La nouvelle scène électronique de Montréal en cinq artistes

Écrit par Trax Magazine
Le 30.05.2016, à 18h23
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©RYAN Playground / Rupert Lamontagne
Écrit par Trax Magazine
Le succès de Kaytranada a plus que jamais braqué les projecteurs sur Montréal, dont la scène électronique est en effervescence. Quelques semaines après la sortie de 99.9%, l’album qui occupe tout Internet, et en plein début de saison des Piknic Electronik, Trax s’attarde sur cinq jeunes pousses québécoises qui méritent qu’on tende l’oreille : CRi, Thomas White, Robert Robert, RYAN Playground et WYLN. Par Elsa Fortant

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Dans la vingtaine, ces Montréalais d’origine ou d’adoption (mais tous originaires du Québec) sont talentueux. Trap, future bass, future beat, vaporwave, IDM… difficile d’étiqueter cette scène émergente montréalaise tant ses figures cherchent à sortir du cadre conventionnel de la composition et des carcans stylistiques. À travers l’expérimentation, cette jeune génération repousse les limites des genres, se nourrit les uns des autres tout en préservant la culture d’un style personnel. Ces beatmakers, tous issus de la scène underground, risquent bientôt de s’en extirper, le succès pointant de plus en plus le bout de son nez. Avec les nombreux projets qui vont faire parler d’eux dans les mois à venir, on vous conseille de garder ces cinq là à l’œil.

CRi

CRI_(c)_John Londono
©John Londono

De ses études en musique numérique à l’Université de Montréal, Christophe Dubé conserve la théorie. La pratique, elle, se fait à la maison. Ses explorations musicales, toujours très mélodiques, dégagent une ambiance éthérée, non sans rappeler celle de Floating Points, Jamie XX ou Moderat, dont il fait la première partie au mois de mai. Pour l’occasion, le producteur a remixé le titre « Reminder » du trio allemand. Au cœur de ses compositions – et ce depuis son premier EP Eclipse (2013) jusqu’au prochain prévu pour juin – le travail de la matière et le mélange des textures sonores. CRi, on l’écoute les yeux mi-clos et les esgourdes grandes ouvertes, pour mieux se laisser emporter par l’émotion aux accents mystiques.

Thomas White

Thomas White_(c)_Teodoro_Zamudio
©Teodoro Zamudio

C’est en écoutant des artistes comme Aphex Twin, Burial ou plus récemment Cashmere Cat que Thomas White se créé une identité sonore particulière, dans laquelle on décèle aussi bien de la musique club que du grime, de la trap ou du hip-hop. « Give You Up » (2015) est un bon exemple de cette hybridité des genres. Le titre est d’ailleurs sorti chez RAW Records, la maison de disque indépendante qu’il a fondé avec Dear Lola. Trois ans après le début de son projet, le producteur ouvre le concert de Flume lors de son passage à Montréal. Son prochain EP, aux structures plus mélodique et aux sonorités plus club, s’en vient en mai, avec une toute nouvelle identité visuelle signée Teodoro Zamudio.

Robert Robert

Robert Robert_(c)_Kelly Jacob
©Kelly Jacob

Arthur Gaumont Marchand débute la production de musique électronique à 13 ans, simplement avec GarageBand. Sept ans et deux EPs plus tard, le plus jeune de la bande a déjà ouvert pour Fakear à Montréal et fait quelques prestations remarquées en Europe : Festival Paris Music, Badaboum, Printemps de Bourges ou Electron Festival en Suisse. Pour ceux qui l’ont raté, Garorock l’accueille cet été. De Pastel (2014), premier album composé en mode DIY, Robert x2 évolue vers une démarche plus collaborative, en témoigne son dernier EP, Not-Self Titled (2015). Ce multi-instrumentiste est capable de délivrer des pépites dansantes et mélodiques (on pense à « The Gate« ) et des titres plus expérimentaux, notamment « Apple Glass ».

RYAN Playground

Ryan_playground_(c)_Scott_Pilgrim
©Scott Pilgrim

Après avoir pratiqué le violon adolescente, cette Lavalloise d’origine (banlieue nord de Montréal) s’éloigne des formats classiques pour développer un style déstructuré, quitte à dérouter son public, à l’image de son premier album, elle, sorti en février dernier chez Secret Songs, le label du jeune surdoué d’Halifax Ryan Hemsworth – avec qui elle part en mini-tournée au Canada. Les huit morceaux de la jeune fille retracent l’histoire de son couple. Sa voix, douce et claire (à savoir qu’elle n’a jamais pris de cours de chant) délivre des textes introspectifs sur des instrumentaux aussi délicats que puissants. À la manière d’une poupée russe, on a parfois l’impression de découvrir plusieurs titres en un, la preuve avec « Bird’s Eyes ».

WYLN

©Pété Photographie

De nature plutôt calme, Mathieu Bonin choisit comme nom de scène WYLN, un alias à l’opposé de son tempérament, pour « extérioriser son côté festif », avoue-t-il lui même. Rompu à l’exercice du remix et de la réappropriation, le montréalais aime déconstruire les genres pour en créer de nouveaux. Le beatmaker s’est déjà emparé du R&B bonbon de Jeremih ou Janet Jackson (comme un autre Montréalais…) pour lui donner une résonance future bass (la ligne de basse de « No Sleeep« ). Ses compositions personnelles, à l’image de « Dat Girl » avec les vocaux de Ciara, s’inscrivent dans une mouvance nourrie au r’n’b, au hip-hop et aux sonorités indie. Après l’Igloofest ou le Piknic Électronik l’an dernier, il sera au festival Shambhala (en Colombie Britannique) cet été.

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