I.Boat : 30 jours de fermeture « injuste »

Écrit par Sylvain Di Cristo
Le 10.07.2014, à 21h29
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Écrit par Sylvain Di Cristo
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Coup dur pour l’I.Boat, célèbre établissement nocturne amarré aux Bassins à flots à Bordeaux. Le club qui s’acharne depuis 2011 à tenir une programmation des plus variées et souvent exigeante se voit contraint de fermer ses portes. Rien de définitif, mais l’arrêté préfectoral est pris : le journal Sud Ouest annonce dans ses colonnes une « fermeture administrative de 30 jours suite à une enquête de la police judiciaire pour trafic de stupéfiants ».


Selon le quotidien, les enquêteurs de la Direction interrégionale de la Police judiciaire (DIPJ) ont informé le préfet, Michel Delpuech, d’un lien entre deux anciens employés de l’I.Boat et le gérant du café Bellini. Ce restaurant du quartier a été lui aussi judiciairement fermé deux mois, visé par une enquête sur un présumé trafic de cocaïne au sein de l’établissement. Toujours selon Sud Ouest,« les dealers auraient franchi les portes de l’I.Boat, pour proposer de la cocaïne au régisseur du son et à la chargée de communication ». L’arrêté préfectoral pointe également du doigt la revente de drogue de ces deux anciens employés du bateau aux artistes qui y jouaient, ainsi que les livraisons se faisant directement sur le site.

« Injuste »

« Injuste » nous répond Pascaline Chirat, la nouvelle chargée de communication de l’I.Boat, qui dénonce une fermeture alors que « rien n’a encore été judiciairement prouvé« . « C‘est de l’anticipation ! » On parle bien de présomption d’innocence. Et Me Pierre Blazy, l’avocat de l’établissement de rajouter : « Ce n’est pas parce que deux anciens employés, à titre personnel, ont acheté et cédé de la cocaïne en dehors de l’établissement qu’il faut faire un lien avec les gérants et prendre le risque de fermer l’I.Boat et ainsi détruire un instrument de culture partenaire de la ville de Bordeaux. » Mais plus que de ternir l’image du club, cette fermeture d’un mois représente également, d’après l’avocat, une perte économique de 120 000€. « C’est une catastrophe » continue Pascaline Chirat, « 30 jours c’est énorme et très sévère, surtout pour la trentaine de personnes qui y travaillent« .

« L’I.Boat conteste le bien fondé de cet arrêté »

Une pente financièrement difficile à remonter pour l’I.Boat qui conteste le bien fondé de cet arrêté comme leur communiqué sur Facebook le précise : « Un arrêté préfectoral de fermeture est arrivé. L’IBoat conteste le bien fondé de cet arrêté. Auparavant, le juge d’instruction avait décidé de fermer certains établissements, mais a estimé ne rien avoir à reprocher à l’IBoat, puisqu’aucun de ses dirigeants n’a été mis en examen. Le dossier est entre les mains de notre avocat, il va former un référé devant le tribunal administratif pour contester la validité et l’opportunité de cet arrêté. Et ainsi permettre une réouverture rapide. » En ce qui concerne la programmation à venir, certains événements s’annulent « faute d’avoir trouvé un autre lieu viable dans un temps si court« , tandis que d’autres trouvent refuge dans des établissements voisins, des « lieux amis« . Une solidarité que l’on partage à Trax pour soutenir une équipe n’ayant a priori aucun lien avec le trafic de stup’.

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