Kraftwerk perd son procès face à un producteur de hip-hop

Écrit par Trax Magazine
Le 01.06.2016, à 12h46
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Écrit par Trax Magazine
Ce mardi, la Cour constitutionnelle allemande (Bundesverfassungsgericht), soit la plus haute cour de justice du pays, a mis fin à un contentieux de presque vingt ans entre le groupe pionnier Kraftwerk et le producteur hip-hop Moses Pelham. Le groupe allemand a été débouté, une première qui pourrait faire jurisprudence pour protéger le droit à l’utilisation de samples en musique.Par Aude Juglard



En 1997, la rappeuse Sabrina Setlur sortait Nur Mir, dont l’instrumental est produit par un certain Moses Pelham. Or, le titre reprend de manière continue une séquence de percussions de deux secondes du morceau Metal auff Metal de Kraftwerk, paru vingt ans plus tôt. Le fondateur du célèbre groupe allemand, Ralf Huetter, porte alors plainte auprès de la Cour fédérale allemande (Bundesgerichtshof) pour atteinte aux droits d’auteur.

En 2012, la Cour a tranché en faveur de Kraftwerk, interdit la diffusion de Nur Mir, et exigé le versement de dommages par Moses Pelham. Dans leur arrêt, les juges estimaient qu’il aurait été aisé pour le producteur de créer lui-même la séquence.

Pour se faire son avis et exercer son oreille, les deux morceaux en question :

Kraftwerk – Metal auff Metal (1977)



Sabrina Setlur – Nur Mir (1997)



Pelham et Setlur ont contesté la décision auprès de la Cour constitutionnelle allemande. Lors de leur audience, en novembre dernier, ils ont évoqué le lien historique et essentiel entre sampling et hip-hop. Face à eux, Ralf Huetter estimait que l’impératif « Thou shalt not steal (Tu ne voleras pas) » devait aussi s’appliquer à la production musicale.

Le 31 mai, la Cour constitutionnelle a finalement rejeté la décision de 2012 et levé l’interdiction sur Nur Mir. Dans leur jugement, les huit juges du Premier Sénat de la Cour reprochent à la Cour fédérale d’avoir surestimé l’impact du sample sur les intérêts du groupe Kraftwerk tout en sous-estimant les conséquences de leur décision pour la production musicale. En effet, la diffusion du morceau Nur Mir ne rentrerait pas en compétition directe avec le morceau original et n’impliquerait donc pas de pertes financières pour les auteurs de Tour de France.

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