Syncopes et Extases. Vertiges du temps.
13 octobre 2019 - 12 janvier 2020

Commissaire de l’exposition : Stéphanie Jamet

> visite presse vendredi 11 octobre, 14h30
en présence de la commissaire
> vernissage samedi 12 octobre, 18h30

Avec les œuvres de Caroline Achaintre, Istvan Balogh,
Guillaume Boulley, Baltasar Burkhard, William S.
Burroughs, Mircea Cantor, Julian Charrière, Clément
Cogitore, Charles Antoine Coypel, Salvador Dalí, Isaac
Fisches, Douglas Gordon, Thomas Hirschhorn, Thomas
Huber, Ann Veronica Janssens, Atsunobu Kohira,
Marie-Jo Lafontaine, Luc Le Breton, Ange Leccia,
Ingrid Luche, Myriam Mechita, François Morellet,
Géraldine Pastor Lloret, Neo Rauch, Gerhard Richter,
Hannah Rickards, Jimmy Robert, Stéphanie Solinas,
Alia Syed, Julien Tiberi
Tomber en syncope ou en extase, c’est vivre un vertige
du temps, une suspension temporelle. Temps mort ou
temps d’arrêt ? Contretemps ou ellipse ? Hors temps,
certainement.

Cette exposition interroge l’état dans lequel le corps se
trouve lorsqu’il perd conscience et s’abandonne tandis
que l’esprit s’échappe. Corps lâché qui subit de plein
fouet toute sa gravité, yeux clos ou mi-clos, bouche
entr’ouverte, caractérisent en effet les représentations
dont L’Extase de Sainte Thérèse du Bernin, celle de Saint
François du Caravage ou encore L’Évanouissement
d’Esther de Nicolas Poussin ont inspiré de nombreux
artistes.
Syncope et extase dont les artistes cherchent à traduire
le mystérieux hors de soi. Le chirurgien Ambroise Paré
définissait déjà la syncope comme une soudaine et
forte défaillance des facultés et des vertus, précisant
que les anciens l’appelaient aussi « la petite mort ».
L’image frappante de cet effondrement sous le coup
d’un choc, le plus souvent émotionnel, ne doit pas
éclipser la volonté des artistes de partager les effets
ressentis et le sentiment d’absence éprouvé. Parce qu’il
ne reste généralement aucun souvenir, aucune trace
dans la mémoire, exceptés le vertige, la fulgurance,
le silence assourdissant, le trou noir ou, à l’opposé,
l’éblouissement.
Impressions paradoxales et contradictoires en
apparence comme le mot syncope lui-même qui vient
du grec sun « avec » et koptein « couper ».
La syncope et l’extase bouleversent et transportent
simultanément, d’où la tension inhérente à ces
états dans leur rapport à la mort, intimement induit
par la chute, l’abandon du corps devenu inerte.
Comme si la syncope-extase en était le premier sas,
« l’image vivante », si l’on peut dire. On comprend
encore aujourd’hui l’intérêt particulier des artistes
contemporains qui ne cherchent pas seulement à
représenter ce bouleversement indicible mais à le faire
ressentir, pour en cerner l’ambivalence entre abandon
et résistance.

L’exposition propose d’abord une plongée en syncope-
extase où l’on perçoit ces impressions et sensations de

trouble de la vue, des tensions contraires, des ruptures
temporelles. Après une traversée des états extatiques
où plaisir et mystique s’interpénètrent, l’exposition
interroge la syncope, comme la révélation d’un corps
révolté et d’un hiatus de l’histoire.
Selon Louis Marin, « la syncope est en même temps
interruption et réintégration, déchirure et reprise » ; et
si la syncope et l’extase servaient à comprendre et à
penser l’art ? Soit la possibilité de traduire ce qui est
de l’ordre de l’insaisissable, de l’irreprésentable, de
l’inaudible et de l’indicible. Ce dont on ne se souvient
pas ou que l’on ne perçoit qu’a posteriori ? Vertiges du
temps.

