Le clubbing au cinéma en 10 scènes cultes à revoir

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Sabotage Films GmbH Stoehrfilm
Le 24.07.2020, à 12h07
05 MIN LI-
RE
©Sabotage Films GmbH Stoehrfilm
Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Sabotage Films GmbH Stoehrfilm
Alors que l’absence de club commence à se faire franchement sentir en ces temps de Covid, il ne reste que le cinéma pour subvenir à nos besoins de dancefloors. En dix scènes cultes, retour sur les nuits les plus endiablées du septième art.
  • Cruising, de William Friedkin (1980)

Alors que des homosexuels sont sauvagement assassinés dans les rues de New-York, le policier Steve Burns (Al Pacino) est chargé d’enquêter dans les milieux gay et underground de la Grosse Pomme. En immersion dans le milieu, le flic vêtu d’un marcel moulant noir doit s’aventurer dans un club gay SM, où il entame une danse imbibée de poppers au milieu d’autres hommes en cuir. La scène, dont l’ambiance est inspirée de celle d’un vrai club new-yorkais appelé le Mineshaft, va faire scandale. La communauté homosexuelle de New-York regrette l’image négative que le film de William Friedkin véhicule. La polémique poussa même Al Pacino à désavouer son réalisateur.

Al Pacino, bien imbibé sur le dancefloor.
  • Saturday Night Fever, de John Badham (1977)

C’est d’ici que va démarrer la folie disco. Le 16 décembre 1977, quand sort en salles le film de John Badham, le grand public ne connaît pas encore vraiment la magie des dancefloors et des boules à facettes. Mais devant la performance stupéfiante d’un John Travolta survolté, gominé et moulé comme jamais dans son pantalon, les spectateurs du monde entier ne peuvent que se laisser prendre dans la danse et l’effervescence du mouvement disco. D’autant plus que la bande originale de Saturday Night Fever, composée en grande partie par les Bee Gees, est sans doute l’une des plus réussies du genre.

La fièvre pendant des heures.
  • Saint Laurent, de Bertrand Bonello (2014)

On le sait, le club est souvent un lieu de séduction, où se nouent des rencontres aux heures avancées de la nuit. Dans le biopic Saint Laurent du réalisateur français Bertrand Bonello, on peut voir le célèbre couturier faire la connaissance de son amant Jacques de Bascher (interprété par Louis Garrel) sur le dancefloor du Club Sept, boîte de nuit cultissime des années 70 située rue Sainte Anne à Paris. En réalité, la scène a été tourné au Paris Paris, redécoré pour l’occasion aux couleurs néons des seventies tapageuses.

Yves-Saint Laurent, La nuit de l’Homme.
  • Mektoub my Love, d’Abdellatif Kechiche (2018)

C’est sans doute l’un des films récents dont les scènes en boîtes de nuit ont le plus marqué les esprits. Dès sa sortie en salles en mars 2018, le film d’Abdellatif Kechiche a fait forte impression pour sa capacité à raconter l’été, la jeunesse, la drague, la fête, l’insouciance et la danse. Dans une longue séquence filmée sur le dancefloor d’une discothèque du Sud de la France, Mektoub my Love : Canto Uno montre les corps qui transpirent, les regards qui se croisent et la musique qui tonne. Une scène impressionnante que le réalisateur a d’ailleurs choisi d’étirer pendant des heures sur son Mektoub my Love : Intermezzo, présenté avec fracas à Cannes l’année suivante mais toujours pas prévu pour une sortie en salles.

C’est long, non ?
  • Blade, de Stephen Norrington (1998)

Si vous-vous retrouvez un jour en boite avec Wesley Snipes, soyez sans crainte : il y a peu de chance que l’on vous embête. Dans cette scène d’ouverture, sous les stroboscopes, les danseurs se métamorphosent en vampires ensanglantés, comme cela se produit parfois dans les établissements mal fréquentés. Forcément inquiet, l’œil du DJ – qui envoie un morceau de techno indémodable – se braque sur ce grand bonhomme vêtu d’une combi en cuir noir et masqué par des lunettes profilées. Il s’apprête à (é)vider le dancefloor, dans tous les sens du terme.

