En France, un week-end de polémiques autour de la fête et des rassemblements

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©DYLAN MEIFFRET / MAXPPP
Le 13.07.2020, à 18h45
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©DYLAN MEIFFRET / MAXPPP
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Alors que samedi soir, 5 000 personnes étaient rassemblées à Nice pour assister au concert gratuit de The Avener, plusieurs autres événements d’envergure, free party ou open air, se sont tenus à travers la France. Les vidéos des foules, relayée sur les réseaux sociaux et dans les médias, ont nourri la polémique, provoquant des réactions politiques. Éclipsant même, au passage, la manifestation, en ordre dispersé, des patrons de discothèque qui s’est tenue ce dimanche à Paris.

Par Marion Adrast et Emma Buoncristiani.

L’actualité de ce week-end a été marquée en France par l’irruption de la fête dans le paysage médiatique et politique, provoquant une première prise de parole publique de Roseline Bachelot, ministre de la Culture fraichement nommée par le Premier ministre Jean Castex. Partout sur le territoire, il était question de la fête et de son importance culturelle, qu’elle soit légale ou sauvage.

À Nice, Christian Estrosi ne sait plus sur quel pied danser

Une vidéo montrant une foule compacte venue assister au concert en plein-air gratuit de The Avener sur la promenade des anglais à Nice samedi soir a beaucoup circulée sur les réseaux sociaux, suscitant l’indignation des internautes et d’une partie de la classe politique. Cet événement était l’un des premiers grands concerts en France organisé depuis le début du confinement.

Installé en hauteur sur le toit de la tour Bellanda, le DJ niçois a fait danser 5 000 personnes réunies un peu plus bas, sur le quai des États-Unis et la promenade des anglais. D’autres personnes ont profité du concert un peu plus loin, sur la plage. La jauge de 5 000 personnes a été respectée, mais c’est la foule, sans masques ni distanciations sociales, et ce malgré les consignes rappelées, qui a fait polémique. Le maire, Christian Estrosi, a annoncé le lendemain que le port du masque serait désormais obligatoire pour ce genre d’événement.

« À deux jours d’un anniversaire particulièrement cruel et douloureux pour les Niçois, Nice était belle hier parce qu’elle était le symbole d’une reprise
de la vie », a estimé le directeur de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes, Rémi Recio, dimanche 12 juillet sur France Inter. « Je pense aux précautions sanitaires, aux précautions de sécurité également, mais je pense que la vie est plus forte que tout. C’est un vrai bonheur de pouvoir retourner à la vie ce soir, à la danse, à l’euphorie et à des choses normales » a déclaré The Avener sur BFM TV.

Free party à la Une

Depuis ce samedi 11 juillet, beau temps, début de l’été et fin de l’état d’urgence sanitaire ont encouragé des organisateurs de free party à s’installer dans la Nièvre, près de la commune de Saint-Parize-le-Châtel. La fête avait été annoncée depuis quelques jours et devait se tenir initialement dans la région Centre. Mais un arrêté préfectoral a contraint les organisateurs à déplacer la fête. L’événement, un multison comme le décrivent ses organisateurs, est toujours en cours et rassemblerait moins de 5 000 personnes, d’après nos sources présentes sur place.

Dans le bassin d’Arcachon, une autre free party s’est tenue ce week-end, rassemblant près de 2 000 participants dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 juillet. De plus petite envergure, une autre fête a eu lieu en Côte d’Or, dans le canton d’Arnay-le-Duc entre samedi soir et lundi matin. Selon la presse locale, l’événement serait un anniversaire privé, qui aurait tout de même rassemblé entre 300 et 400 personnes.

Open air sauvage en banlieue de Paris


En région parisienne, des rassemblements ont également eu lieu. Le plus gros d’entre eux était organisé par le fameux collectif parisien Possession, à l’origine d’un open-air sauvage.

Près de 1 000 personnes s’étaient rassemblées pour l’occasion, et la DJ française Anetha était également présente sur le line up de la soirée.

La réaction du gouvernement

Face à ces nombreuses fêtes, et alors que de nombreux scientifiques pointent des signes de résurgence de l’épidémie de Covid-19,  la nouvelle ministre de la culture Roselyne Bachelot s’est exprimée publiquement sur le sujet au micro de LCI dans la matinale de ce lundi 13 juillet. Elle constate que « les responsables de lieux culturels sont très responsables […] les consignes sanitaires y sont respectées de façon très minutieuses », avant d’ajouter que « ce qui pose vraiment un problème, ce sont ces rassemblements de jeunes, rave party ». Elle en appelle désormais « à la responsabilité des jeunes »  insistant notamment sur le port du masque et se dit néanmoins favorable à « desserrer l’étau sanitaire ». Sortez couverts, donc.

Les patrons de clubs dans la panade

À Paris, l’événement qui a fait le moins de bruit, au propre comme au figuré, était la manifestation organisée devant le ministère de la Santé à l’initiative de plusieurs syndicats représentatifs des discothèques. Critiqué en interne, le rassemblement initié par l’Umih et le GNI n’a finalement rassemblé que deux cents personnes, pour la plupart patrons de boites de nuit sous une banderole « Je suis discothèque ». Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a définitivement repoussé l’idée d’une réouverture des établissement de nuit avant le mois de septembre mais de prochaines discussions devraient avoir lieu entre les professionnels et le ministère de la Culture, sur le sujet des aides.

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