Qu’est-ce que le gamelan, ces percussions indonésiennes qui fascinent la scène électro ?

Écrit par Maxime Jacob
Photo de couverture : ©D.R
Le 11.02.2020, à 18h11
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Écrit par Maxime Jacob
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Alors que Young Marco est attendu à la Machine du Moulin Rouge le 13 mars prochain, Trax s’est intéressé aux percussions traditionnelles indonésiennes qui peuplent son dernier album Bahasa.

En 2019, le DJ amstellodamois Young Marco sortait Bahasa, son premier album en 5 ans. Le musicien a souhaité rendre hommage à la terre d’origine de son grand père, l’Indonésie. Sur les huit morceaux que compte l’opus, quatre ont été enregistrés avec le Desa Babakan, un ensemble de percussions métallique typique de l’Ouest asiatique, que l’on appelle le gamelan. Le terme provient du mot javanais Gamel, désignant les petits marteaux utilisés par les musiciens pour frapper les percussions de métal, fabriquées artisanalement sur l’île.

Young Marco n’est pas le premier artiste occidental à s’intéresser au gamelan. Il y a plus de cent ans, le compositeur impressionniste Claude Debussy déclarait à propos des ensembles indonésiens : « Si l’on écoute, sans parti pris ‘européen’, le charme de leur percussion, on est bien obligé de constater que la nôtre n’est qu’un bruit barbare de cirque forain. » Plus près de nous, les pionniers de l’IDM Aphex Twin et Square Pusher s’en sont inspirés. Des artistes comme Björk ou Plaid ont également adopté le gamelan, la compositrice islandaise ayant même participé à la construction d’un instrument baptisé le gamelaneste.

Les compositeurs occidentaux sont particulièrement intéressés par les structures cycliques et les harmoniques originales du gamelan. Le style javanais propose des mélodies utilisant indifféremment deux gammes, nécessitant des instruments accordés sur des modes différents. bien que chacune d’elles requérait des instruments accordés sur des modes différents : la gamme slèndro, qui divise l’octave en cinq intervalles de même valeur, et la gamme pélog, qui divise l’octave en sept intervalles inégaux. En découle une harmonie qui remet en cause la structure et l’harmonie de la musique occidentale et qui permet donc aux compositeurs d’explorer de nouveaux terrains de création.

Au japon, le collectif Geinoh Yamashirogumi s’est particulièrement penché sur la question en 1988, au moment où il signait la bande originale du film d’animation culte Akira. Ce groupe formé d’artistes non professionnels, de journalistes, d’ingénieurs, ou d’universitaires, est le premier à s’être donné pour mission de mélanger gamelan et musique électronique. Ils ont rapidement fait face à un problème : le protocole Midi de leurs synthétiseurs ne prenait pas en compte les harmoniques originales du gamelan.

Pour arriver à leur fin, les membres du Geinoh Yamashirogumi ont donc appris à coder le protocole midi, afin de reprogrammer leurs machines et leur permettre de jouer les gammes indonésiennes. La bande originale d’Akira est le résultat de ces expérimentations sonores et informatiques javanaises.

Pour écouter Young Marco associer house et gamelan, rendez-vous à la Machine du Moulin Rouge le 13 mars prochain pour une Club Trax aux côtés de Sassy J B2B Jamie Tiller, Paquita Gordon et Alexander Nut. Toutes les informations sont à retrouver sur la page Facebook de l’événement.

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