C’est quand la dernière fois que vous avez pleuré du sang, vous ?
  • American Gigolo, de Paul Schrader, (1980)

En 1980, Paul Schrader, scénariste consacré de Taxi Driver, met en scène Richard Gere, plus sexy que jamais, dans le rôle d’un gigolo de luxe évoluant à Los Angeles. Suspecté à tort par la LAPD du meurtre d’une cliente, Julian Kay (Richard Gere) va peu à peu perdre pied. Plus la police se rapproche et plus le gigolo esthète se laisse aller et décline. Dans cette scène mythique où Julian touche le fond, un morceau de disco irrésistible embrase le dancefloor d’un club gay. Produit par Giorgio Moroder, le titre intitulé Love and Passion retentit dans l’obscurité, alors que Julian Kay traverse le club, insensible aux corps des hommes en sueur qui se frôlent et s’effleurent. Le gigolo recherche son maque, occupé avec un jeune homme. Il est la seule personne à pouvoir le disculper.

Richard erre.
  • 120 battements par minute, de Robin Campillo (2017)

120 battements par minute revient sur les débuts de l’association militante de lutte contre le sida, Act Up-Paris, dans les années 1990. Alors que le sida tue depuis une dizaine d’années, les membres d’Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l’indifférence générale. L’histoire est racontée à travers le personnage Nathan, nouvelle recrue très rapidement bouleversée par la radicalité de Sean, militant de longue date. Après une énième action, les militants d’Act Up se retrouvent en boîte de nuit à Paris, soirée au cours de laquelle Nathan et Sean se rapprochent.

Danser = Vivre, mais vous le saviez déjà.
  • La Grande Belezza, de Paolo Sorrentino (2013)

La grande Belezza de Sorrentino raconte Rome dans la splendeur de l’été. Jep Gambardella, ancien critique d’art à succès et bel homme malgré son âge avancé, jouit des mondanités de la ville pour cacher le désabus de sa vieillesse et de son manque d’inspiration. Séducteur impénitent, il a remporté dans sa jeunesse un prix littéraire pour “L’appareil humain”. La scène d’ouverture de La Grande Belezza dans une boîte de nuit de Rome en dit long sur ce désenchantement généralisée. Pendant trois minutes, on y voit la haute société romaine danser à l’excès sur la piste de danse. Le zoom sur le visage de Jep Gambardella laisse transparaître le dédain et le caractère vain de cette foule que l’écrivain n’apprécie même plus.

La coupe est pleine pour Gambardella.
  • Berlin Calling, de Hannes Stöhr (2008)

Les fans de Paul Kalkbrenner ont sûrement déjà vu ce long métrage allemand qui met en scène le DJ sous le nom d’Ickarus, proposant en même temps un panorama de la vie nocturne berlinoise à la fin des années 2000. Le film le suit dans sa vie d’artiste qui prend un tournant après un internement en cure de désintoxication. C’est dans cet endroit atypique que le DJ va produire Berlin Calling, album qui relance sa carrière. Le fête berlinoise apparaît plusieurs fois dans le film, notamment une fois, au bord de la Spree dans le légendaire Bar 25 — qui n’existe plus aujourd’hui —, où Ickarus se rend lorsqu’il fugue de l’hôpital. Mais la scène la plus iconique reste la dernière. On retrouve Ickarus aux platines, après avoir terminé de produire son album. Pour la première fois depuis son séjour en cure, il joue son album et passe le morceau “Gebrünn Gebrünn” face à un public en folie. La fameuse scène est tournée à Maria am Ufer, qui a également été un club mythique situé en face de la gare d’Ostbahnhof. 

Paul en post-cure.
  • La Boom, de Claude Pinoteau (1980)

Il arrive que les maisons se transforment en club, le temps d’une soirée. C’est le cas dans La Boom, où le salon se transforme en dancefloor. Dans une scène, l’héroïne, Vic — interprétée par Sophie Marceau — se retrouve avec un casque sur les oreilles, posé par un certain Mathieu avec qui elle aura par la suite une histoire d’amour. Les deux jeunes se retrouvent alors, le temps d’un slow, scène mythique du film, pendant que les autres continuent leur danse effrénée autour d’eux. Une ôde à l’amour, mais surtout au slow qui malgré tout fait partie du monde de la nuit lui aussi.

Les « DJ Youtube » de l’époque.

Newsletter

Les actus à ne pas manquer toutes les semaines dans votre boîte mail

article suivant