La Spring d’Astropolis au chateau de Kériolet : une fête et un lieu mythiques

Écrit par François Brulé
Le 21.04.2016, à 14h51
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©Ronan Davalan
Écrit par François Brulé
Complet ! Les places pour la Spring 2016 sont déjà toutes vendues depuis le mercredi 20 avril. Cette soirée, lancée en 2007 par la bande d’Astropolis, se traduit chaque année par un succès. En 2015, seulement 48 heures ont été nécessaires pour écouler les 1 500 places, sans même dévoiler le moindre nom du line-up. Cette année, l’organisation a fait le choix de distribuer les places uniquement depuis des points de vente physique. À Rennes, les billets sont partis en une heure et demie. Après une semaine, la billetterie ferme déjà ses portes. Comment expliquer un tel engouement ?

Depuis 1994, Astropolis propose des soirées, des nuits et des week-ends dont eux seuls ont le secret. Allant même jusqu’à rameuter, lors de la même soirée, le groupe Bérurier Noir pour leur dernier concert en 2005 avec les Américains d’Underground Resistance. Grâce à ce genre de pari fou, le festival a su conquérir un public très large : du teufeur à la casquette cloutée jusqu’à l’amateur de techno le plus pointu.


Le Bunker Palace, l’Astroclub, la Fortress ou encore l’Astro Christmas : on ne compte plus les à-côtés organisés chaque année. Parmi eux, une soirée se détache des autres. La Spring, elle, garde toujours une saveur particulière. Mercredi 4 mai, le château de Kériolet, à Concarneau, accueillera ses habituels 1 500 fêtards. Un lieu pas comme les autres, puisque c’est ici que les premières éditions d’Astropolis ont eu lieu.


Un assassin au château

Avant d’être habité par les rythmes effrénés des musiques électroniques, le château de Kériolet a vu passer de nombreux propriétaires entre ses murs. Dont Félix Youssoupoff, un prince russe impliqué dans le meurtre de Raspoutine. Contraint de quitter son pays, le prince prend possession du domaine de Kériolet en 1956. Mais, très vite, il se lasse de l’endroit et le vend à la ville de Concarneau ! Pièces par pièces, la commune du Finistère récupère le domaine, qui tombe progressivement en lambeaux. Ce dernier perd même sa toiture lors de la tempête de 1987.

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© Ronan Davalan

Un lieu mythique

L’année suivante, Christophe Lévêque reprend le château, le rénove et l’ouvre au public. Dans les années 90, après des soirées au Calao (le fameux club de Combrit), des afters s’organisent au sein du château fraîchement retapé. Ce qui remonte aux oreilles des créateurs d’Astropolis. Gildas Rioualen et Mathieu Guerre-Berthelot rencontrent alors le propriétaire du “berceau des afters” et lui proposent d’y organiser la troisième édition d’Astropolis. Le châtelain accepte donc de recevoir une rave chez lui. “Christophe adore la fête. Il a vécu la grosse période disco à New-York. Il a toujours été ouvert aux différentes cultures”, appuie Gildas.

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© Julio Ificada

Nous sommes alors en 1997. Le festival investit le château de Kériolet pour la première fois et voit passer Laurent Garnier, Jeff Mills, DJ Funk, Scan 7 ou encore Richie Hawtin. L’amour dure trois ans. En 2001, pour des raisons de logistique et de sécurité, l’équipe déplace le festival au manoir de Keroual.

Le château de Kériolet continue tout de même d’accueillir des soirées plus ou moins privées organisées par Astro et d’autres petits collectifs. Mais en 2007, Gildas et son équipe ressentent “l’envie de faire plus que des soirées clandestines dans ce château. Nous voulions retrouver la cour, la salle de gardes, la crypte, les gargouilles et cette importance accordée au mapping”. La Spring voit le jour et se veut rester “un projet de moyenne envergure avec 1 500 personnes”, confie le Brestois. “Cette année, nous visons un public fidèle et plus âgé, en imposant des points de vente physique plutôt qu’une billetterie en ligne avec un événement Facebook. Le but étant que le gars qui sort du boulot à 19 heures puisse choper sa place”, explique l’organisateur.

Sous le donjon de Manu

Le 4 mai, Manu le Malin et d’autres artistes encore secrets animeront la cour mystique de Kériolet. À cette occasion, Mario Raulin, cofondateur du collectif Sourdoreille, tournera le portrait du prince du hardcore dans l’enceinte du château. Après avoir rencontré Manu le Malin en 2011, le jeune réalisateur est resté focalisé sur la symbiose animant le DJ français et le château de Kériolet. Il le définit même comme “l’homme qui sent le château”. Des parties du documentaire Sous le donjon de Manu le Malin seront donc tournées lors de cette fameuse nuit du 4 au 5 mai prochains. Rave up !

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