Free party vs État : enfin un terrain d’entente ?

Écrit par Roxanne Gintz
Le 27.03.2015, à 19h29
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©D.R.
Écrit par Roxanne Gintz
L’association de soutien aux soundsystems Freeform vient de communiquer la dernière circulaire du gouvernement visant à encadrer les free parties. Même si leur lutte pour dépénaliser l’organisation de fêtes libres est encore loin d’être gagnée, des améliorations notoires de l’État sont à relever, dont le gain du statut de “pratique amateur”.

Envoyée par le Ministère de l’Intérieur et le Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, cette circulaire a été adressée à tous les préfets de polices, de régions, de départements et des gendarmeries. Elle a pour but de clarifier l’encadrement des “rassemblements festifs à caractère musical organisés par des jeunes”. En gros, les free, teufs et raves… Freeform Freeform Freeform Les premiers points à retenir sont avant tout la reconnaissance de ces évènements comme étant “une partie importante de leur vie culturelle” : le gouvernement les prend en compte comme étant une “pratique amateur” des jeunes.

…la reconnaissance de ces évènements comme étant “une partie importante de leur vie culturelle”.

Dans un second temps, le gouvernement prend en considération que l’ensemble des collectifs d’évènementiel, notamment ceux du mouvement techno, mènent des démarches responsables et à vocation d’être pérennes pour l’organisation de leurs évènements. D’après la circulaire : “Les représentants des organisateurs de rassemblements festifs, ainsi qu’une large majorité de collectifs et d’associations s’engagent localement dans une phase de médiation avec l’ensemble des acteurs concernés : services de l’État, collectivités locales, organismes de prévention et de réduction des risques.” 

Free party

Le dialogue relatif établi depuis plusieurs années entre chaque partie semble avoir porté ses fruits, et c’est l’échange qui est favorisé par rapport à la répression : désormais, et c’est ici que réside le point le plus important de cette circulaire, des médiateurs free party seront nommés ou désignés dans chaque département français.

Ces personnes doivent se manifester avant le 3 avril et auront pour but de “faire évoluer les représentations et de faciliter les contacts entre les différents acteurs (…) dont le rôle sera à la fois d’être le premier contact pour des jeunes à l’initiative d’un évènement mais aussi de créer en amont un réseau de partenaires pouvant accompagner les organisateurs dans leurs démarches”. En soit, cette initiative avait déjà été mise en place lors de l’amendement Mariani de 2001 et lors des discussions entre Nicolas Sarkozy (lorsqu’il était Ministre de l’Intérieur) et les représentants des free party : des correspondants raves chargés de la médiation entre organisateurs et services de l’État avaient étés désignés. Mais à l’époque, cette initiative s’était vite avérée peu concluante. La différence réside ici dans les personnes qui seront nommées : elles seront issues des directions départementales chargées de la cohésion sociale. Soit celles ayant déjà un pied dans le milieu associatif et des pratiques culturelles amateurs et celles en contact direct avec les organisateurs et les jeunes.

Free Party Photo J. C.

Enfin le document se conclut par le rappel de la bonne application de la loi quant aux saisies de matériel : elles ne sont pas autorisées si moins de 500 personnes se trouvent sur le lieu de la free party. “Nous vous demandons de veiller, sur l’ensemble du territoire, à un strict respect de ces dispositions et à un égal traitement des pratiques musicales amateurs.” De nombreux collectifs organisateurs s’étaient plaints de voir leurs matériels et sonos saisies de manière abusives par les forces de l’ordre locales ces derniers mois, avec une forte résistance lorsque ceux-ci demandaient leur restitution.

Cependant, rien n’a été précisé quant au seuil de 1500 personnes demandé par les collectifs free party. Pour l’instant la limite légale est donc toujours fixée à 500 personnes. Une évolution des mentalités est donc à souligner. Il reste toutefois du chemin à faire, selon Tommy Vaudecranne, président de Technopol, pour la reconnaissance du mouvement free party en tant que culture à part entière : “Dans ce texte là, je ne vois pas de reconnaissance de la “pratique amateur” mais une première reconnaissance officielle du travail entamé par Freeform [depuis 2 ans]. Ce qui est très positif ici, c’est qu’il y d’autres interlocuteurs que le Ministère de l’Intérieur : avant on n’abordait que les problèmes de sécurité ou de législation. Maintenant que le Ministère de la Jeunesse et des Sports intervient, il y a une réelle prise de conscience du tissu social et des jeunes. Mais ce qui serait encore mieux, c’est que le Ministère de la Culture s’engage. Parce que, oui, le secteur des free party est une pratique amateur mais c’est avant tout une culture à part entière.”

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