En confinement chez Jennifer Cardini : « Je n’ai pas dormi autant depuis 1995 »

Écrit par Maxime Jacob
Le 11.05.2020, à 15h17
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Écrit par Maxime Jacob
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La période de distanciation sociale est moins anxiogène avec un peu de lecture, pas mal de musique et de quoi nourrir notre réflexion. Dans cette série d’interviews, Trax est allé à la rencontre virtuelle de musicien·ne·s confiné·e·s pour leur demander quelques recommandations culturelles. Depuis Berlin, la DJ et productrice française Jennifer Cardini rattrape ses heures de sommeil.
Jennifer Cardini, à Berlin en mai 2020.

Où êtes-vous actuellement ?

Je suis chez moi à Berlin où je vis depuis quelques années déjà. Ici le confinement n’est pas aussi strict qu’en France du coup on se balade beaucoup à pied ou à vélo. J’ai la chance d’avoir un studio/bureau dans notre appartement qui me permet de continuer à travailler sur des remixes, d’enregistrer des podcasts et de bosser sur les prochaines sorties de mes labels Correspondant et Dischi Autunno.

Comment cette période de distance sociale change-t-elle votre rapport à la musique ?

Je suis confinée avec ma femme, Jessika, et on écoute de tout, on s’organise des journées thématiques Warp, Satie, Puccini, Giorgio Moroder, Throbbing Gristle, Music for Memory, Pan… C’est un peu le seul côté positif de ce confinement, avoir du temps ! J’en profite aussi pour ranger ma collection de disques, j’y redécouvre pleins de trucs que j’avais complètement oublié. Je trie aussi toute la musique que j’ai dans mon ordi, un gros nettoyage de printemps forcé. Bizarrement pour moi, la musique est source de stabilité et elle le reste malgré le confinement et l’arrêt total de mon activité de DJ. Le contact régulier avec Noura, mon manager, mais aussi les artistes de Correspondant et Dischi Autunno et mes bookers “structure” mes journées. On écoute les démos, on prépare les prochaines sorties, on a besoin de communiquer, d’avancer, c’est important. À un niveau personnel, la musique sert parfois de refuge ou d’exutoire, elle transforme aussi régulièrement ma cuisine en dancefloor Italo disco et ça, ça fait un bien fou.

Quel est le dernier disque que vous avez écouté aujourd’hui ?

Imbalance de Sarry Moussa, un disque magnifique !

Quels sont vos disques essentiels à écouter ou réécouter ?

Les deux albums de Black Merlin sont bien trippy, j’aime surtout ses deux albums sous le pseudo Karamika, son autre projet avec Gordon Pohl.

Je réécoute aussi Amber d’Autechre et Surfing on Sine Waves de Polygon Window et du coup Aphex Twin, surtout les Rephlex.

Les sorties discoish du label Riotvan sont top quand il fait beau, le nouvel album de Red Axes est excellent et j’adore aussi la compilation d’Interstellar Funk !

Il y a tellement de sorties mortelles en ce moment, la playlist Italo de Green Velvet sur Spotify est parfaite pour courir !

Quelle est la dernière vidéo que vous avez regardée ?

“Cool Off”, de Missy Elliot ! The boss of all bosses !

Que lisez-vous ?

En ce moment, je lis la biographie de l’artiste contemporaine Marina Abramovic Traverser les murs, c’est génial, on y apprend beaucoup sur sa méthode de travail.

Ensuite, on verra, je ramène toujours beaucoup de livres de mes allers-retours à Paris du coup j’ai une grosse pile sur mon bureau. Art Sex Music de Cosey Fanni Tutti, Le Plongeur de Stéphane Larue, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean Paul Dubois et le dernier Murakami. Sinon, je conseille le livre de mon amie Anne Pauly, Avant que j’oublie, qui est à la fois très touchant et très drôle.

Que comptez-vous faire pendant cette période d’isolement que vous ne pouviez pas faire habituellement ?

Dormir régulièrement ! Je n’ai pas dormi autant depuis 1995 !

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