprié au battle en direct, adapté aux attentes du public. « En live, les gens ne comprennent pas pourquoi il n’y a pas que du son, pourquoi il y a des moments de dialogues ». The Bass Society réfléchit actuellement à un type d’événement alliant « une partie battle, avec une seconde uniquement DJ sets ».

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