La Gen Z a-t-elle moins de relations sexuelles que les autres générations ?

Écrit par Clarisse Prevost
Le 22.12.2022, à 17h59
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Écrit par Clarisse Prevost
Les gens se plaisent à élaborer des théories sur des comportements propres à des générations entières. L’un des sujets de discussion les plus en vogue en ce moment est la vie sexuelle de la génération Z. Plus précisément, ont-ils plus de sexe ou moins de sexe ?

Nées à l’ère du numérique, les générations plus âgées sont obsédées par la question de savoir comment Internet, les médias sociaux ou le temps passé devant un écran ont affecté l’intimité physique des jeunes de 20 ans. Comme de nombreux individus issus de la génération Z ont atteint leur majorité pendant la pandémie, il semble logique d’essayer de comprendre comment le COVID a ou influencer leur vie sexuelle. Pour cela, l’Institut Kinsey – organisme de recherche sexologique américain – et le sex-shop Lovehoney ont mené une enquête auprès de 2000 jeunes adultes qui a révélé qu’un jeune adulte de la génération Z sur quatre déclare ne jamais avoir eu de relations sexuelles avec un partenaire, alors même que la définition même du sexe est en train de changer.

Jessica O’Reilly, sexologue, explique : « La définition du sexe a toujours été et sera toujours en évolution et très personnelle. Ce qui est considéré comme du sexe par une personne peut ne pas être considéré comme un acte désirable par une autre, ce sera donc toujours subjectif. Les approches hétéronormatives ont souvent défini le sexe comme le fait de mettre le pénis dans le vagin, mais cette définition étroite pose problème, car elle désagréable pour nombreux et n’inclut pas la sexualité homosexuelle. »

Les définitions étroites du sexe renforcent également des normes néfastes comme la virginité et la culture de la pureté. Ces normes socialement construites servent à renforcer la honte (souvent liée au sexe et à l’âge) et peuvent entraîner de la détresse, de l’anxiété et d’autres effets négatifs sur la santé mentale. Dans les années 1990, les gens parlaient de l’identité sexuelle en termes binaires – queer ou hétéro. Il existe désormais plus de 100 identités sexuelles, ce qui a encouragé les jeunes à explorer leur genre et leur sexualité et les conduit finalement à expérimenter différents types de rapports sexuels. « Les options et le soutien pour un large éventail de comportements et d’activités sexuels se sont élargis, de sorte que les gens peuvent être plus à l’aise pour choisir de participer ou non. Il y a donc probablement plus de membres de la génération Z qui choisissent de participer à un large éventail d’actes sexuels et plus de personnes qui choisissent de ne pas le faire » déclare la sexologue.

Les statistiques recueillies par la société de sondages Prodege suggèrent également que les jeunes ont moins de relations sexuelles, car le COVID leur a empêché d’en rencontrer l’opportunité. En revanche, 46 % des jeunes adultes disent avoir eu une activité sexuelle virtuelle ou en ligne. Pour ce qui est des rencontres en personne, les jeunes hésitent davantage que les générations précédentes. Elle précise : « Il est logique qu’ils se sentent plus prudents : ils ont passé environ la moitié de leur vie adulte à vivre une pandémie mondiale, il est donc normal qu’ils soient attentifs à la sécurité car celle-ci s’est aussi étendu aux relations amoureuses et sexuelles. Si vous ne ressentez pas de pression pour “perdre votre virginité”, vous aurez peut-être plus de temps pour réfléchir et explorer votre propre sexualité avant de le faire avec un partenaire. L’élargissement des discussions sur les options sexuelles et les identités sexuelles s’accompagne également d’une plus grande sensibilisation à l’asexualité. »

Très ouverts sur le sujet, la Gen Z ne perçoit pas le sujet du sexe comme tabou et n’hésite pas à l’aborder avec l’entourage comme sur les réseaux, notamment grâce aux sex educators d’Instagram et TikTok. Cela est le fruit d’une plus grande éducation à la sexualité, notamment à la sexualité retirée d’un prisme normatif. Plus conscients de leur désirs personnels, des questions de consentement et des risques, il semblerait finalement que les comportements de la Gen Z soient simplement le fruit d’un plus large spectre que les générations antérieures et qu’ils tendent à privilégient la qualité à la quantité.

Tous nos articles concernant la Gen Z sont à retrouver ici.

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