Fermeture de NF-34 : les clubs parisiens s’indignent de la “logique aveugle” du ministère de l’Intérieur

Écrit par Erwan Lecoup
Le 27.09.2019, à 12h56
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©Maxime Chermat
Écrit par Erwan Lecoup
LChambre Syndicale des Lieux Musicaux, Festifs et nocturnes a publié un communiqué ce vendredi 27 septembre 2019, suite à la fermeture administrative du club parisien NF-34. Une notification qui survient suite à un malaise, lié à la consommation de stupéfiants, pourtant pris en charge par le club.

Ce vendredi 27 septembre 2019, la Chambre Syndicale des Lieux Musicaux, Festifs et nocturnes (CSLMF) a publié un communiqué concernant la fermeture temporaire du club parisien NF-34. Survenue le vendredi 20 septembre (quelques heures avant l’ouverture au public), cette fermeture administrative a été actée de plein droit par la Préfecture de Police de Paris, pour une durée totale de 30 jours.

« Quel est donc, cette fois, le message qui est renvoyé par cette nouvelle fermeture ? Qu’un établissement qui appelle les secours pour traiter un malaise peut potentiellement être fermé ? », se questionne la Chambre Syndicale. Selon elle, le constat de « cette décision administrative est un retour en arrière […], incompréhensible et effrayant » puisqu’elle « pourrait inciter des établissements peu scrupuleux à préférer déposer des personnes en danger dans la ruelle d’à côté » plutôt qu’appeler les secours.

La Chambre Syndicale déclare qu’il est aujourd’hui « urgent et indispensable d’ouvrir les yeux sur la réalité de la consommation de stupéfiants sur le territoire et prendre la mesure de l’immense responsabilité qui nous incombe collectivement pour en minimiser les risques ». Le document appelle alors « à soutenir les initiatives menées de concert par les établissements et les associations de prévention et de réduction des risques », prenant le contre-pied de cette politique du “tout répressif” constatée ces dernières semaines.

Pour rappel, cette fermeture administrative n’est pas due à un décès, mais à « un incident lié à des stupéfiants remontant à début juillet », suite à une consommation de GHB/GBL. Incident qui aurait, selon les signataires du communiqué, « été parfaitement géré et s’est bien terminé. Les pompiers ont été immédiatement appelés par l’établissement et ont conduit le jeune homme à l’hôpital », qui en est « sorti dès le lendemain ».

Une tribune parue dans Libération,  avait été signée plus tôt ce mois-ci par plusieurs acteurs majeurs de la Nuit et de la prévention. Elle faisait suite à la fermeture administrative du club Dehors Brut après le décès de Louis Chassang, jeune homme de 21 ans mort suite à une overdose d’ecstasy (MDMA) le 1er septembre après une soirée dans le club, et dénonçait « le caractère abscons et contre-productif de la fermeture de Dehors Brut », ainsi que la « distorsion entre nécessité de la réduction des risques et logique aveugle de la répression » de Didier Lallement, le nouveau préfet de Police de Paris, en poste depuis mars 2019.

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