Genève : techno du Berghain, ballet et course à pieds, l’inimitable festival Antigel est de retour

Écrit par Théophile Robert
Le 12.12.2018, à 12h32
04 MIN LI-
RE
©Mélanie Groley
Écrit par Théophile Robert
0 Partage
Antigel opère un retour toujours aussi varié et engagé pour son neuvième acte. Se donneront rendez-vous arts, musique, sport et autres activités du 1er au 23 février, répartis sur Genève et 19 des communes de son canton.


Chaque année depuis 2011, Antigel investit le canton de Genève. Pour sa neuvième édition, le festival sera présent dans 19 communes en plus de Genève, dont trois l’accueilleront pour la première fois (Anières, Choulex et Dardagny). Du 1er au 23 février 2019, le mot d’ordre sera « Shake Genève! ».

Question programmation, la musique électronique est loin d’être laissée pour compte : le Grand Central, QG du festival installé dans une tour en friche de la CFF (l’équivalent helvète de la SNCF), accueillera une série de soirée club. « L’espace de clubbing du Grand Central verra venir un subtil mélange de découvertes et de valeurs sûres. » promet le codirecteur du festival. House, hip-hop, disco, techno et electro auront la part belle au sein de ce lieu qui a marqué l’histoire d’Antigel. Seront présents des noms tels que Nidia Minaj (Principe) qui défend le kuduro en Europe et Rahaan, le Chicagoan armé de sa house aux influences funk et disco, Kobosil, natif de Berlin et DJ résident du Berghain à la signature sombre et hypnotisante. Deux pointures féminines auront aussi leur place sur le line-up : Tama Sumo, également résidente du Panoramabar et Dr. Rubinstein, connue pour mélanger techno et breakbeat dans ses sets.

Le reste de l’offre musicale est à l’image du festival : éclectique. Seu Jorge, qui a composé la B.O. de La vie aquatique, est une icône de la musique populaire brésilienne. « Il viendra jouer en portugais des classiques de David Bowie. Antigel c’est aussi ça : un lieu pour voir des artistes qui tentent des choses nouvelles. » allègue Eric Linder, codirecteur du festival. Côté rock, les aficionados du genre ne seront pas déçus. Les deux groupes post-punk Fontaines D.C. et Viagra Boys animeront un public en baignade dans la piscine du Lignon. « Antigel aime décontextualiser les concerts, surtout ceux de rock’n’roll ! Le public sait que c’est ce soir ou jamais pour vivre une expérience unique ! » ajoute-t-il.

Il ne faudrait pas non plus omettre les Made in Antigel, qui sont la « marque de fabrique » du festival. « Toujours avec une dose de secret et d’intrigue, les projets Made in Antigel 2019 promettent d’être une aventure humaine, artistique et territoriale ! ». Ainsi, des projets encore mystérieux seront dévoilés, mais il est déjà annoncé que le compositeur, arrangeur et pianiste, Chassol, interprétera la BO du film Big Sun (2014), qui sera projeté sur les deux murs de la façade de la première cité satellite de Suisse.

En outre, les réjouissances musicales ne s’arrêteront pas en février. Pour fêter son dixième anniversaire, les organisateurs ont invité au Victoria Hall à Genève The Good, the Bad and the Queen, le supergroupe de rock alternatif anglais formé par Damon Albarn, leader de Blur. Le quatuor est aussi composé du bassiste de The Clash, Paul Simonon, de l’ancien guitariste de The Verve et Gorillaz, Simon Tong et de Tony Allen, batteur de Fela Kuti. La date choisie pour cette seconde partie n’est pas anodine : le 22 juillet 2019 se trouve exactement à mi-chemin entre cette neuvième édition et la suivante.

   À lire également
L’Antigel festival est toujours l’un des plus passionnants d’Europe

La programmation culturelle d’arts vivants sera quant à elle axée sur les thèmes de l’émergence et de la découverte. « Les projets en immersion rythmeront cette 9e édition, à commencer par Eromania (History X) présenté par le Think Tank Théâtre et co-écrit par Karim Belkacem et Caroline Bernard. À partir d’interviews de camgirls, la pièce rend compte de l’évolution de ce business 2.0 voué au désir » révèle le communiqué du festival. Le collectif (La) Horde, composé de trois vidéastes et chorégraphes spécialistes des « danses internet », présentera sa création To Da Bone qui se penche sur le jumpstyle et sa communauté. Le jeune public ne sera pas oublié avec le conte onirique Hocus Pocus de Philippe Saire au Théâtre du Bordeau.

Dans le cadre de leur engagement pour la lutte contre les inégalités et les discriminations, le festival remettra en place son projet « Africa What’s up? ». Celui-ci questionnera les enjeux économiques et de pouvoirs autour de la scène et « pensera collectivement un monde global rééquilibré ». Co-organisée avec le collectif sud-africain CUSS, la soirée South Africa X Geneva one love illustrera ces deux phrases en compagnie de Moonchild Sanelly, Angelho, Gyre ou encore Maïtée Chénière. Cette démarche sera aussi accompagnée par l’initiative « Antidote », qui proposera des formations et des programmes d’insertion pour les personnes en marge de la société, notamment par un atelier couture en partenariat avec l’Hospice général. « Les sacs confectionnés seront vendus et les recettes de la vente seront distribuées à l’association Elisa-Asile qui réalise un précieux travail auprès des requérant·e·s d’asile en leur offrant du conseil juridique. » indique le communiqué du festival.

Enfin, le festival remettra son emblématique Antigel Run pour les amateurs de course à pied, qui aura lieu les quatre samedis avant l’ouverture. Des programmes d’entraînements physiques seront prévus.

Plus d’informations sur le site du festival. La billetterie est déjà ouverte ici mais il faudra attendre le 19 décembre pour pouvoir commander les places pour The Good, the Bad and the Queen.

0 Partage

Newsletter

Les actus à ne pas manquer toutes les semaines dans votre boîte mail

article suivant