Paris : Une nouvelle expo va mêler code et art contemporain

Écrit par Cécile Giraud
Photo de couverture : ©Eric Vernhes, courtesy of Galerie Charlot
Le 07.01.2021, à 11h29
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©Eric Vernhes, courtesy of Galerie Charlot
Écrit par Cécile Giraud
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Du 9 janvier au 28 février 2021, le Centre Wallonie-Bruxelles accueille entre ses murs “Code is Law”. Une exposition dans le réel, revisitant, comme toujours, l’art digital contemporain avec brio.

Question : le code informatique peut-il s’articuler avec l’art contemporain ? Réponse : oui et celui-ci se nomme “art digital”. Le promouvoir, c’est la mission que s’est donnée le Centre Wallonie-Bruxelles (CWB) depuis de nombreuses années. Après notamment l’exposition “Nova_XX” en 2019, “Code is Law” présentera du 9 janvier au 28 février les femmes et les hommes qui savent illustrer le potentiel esthétique et la portée poétique de la programmation dans l’art.

Pour ce faire, Stéphanie Pécourt  s’est inspirée de Lawrence Lassig, professeur de droit à l’Université d’Harvard Law School et Fondateur du Center for Internet and Society. D’après l’un de ses articles devenu manifeste, les deux commissaires d’exposition Carine Le Malet et Jean-Luc Soret,  invité.s. par le Centre à développer sur base de cette référence, questionnent les ressorts du code, la neutralité du net et la régulation terriblement actuelle du cyberespace. Afin d’y voir plus clair, Trax a sélectionné 5 œuvres à ne manquer sous aucun prétexte.

Species counterpoint de Antoine Bertin

Species Counterpoint – The Steck Pianola Piano – Aeolian Company Advertisement, London, c. 1910 – Antoine Bertin, illustration tirée de la collection Biodiversity Heritage Library©Aeolian Company Advertisement

La sonification, l’art de transformer les données en son, est partout autour de nous. Le tic-tac d’une horloge sonifie le temps, et le signal sonore des portes d’un train nous annonce leur fermeture. Associé au contrepoint, cette forme d’écriture musicale qui consiste en la superposition organisée de lignes mélodiques distinctes, il a permit à Antoine Bertin de mettre en scène un piano mécanique sur lequel sont joués deux airs différents : une séquence d’ADN de plante et celle d’un être humain. Car oui, les plantes et nous autres avons en commun 60% de notre matériel génétique. Et cette œuvre est une sublime invitation à méditer sur la nature symbiotique de notre relation au monde végétal.

J’ai de la chance de François De Coninck et Damien De Lepeleire

François de Coninck et Damien De Lepeleire, J’ai de la chance, 2020 – aquarelle sur papier Canson©François De Coninck et Damien De Lepeleire

François de Coninck a envoyé une trentaine de captures d’écran à Damien De Lepeleire, qui les a transposées en aquarelles. Mais pas n’importes lesquelles. Celles de requêtes adressées à Google, auquel ce dernier ne répond jamais au hasard. Plongée dans l’esthétique de l’ancêtre des cookies.

Machins Machines de Natalia De Mello

Machins machines – Natalia de Mello©Natalia De Mello

« Dans notre environnement façonné par les technologies domestiques, le bureau de nos ordinateurs se confond avec l’espace de notre mémoire et ses images-lumière sont le miroir de notre pensée en mouvement. » C’est le constat de Natalia De Mello. À travers celui-ci, l’artiste belgo-portugaise invite les spectateur.rice.s a s’approcher de boîtes murales faisant office d’amplificateur sonore pour questionner l’inspiration du numérique sur la musique traditionnelle.

Minakami de Jonathan Schatz

Jonathan Schatz, MINAKAMI © Stanislav Dobak©Stanislav Dobak

C’est une rencontre entre le travail chorégraphique de Jonathan Schatz et l’œuvre SUITE de Yannick Jacquet et Thomas Vaquié. Un espace de contact où se tissent recherches chorégraphiques, plastiques, musicales et technologiques. Une invitation à la contemplation, entre attraction hypnotique, sensibilité primale et énergies vitales.

Spectogrammes de Claire Williams

Spectrogrammes, © Claire Williams©Claire Williams

Le textile, le sonore et l’électronique. Voilà les trois piliers qui façonnent l’univers de Claire Williams. Ici pour le CWB, la bruxelloise collabore avec Maurin Donneaud, designer de textiles électroniques, pour qu’un ordinateur retransmette les flux électromagnétiques captés par des antennes à une machine à tricoter. Détourné en spectrogramme, cette dernière transforme les pixels – traduits en 0 et 1 – en points tricotés les sons enregistrés au coin de la rue ou aux confins de la forêt d’Ardenne. Une conversation mathématique dont l’humain est exclu et qui rend palpable le spectre hertzien, tricoté avec soin.

Loin de constituer un mausolée qui contribuerait à la canonisation de l’héritage patrimonial de la culture belge francophone, le Centre est un catalyseur de référence de la création contemporaine belge et de l’écosystème artistique dans sa transversalité. Toutes les informations sur l’exposition et la billetterie sont à retrouver sur le site internet du CWB.

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