« Freed from Desire » : Gala raconte enfin le sens libertaire du tube devenu hymne des manifs

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Louise Desnos
Le 22.04.2020, à 14h44
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©Louise Desnos
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Photo de couverture : ©Louise Desnos
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Si vous avez participé à une manifestation au cours des dernières années en France, alors vous l’avez peut-être entendu résonner : le morceau Freed From Desire, chanté par l’italienne Gala en 1996 est devenu un incontournable des cortèges et autres blocus. Trax a rencontré la chanteuse engagée derrière le hit.

« People just want more and more Freedom and love, what he’s looking for. » Le morceau d’eurohouse Freed From Desire fût un incontournable hit en club au moment de sa sortie en 1996. Mais avec le temps, les paroles écrites et chantées par Gala ont permis au tube de s’émanciper des discothèques pour rejoindre la rue.

Gala photographiée à Paris en janvier 2020 ©Louise Desnos / Trax©Louise Desnos / Trax

Depuis quelques années, le morceau accompagne les fumigènes, les cris des manifestants et parfois par les jets de gaz lacrymogène. En France, le tube de Gala a supplanté les traditionnels morceaux de Zebda dès 2018, lors des grèves des cheminots contre le changement de leur statut.

Mais “Freed From Desire”, dont les paroles semblent inviter à l’émancipation des masses, avait-il été pensé pour accompagner les mouvements de résistances ? En exclusivité pour Trax, le journaliste Loïc Hecht a rencontré Gala. La chanteuse italienne de 44 ans a répondu a ses nombreuses questions dans une interview mythique, à retrouver dans les pages du nouveau magazine Trax disponible en ligne et à prix libre.

A la question : Comment vous est venue cette chanson  ? , Gala répond :

«  “Freed From Desire” m’a été inspirée par une prière bouddhiste. J’ai écrit la chanson à New York, en observant les disparités entre les riches et les pauvres, entre les puissants et les gens ordinaires, entre les célébrés et les abandonnés. Je connaissais des gens qui se déplaçaient en hélicoptère, d’autres en métro, et des SDF qui dormaient dans des foyers. New York est l’endroit où j’ai passé le plus de temps. Cette ville est incroyablement inspirante et généreuse, mais aussi sans cœur et sans pitié. À l’image de la vie. On peut vivre dans cette ville en ne traînant qu’avec un seul groupe de gens. C’est le cas de certains de mes amis. Mais à mon sens, ils n’ont pas expérimenté New York. J’ai toujours aimé me mélanger à tout le monde. Ça me donne l’impression de n’appartenir qu’à moi-même. Ça peut paraître triste, mais pour moi, ça semble juste. »

« Comme Maya Angelou, une de mes poétesses préférées, le dit  : «  Vous n’êtes libre qu’après avoir réalisé que vous n’appartenez nulle part, que vous êtes à votre place partout. Le prix est élevé. La récompense est superbe.  » Depuis mes 20 ans, j’ai toujours cherché à avoir des expériences éclectiques. Je commençais la journée dans un quartier avec un groupe, je la terminais à l’autre bout de la ville avec des gens qui n’avaient rien à voir. Je pouvais enchaîner une réunion de travail dans le sud de Manhattan, aller voir un membre de ma famille dans le Bronx, prendre un cours de danse à Harlem, photographier des gens à Chinatown, passer la soirée dans une fête Vogue à Brooklyn, et regarder le soleil se lever en after sur un bateau au bord du Hudson. En m’exposant à tellement de réalités différentes, New York m’a inspirée. Et j’ai compris une chose  : le bonheur est rarement lié à la richesse. »

« Bien sûr, je ne parle pas de pauvreté ou d’isolement au point où il devient impossible de survivre, mais dès lors que les besoins basiques sont satisfaits, qu’on a un boulot qu’on apprécie à peu près, un toit, une assurance santé, de quoi manger et s’habiller, ça ne change pas grand-chose d’avoir deux ou quatre voitures, plusieurs maisons, des montres, etc. «  Want more and more, people just want more and more  » [«  Les gens en veulent toujours plus  », ndlr] dit ma chanson. En naviguant entre ces mondes divers, on comprend quelles valeurs sont communes et éternelles entre les différentes classes sociales, ethnies, professions et genres de personnes. La chanson parle de l’importance d’avoir des principes des valeurs et des «  strong beliefs  » [croyances fortes, ndlr], par opposition à la valeur superficielle de l’argent, du pouvoir, du succès, de la célébrité. C’est un hymne à la liberté, liberté de ne pas toujours en vouloir plus  : une maison plus grande, une voiture plus rapide, un selfie sur Instagram qui en jette encore plus que les photos de nos amis…  »

Retrouvez l’intégralité de l’interview exclusive que Gala a accordé à Trax, dans le dernier hors série du magazine, disponible en téléchargement et à prix libre dès demain sur notre store en ligne.

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