Fermeture de Concrete : Retour sur les différents épisodes de l’affaire

Écrit par Alexis Tytelman
Le 26.06.2019, à 14h55
03 MIN LI-
RE
Écrit par Alexis Tytelman
Face à la menace d’une expulsion par le propriétaire de la barge et malgré les multiples soutiens exprimées à son égard, Concrete fermera définitivement ses portes à la fin du mois de juillet. En l’attente des derniers éléments relatifs à ce tragique dénouement, retour sur les différentes étapes de l’affaire.

Le couperet est finalement tombé. Après plusieurs semaines de rebondissements et de craintes, mais aussi de soulagement devant les multiples soutiens affichés, Concrete fermera définitivement ses portes cet été. Chronologie d’un drame pour la scène et le public électronique international qui, depuis les débuts de l’affaire, a soutenu sans discontinuer le club mythique du quai de la Rapée.

11 février – 21 mai 2019 : Le temps des menaces

L’agence Surpr!ze, qui gère Concrete, publie un communiqué mentionnant des tensions importantes avec le propriétaire de la barge (BPIF). L’agence, qui souhaitait racheter l’espace, était jusqu’ici dépositaire d’une autorisation d’occupation courant jusqu’à 2035. À ce moment, la BPIF « se met à imposer des conditions financières démesurées » et refuse la demande d’achat, jusqu’à l’envoi d’une « sommation de quitter les lieux sous 15 jours » le 11 février 2019. À ce moment là, les raisons de cette hostilité sont inconnues de l’agence, qui lance une pétition le 21 mai 2019.

21-23 mai : Premiers soutiens publics et solidarité populaire

Très vite, de nombreux acteurs expriment leur soutien au club sur Twitter, dont la maire de Paris Anne Hidalgo et son adjoint chargé de la vie nocturne Frédéric Hocquart, pour qui le projet « participe au dynamisme du quai de la Rapée » et « nous est cher autant que pour de nombreux parisiens ». Sur les réseaux sociaux, de nombreux DJ’s (Nastia, AZF, Chris Liebing, KiNKLaurent Garnier…) s’engagent en faveur du club, et, le 23 mai, la pétition atteint plus de 10 000 signatures. On apprend alors que les menaces d’expulsion reposeraient, entre autres, sur des problèmes liés à la rénovation de la péniche, qui auraient conduit la société propriétaire a demander à l’agence de quitter les lieux.

29 mai : La riposte 

Revenant à la charge, la présidente de la BPIF Claude Simon dénonce un club « accueillant dans l’illégalité son public, avec un ponton qui n’est plus aux normes ». Des accusations démenties par le club, qui a répondu aux questions de Trax le 29 mai« Nous avons toutes les autorisations administratives pour continuer à accueillir le public. », s’insurgeaient-ils alors, proclamant la parfaite légalité de leur activité et soupçonnant l’existence d’une offre de rachat concurrente plus élevée. Remerciant Anne Hidalgo et les signataires de la pétition pour leurs soutien, le club exprime alors sa volonté d’un « retour du dialogue » avec le BPIF au moment où, interrogé par BFM TV, Jack Lang exprime lui aussi son soutien à l’équipe.

12 juin : L’officialisation du soutien de la ville

Dans un communiqué publié par l’adjoint au maire Frédéric Hocquart le 12 juin, la mairie appelle officiellement la BPIF à « trouver une solution à l’amiable, à savoir la signature d’une convention d’occupation » au bénéfice de l’agence Surpr!ze. L’espoir renaît.

26 juin 2019 : Clap de fin pour le club

Enthousiasmé par la pétition et les innombrables soutiens, les parisiens commencent à se dire que Concrete pourrait bien se sortir de ce mauvais pas. Mais dans l’après-midi du 26 juin 2019, le club publie un communiqué sur sa page Facebook confirmant (et déplorant) l’arrêt forcé de toutes ses activités. « Concrete est un rêve que nous aurions aimé continuer de construire au Port de la Rapée pendant quelques années encore, mais les raisons que vous connaissez déjà vont nous obliger à stopper l’aventure d’ici peu. », déplorent-ils. 

Vraisemblablement, les propriétaires de la barge sont donc parvenus à leurs fins en obtenant la fermeture du club. Pour autant, Concrete n’a pas encore donné de détails sur le dénouement de l’affaire, et semble déterminé à aller de l’avant. Ne se contentant pas d’annoncer un weekend de fermeture dantesque du 19 au 22 juillet, l’équipe dévoilera prochainement « un projet encore plus ambitieux pour l’avenir. » On n’en attendait pas moins de l’ex-géant du 12ème arrondissement de Paris.

Newsletter

Les actus à ne pas manquer toutes les semaines dans votre boîte mail

article suivant