Étude : Plus d’une femme sur deux ne se sent pas en sécurité dans les clubs sans être accompagnée

Écrit par Antonin Khos
Le 06.07.2018, à 10h08
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Écrit par Antonin Khos
Les clubs, des safe spaces où chacun.e peut s’épanouir dans le respect mutuel ? Loin de là, selon l’étude relative au harcèlement et aux agressions sexuelles dans les lieux festifs menée par l’association Consentis.


Une étude menée au Royaume-Uni par You Gov auprès de festivalier.ère.s révélait récemment qu’une femme sur cinq était victime d’agression ou de harcèlement sexuel en festival. Cette fois, ce sont les membres de l’association Consentis qui ont mené l’enquête auprès de 1030 Français. « Il y avait un besoin urgent de redéfinir les termes d’agression sexuelle, de harcèlement sexuel et de consentement dans le contexte des lieux festifs », a déclaré Mathilde, cofondatrice de l’organisation, « Et c’est important pour nous d’avoir une démarche scientifique, afin d’illustrer le problème et de participer à la prise de conscience ».

Comme chez nos amis britanniques, les résultats de l’étude sont alarmants. 60% des femmes interrogées déclarent avoir déjà été victimes de violences sexuelles dans des établissements festifs. De fait, 57% d’entre elles déclarent se sentir en insécurité dans de tels environnements lorsqu’elles ne sont pas accompagnées. Parallèlement, seulement 10% des hommes interrogés ont été victimes de violences sexuelles, et ces derniers admettent se sentir moins menacés. Pour palier à ces violences, les usager.ère.s n’ont d’autres moyens que de se défendre : être constamment accompagné.e.s, limiter leur consommation d’alcool, se déplacer en taxi, et même ne plus fréquenter certains endroits. Autrement dit, se restreindre.

Heureusement, les initiatives de lutte contre les violences sexuelles se multiplient dans le milieu, avec notamment la mise en place par l’Association for Electronic Music d’un service de soutien aux victimes de violences sexuelles. Consentis s’est donné pour mission de prévenir ces violences plutôt que les guérir. La cofondatrice de l’association confie « Ça nous devenait insupportable de sortir et d’entendre des personnes autour de nous raconter des histoires effroyables qui avaient eu lieu dans des lieux festifs. Au-delà, nous n’en pouvions plus des personnes qui légitiment ces infractions sous le prétexte que les soirées sont des lieux de rencontre et de consommation d’alcool et de stupéfiants »Les actions de Consentis : sensibiliser, responsabiliser, et valoriser le savoir-être dans les milieux festifs. L’association s’adresse aux fêtard.e.s pour leur parler de la culture du consentement, et parallèlement aux organisateur.rices de festivals. « On va leur conseiller de parler avec leur personnel de sécurité et de services, d’avoir un agencement du festival qui limite les mouvements de foule et les coins sombres non surveillés », explique Mathilde.

Les bars et clubs sont la prochaine étape de l’association. Pour ces lieux festifs, d’autres solutions existent. Par exemple, commander gratuitement des taxis pour les client.e.s les plus vulnérables, apprendre aux citoyen.ne.s à se défendre, former le personnel à ces questions. Au Royaume-Uni, la campagne « Ask Angela » consiste à faire connaître l’utilisation de cette formule éponyme aux femmes. Ainsi, il leur suffit de s’adresser à un membre du personnel d’un bar en l’appelant Angela, par exemple, pour obtenir de l’aide si elles en ressentent le besoin.

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Plus d’informations sont disponibles sur le site de Consentis. Où en est la techno dans la lutte contre les agressions sexuelles ? C’est l’un des sujets abordés dans le magazine TRAX #204, disponible ici.

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