Le financement participatif, ça se passe comment ? Le festival La Chinerie raconte son crowdfunding

Écrit par Trax Magazine
Le 20.02.2018, à 16h38
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©La Chinerie
Écrit par Trax Magazine
Nous vous avons déjà raconté comment la communauté des chineurs avait réussi à réunir 20 000 € en 24 h sur KissKissBankBank, lors du dernier jour de financement du festival participatif La Chinerie. On a voulu savoir comment ils s’y étaient pris, en détails.


La Chinerie Festival
, c’est la convergence de plusieurs groupes Facebook de passionnés de musique qui se partagent leurs trouvailles. Parmi cette communauté de plusieurs centaines de milliers de personnes, environ 400 se sont organisées entre elles pour monter un festival collaboratif. 

« On a voulu faire un festival pour réunir notre communauté. La Chinerie et les premiers groupes créés sur Facebook ont fêté leurs 3 ans il y a quelques mois. On a voulu passer du virtuel au réel, un peu comme le font les Chineurs locaux dans leurs villes respectives, mais à plus grande échelle ! » raconte Fanny Cahu, chargée de la communication autour du festival.

Et qui dit collaboratif dit financement participatif. Les Chineurs lancent un sondage sur les groupes : si au moins 1000 personnes sont prêtes à donner quelques euros, ils débuteront un crowdfunding. L’appel aux dons sera une réussite. « On a choisi KissKissBankBank parce que c’est la plateforme qu’on connaissait le mieux, et que c’est l’une des plus renommées. On a aussi comparé avec les autres, et c’est celle qui nous a paru la plus avantageuse financièrement, car elle ne prenait que 8% de commission. »

La communauté définit donc un objectif à atteindre de 50 000 €. « Ça a été réfléchi avec KissKissBankBank, qui nous a dit que c’était absolument réalisable. » Si les débuts sont prometteurs, la campagne connaît un trou d’air au milieu de la période de financement. « On était un peu inquiets, mais ils nous ont expliqué que c’était tout à fait normal : au début ça marche bien, puis ça se tasse, et au dernier moment ça repart. »

Difficile de pouvoir donner des garanties au public pendant cette période de creux. Que faire en attendant de savoir si l’objectif financier sera atteint ? « C’était compliqué de commencer les démarches administratives, mais au fond on y croyait tous dur comme fer. On était concentrés sur la communication autour du crowdfunding, et on a mis en place notre stratégie de communication et développé notre charte graphique. »

Au cours des dernières 48h, les diggers mobilisent tous leurs réseaux, à commencer par la famille et les amis. « On a un peu spammé les réseaux sociaux et ça a marché ! », raconte celle qui s’occupe également des Chineurs de House et de la programmation. « Des gens nous disaient que ça ne marcherait pas. Que 50 000 €, c’était une énorme somme. Mais la plupart du temps, les gens nous ont encouragés à fond. On a la chance d’avoir notre communauté, donc on ne partait pas de zéro. C’est comme quand tu fais une tombola à l’école primaire, et que tu vas demander à ta grand-mère de t’acheter des billets. » Finalement, ils récolteront plus de 20 000 € d’un coup.

La courbe de progression de la campagne, modélisée par les Chineurs.

La moitié des artistes sont déjà signés

Aujourd’hui, le projet avance bien. Les contreparties sont en cours de distribution, avec l’aide d’Adrien, un accompagnateur que la plateforme leur a dédié. « C’est lui qui nous suit depuis le début, il nous a aidés pour que ce soit gagnant-gagnant pour tout le monde. »

À moins de quatre mois du festival, la moitié des artistes prévus ont été signés, autant sur les scènes hip-hop que house ou techno. « On a quelques têtes d’affiche qui nous tenaient à cœur mais notre but est d’être éclectiques et pas forcément de faire comme tous les autres festivals, avec des stars qu’on voit partout. »

La programmation sera annoncée par vagues, avant un line-up complet révélé mi-mars. Rendez-vous les 8 et 9 juin aux puces du canal de Lyon, avant un dimanche 10 juin ouvert à tous, pour chiner des antiquités aux rythmes de la musique des collectifs invités. Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page Facebook de l’évènement.

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