Syncopes et extases

Du Dimanche 13 octobre à 00h00
au Dimanche 12 janvier à 00h00
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Syncopes et Extases. Vertiges du temps.
13 octobre 2019 - 12 janvier 2020

Commissaire de l’exposition : Stéphanie Jamet

> visite presse vendredi 11 octobre, 14h30
en présence de la commissaire
> vernissage samedi 12 octobre, 18h30

Avec les œuvres de Caroline Achaintre, Istvan Balogh,
Guillaume Boulley, Baltasar Burkhard, William S.
Burroughs, Mircea Cantor, Julian Charrière, Clément
Cogitore, Charles Antoine Coypel, Salvador Dalí, Isaac
Fisches, Douglas Gordon, Thomas Hirschhorn, Thomas
Huber, Ann Veronica Janssens, Atsunobu Kohira,
Marie-Jo Lafontaine, Luc Le Breton, Ange Leccia,
Ingrid Luche, Myriam Mechita, François Morellet,
Géraldine Pastor Lloret, Neo Rauch, Gerhard Richter,
Hannah Rickards, Jimmy Robert, Stéphanie Solinas,
Alia Syed, Julien Tiberi
Tomber en syncope ou en extase, c’est vivre un vertige
du temps, une suspension temporelle. Temps mort ou
temps d’arrêt ? Contretemps ou ellipse ? Hors temps,
certainement.

Cette exposition interroge l’état dans lequel le corps se
trouve lorsqu’il perd conscience et s’abandonne tandis
que l’esprit s’échappe. Corps lâché qui subit de plein
fouet toute sa gravité, yeux clos ou mi-clos, bouche
entr’ouverte, caractérisent en effet les représentations
dont L’Extase de Sainte Thérèse du Bernin, celle de Saint
François du Caravage ou encore L’Évanouissement
d’Esther de Nicolas Poussin ont inspiré de nombreux
artistes.
Syncope et extase dont les artistes cherchent à traduire
le mystérieux hors de soi. Le chirurgien Ambroise Paré
définissait déjà la syncope comme une soudaine et
forte défaillance des facultés et des vertus, précisant
que les anciens l’appelaient aussi « la petite mort ».
L’image frappante de cet effondrement sous le coup
d’un choc, le plus souvent émotionnel, ne doit pas
éclipser la volonté des artistes de partager les effets
ressentis et le sentiment d’absence éprouvé. Parce qu’il
ne reste généralement aucun souvenir, aucune trace
dans la mémoire, exceptés le vertige, la fulgurance,
le silence assourdissant, le trou noir ou, à l’opposé,
l’éblouissement.
Impressions paradoxales et contradictoires en
apparence comme le mot syncope lui-même qui vient
du grec sun « avec » et koptein « couper ».
La syncope et l’extase bouleversent et transportent
simultanément, d’où la tension inhérente à ces
états dans leur rapport à la mort, intimement induit
par la chute, l’abandon du corps devenu inerte.
Comme si la syncope-extase en était le premier sas,
« l’image vivante », si l’on peut dire. On comprend
encore aujourd’hui l’intérêt particulier des artistes
contemporains qui ne cherchent pas seulement à
représenter ce bouleversement indicible mais à le faire
ressentir, pour en cerner l’ambivalence entre abandon
et résistance.

L’exposition propose d’abord une plongée en syncope-
extase où l’on perçoit ces impressions et sensations de

trouble de la vue, des tensions contraires, des ruptures
temporelles. Après une traversée des états extatiques
où plaisir et mystique s’interpénètrent, l’exposition
interroge la syncope, comme la révélation d’un corps
révolté et d’un hiatus de l’histoire.
Selon Louis Marin, « la syncope est en même temps
interruption et réintégration, déchirure et reprise » ; et
si la syncope et l’extase servaient à comprendre et à
penser l’art ? Soit la possibilité de traduire ce qui est
de l’ordre de l’insaisissable, de l’irreprésentable, de
l’inaudible et de l’indicible. Ce dont on ne se souvient
pas ou que l’on ne perçoit qu’a posteriori ? Vertiges du
temps.

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