La vraie histoire du shot

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©D.R
Le 23.10.2019, à 17h40
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Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©D.R
Nous en usons et abusons sans trop savoir d’où il vient. Trax a fait un petit retour sur l’histoire du verre à shot et sur les différents mythes qui l’entourent.

Cet article a initialement été publié en juin 2019 dans Trax n°223, disponible sur le store en ligne.

D’un bout à l’autre de la planète, personne ne le désigne de la même manière. Stópka en Russie, shottogurasu  au Japon, cicchetto  en Italie, sfinaki  en Grèce ou nip  en Australie : celui que nous nommons plus communément le shot charrie un nombre incalculable d’histoires et d’adaptations locales. En particulier lorsque se pose l’épineuse question de son origine. À ce sujet, les opinions sont aussi nombreuses que fondamentalement différentes.

Une chose est pourtant sûre, la toute première mention de ce petit verre à alcool dans la littérature date de 1913, dans un livre du Dr. Jehu Z. Powell baptisé History of Cass County Indiana : From Its Earliest Settlement to the Present Time. Il y raconte l’histoire d’un tenancier de saloon dans une petite ville de l’Indiana, en 1857. Un jour, lors d’une fusillade, son unique tonneau de whisky se fait transpercer par une balle et se vide intégralement sur le sol. Pour l’embêter, ses clients ne cessent alors de lui réclamer a shot of whisky , signifiant littéralement “une balle de whisky”. Cette histoire sera ensuite largement relayée, à tel point que dans les années 40, le prestigieux New York Times utilise régulièrement le terme shot  pour désigner ces mini-verres qu’on aime boire vite et fort.

Le shot daterait donc du début du XXe siècle ? Pas sûr. Une histoire circulant depuis des années le fait remonter plus loin encore dans le temps, en pleine période du Far West.

Il se dit qu’à l’époque, les employés des mines n’étaient que rarement payés dans les temps par leurs employeurs. Lorsqu’ils se rendaient au saloon pour boire un coup après leur travail, ils n’avaient alors d’autres solutions que d’échanger une balle de leur revolver contre un petit verre de whisky, selon l’expression a shot for a shot . Une théorie, certes bien pensée, mais qui ne s’appuie sur aucun fondement historique : selon les spécialistes, le prix d’un verre de whisky était à l’époque bien plus élevé que celui d’une balle. À la place, certains suggèrent une explication bien plus plausible et tout aussi intéressante : le petit verre en question serait en fait laissé vide sur la table lors des repas afin que chacun puisse y cracher l’éventuelle balle qu’il retrouverait dans son gibier. Belle idée.

Mais dans les faits, la théorie la plus probable reste sans doute la plus simple. Aux alentours de 1884, en Allemagne, Friedrich Otto Schott, un chimiste et industriel spécialisé dans le verre, inventa avec son entreprise Jenaer Glaswerk Schott & Genossen un nouveau type de verre à liqueur à la fois plus petit et plus résistant. Tout porte à croire qu’avec son importation aux États-Unis et ailleurs dans le monde, le verre de Schott soit tout simplement devenu ” le verre à shot “, parfois même désigné sous le terme de shooter. C’est en tout cas l’explication la plus rationnelle, même s’il y a fort à parier que tout n’est pas forcément faux dans les autres histoires, et que l’invention de Friedrich Otto Schott ait pu être utilisée différemment au fil du temps. Mais encore faut-il s’en souvenir clairement. Et pour ça, les shots ne sont pas forcément nos meilleurs alliés.

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