Etienne Jaumet : ‘La Visite’ LP en écoute intégrale + Interview

Écrit par Sophia Salhi
Le 18.11.2014, à 16h54
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Écrit par Sophia Salhi
Etienne Jaumet reprend du service en solo avec La Visite, son dernier album en full stream exclusif pour Trax. Rencontre.

Cinq ans après la sortie de Night Music, le claviériste et saxophoniste fou revient avec La Visite, un album plus jazzy, et c’est lui même qui le dit. Refusant toujours d’utiliser des instruments numériques, Etienne Jaumet marie son saxo magique à ses machines fétiches (Juno 60, TR 808, SH 101 et autres Roland). Atmosphère jazzy et rencontre avec l’artiste de chez Versatile droit devant.

Quelle idée avais-tu en tête avant d’entamer La Visite, ce deuxième album solo ?

Il n’y avait pas de concept pour cet album, comme pour le premier. Je l’ai abordé de manière très libre. J’avais juste un principe : enregistrer un morceau par jour. Je voulais aller vite. J’ai tout enregistré au studio Versatile durant l’été 2013. J’y allais deux ou trois jours par semaine seulement, car je voulais vivre cette expérience d’enregistrement avec un maximum de liberté et toujours garder une fraîcheur, une spontanéité.

Etienne

Quand je joue, sur scène ou en studio, c’est un moment intense et particulier, et après, je reviens à la vie normale.

Tu défends toujours cette approche intuitive de la musique.

Aujourd’hui, avec un ordinateur et des logiciels de musique, on peut éditer ses morceaux, retravailler tous les détails. J’évolue à l’inverse. J’utilise des instruments rudimentaires et je compose de manière très instinctive. Comme un musicien pourrait écrire une chanson avec sa guitare en une seule soirée. Je voulais que tout soit là tout de suite. Je joue et j’enregistre les prises en direct. Finalement, je fais peu de différences entre les répétitions et le live. Et je fais peu de différences entre le live et l’enregistrement. Quand je joue, sur scène ou en studio, c’est un moment intense et particulier, et après, je reviens à la vie normale. J’aime conserver cette intensité sur mes disques.

La voix peut rendre mes morceaux plus accessibles.

Pour cet album, tu avais le principe d’aller vite mais aussi plusieurs envies…

Je voulais mettre de la voix, chanter. J’avais fait un essai sur Rocket Number 9 de Zombie Zombie et j’avais très envie de recommencer. Je fais de la musique de danse et cette musique, souvent instrumentale, peut apparaître obscure. La voix peut rendre mes morceaux plus accessibles. C’est un truc que j’ai voulu explorer sur plusieurs morceaux (Metallik Cages, Anatomy of a Synthesizer, Stuck in the Shadow of Your Love) tout en gardant toujours une liberté totale. Alors j’ai fait des voix très spontanées, improvisées sur le moment. Les mots venaient tout seul et je les passais ensuite dans une sorte de voicoder. Ce qui comptait, c’était l’énergie sur le son de ma voix, plus que le sens des paroles.

Sur le morceau La Visite, qui donne son nom à l’album, le texte est signé par Flóp. Pourrais-tu le présenter ?

Quand je suis arrivé à Paris pour mes études, j’ai commencé à faire de la musique avec Flóp, qui navigue dans le milieu chanson/pop indé. Je le connais depuis longtemps et lui me connaît très bien. J’ai toujours adoré ses textes. J’avais cet instrumental et il me fallait un texte. Je le lui ai donc demandé. Comme il connaît ma façon de fonctionner, il a écrit ce voyage intérieur, dans son propre corps. C’est une démarche cosmique qui me correspond parfaitement. Retrouvez la suite de l’interview dans le TRAX #177, maintenant en kiosques.

Interview par Olivier Pernot

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La Visite sort le 23 Novembre chez Versatile Records. Tracklist : 01. Metallik Cages 02. La Visite 03. The Dirty Part Of The Dust 04. Module Mou 05. Anatomy Of A Synthesizer 06. Stuck In The Shadow Of Your Love 07. Moderne Jungle 08. Midnight Man

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