Qu’est-ce que le singeli et l’electro acholi, ces genres est-africains qui explosent en Europe ?

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Tweny Moments
Le 11.12.2019, à 17h55
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Depuis sa création en 2015, le festival ougandais Nyege Nyege propulse sur la scène internationale des musiciens avant-gardistes venus de Tanzanie, du Kenya et de toute l’Afrique de l’Est. Une nouvelle génération d’artistes qui puisent dans les répertoires folkloriques de leur pays pour produire une musique électronique populaire et novatrice. Petit tour d’horizon.

Retrouvez notre reportage sur le Nyege Nyege et la scène de Kampala dans la version papier de Trax Magazine, disponible en kiosques et sur le store en ligne.

Le singeli : nouvelle pop tanzanienne

Avant de se retrouver exposé au monde entier par les caméras de Boiler Room lors du Nyege Nyege festival en 2018, le singeli était un phénomène strictement tanzanien. Ses plus dignes représentants sont Sisso, Jay Mitta et Abas Jazza. Pour rejoindre le festival sur les rives Nord du lac Victoria, les trois DJs ont dû s’engager dans un périple de plus de trente heures de bus entre les deux pays frontaliers. À Dar Es Salaam, ils sont des stars. En quinze ans, le singeli est devenu la musique la plus populaire du pays, notamment dans des versions chantées comme celles que proposent Msaga Sumu et Man Fongo.

La musique de Sisso, elle, provient des ghettos de Dar Es Salaam et s’apparente plus à du rap posé sur des instrumentales à 150 (300 ?) BPM. Un mélange de musique traditionnelle, de hip hop et de kwaito, l’équivalent house de l’Afrique du Sud. Le rythme effréné et l’accélération des samples de batteries donne l’impression d’une musique proche du gabber, jouée en lecture rapide.

La sortie d’une compilation Sound of Sisso sur Nyege Nyege Tapes a permis de médiatiser considérablement la scène locale. Les artistes présents sur la compilations ont pu engager une tournée en Europe en 2018, avec des arrêts à l’Unsound festival ou encore au Panorama Bar.

L’electro acholi, musique de mariage plus si traditionnelle en Ouganda

Jusqu’à la fin des années 1990, dans les villes de Gulu et Lira
dans le Nord de l’Ouganda, aucun mariage ne se célèbre sans que ne résonne l’acholi. Cette musique traditionnelle, très festive, est jouée par un orchestre larakaraka. Problème : au début des années 2000, alors que le pays est en proie à une guerre civile, beaucoup de jeunes couples qui souhaitent s’unir ne disposent plus de l’argent nécessaire pour payer les musiciens.

L’acholi est alors de plus en plus fréquemment passé par un DJ et produit par ordinateur. Le mélange entre musique électronique et folklore va rapidement devenir populaire au-delà des fêtes de mariage. Dès 2003, des artistes tels que Opiyo Twongweno, Bosmic Otim ou Baby Davlin produisent des morceaux d’electro acholi qui deviennent très populaires dans les villes de Gulu et Lira, au Nord de l’Ouganda.

Nyege Nyege Tapes a sorti en septembre dernier une compilation Electro Acholi Kaboom from Northern Uganda , rassemblant des morceaux d’electro acholi produits entre 2003 et 2008.

Trax consacre ce mois-ci un long article à Nyege Nyege dans son magazine, disponible en kiosques et sur notre store en ligne.

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