Le prodige Arandel revisite Bach dans un projet électroacoustique, et c’est magnifique

Écrit par Célia Laborie
Photo de couverture : ©LOLL WILLEMS
Le 28.11.2019, à 17h25
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©LOLL WILLEMS
Écrit par Célia Laborie
Photo de couverture : ©LOLL WILLEMS
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Il dit vouloir « jouer avec la matière de Bach ». Le producteur multi instrumentiste Arandel sort le 24 janvier un nouveau disque inspiré du répertoire du compositeur baroque, InBach. Pour ce projet, il fait notamment sortir de leurs vitrines des instruments anciens du Musée de la musique.  Un premier morceau envoûtant sort aujourd’hui. 

S’il avait pu voyager jusqu’à notre époque, Jean-Sébastien Bach aurait-il écrit pour des concertos pour synthétiseurs ? Arandel tente de répondre à cette question dans son nouvel album InBach à paraître le 24 janvier sur InFiné. Un premier extrait, inspiré du prélude n°2 et interprété avec la chanteuse américaine virtuose Petra Haden, fait office de mise en bouche.

« C’est comme un remix, commente Arandel. La partition originale de Bach est parfaitement respectée, mais réarrangée avec un enregistrement vocal de la chanteuse américaine Petra Haden. Et pour donner une dimension plus électronique à tout cela, je l’ai doublé avec de la basse et des percussions. »

Le Musée de la musique, qui est à l’origine du projet, a mis à disposition certains des 7000 instruments anciens de sa collection. Les conservateurs ont invité Arandel à piocher parmi ceux qui sont encore en état de marche pour revisiter l’œuvre de Bach. Seuls des musiciens spécialisés, invités pour l’occasion, sont autorisés à les utiliser. Les violes de gambe, violons, pianos, psaltérions du Moyen-Âge qui n’avaient pas émis de son depuis des siècles sont ainsi sortis de leur vitrine. Ils rencontrent ici les flûtes chinoises, orgues électroniques et synthétiseurs d’Arandel, ainsi que la voix de chanteuses comme Barbara Carlotti.

Le disque entier est à l’image de ce premier extrait, à la fois mystique et pop, toujours incroyablement mélodique. La house rencontre la musique baroque avec une élégance insoupçonnée, comme pour mettre en valeur l’intemporalité des compositions de Bach.

Arandel
Arandel©Julien Mignot

Pourquoi avoir choisi de se frotter à ce répertoire complexe et prolifique ? Sans être spécialiste, Arandel reconnaît au compositeur allemand « une universalité qui se prête à toutes les relectures. C’est une matière extraordinaire. Pour moi, Bach avait un goût, un intérêt pour les timbres des instruments. Dans ce projet, je joue donc avec les timbres d’instruments d’époques différentes. » Pour l’occasion, le producteur électroacoustique autrefois anonyme fait tomber le masque. Et apparaît à visage découvert pour se dérober derrière le génie de Bach.

L’album InBach sortira le 24 janvier prochain sur InFiné.

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