En Bourgogne, des ex-Spiral Tribe organisent leur premier festival entre rave et méditation

Écrit par Briac Julliand
Le 28.02.2019, à 16h57
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Écrit par Briac Julliand
La méditation et la rave sont deux activités qui ont rarement été rapprochées. Pourtant, Dharma Techno organise du 30 mai au 2 juin son premier festival, où se côtoieront séances de silence et de méditation, et performances artistiques sans drogue ni alcool, en pleine brousse bourguignonne.

Cela fait quelques années que Dharma Techno organise des retraites silencieuses d’une semaine en pleine nature, où la trentaine de participants se consacre à l’exercice de la méditation et à l’expérience du silence plusieurs jours durant, avant de se laisser aller au rythme de la musique en live et de la danse. Du 30 mai au 2 juin prochain, le collectif organisera son tout premier festival, inspiré de ces retraites. Retiré dans la campagne bourguignonne pendant trois jours, l’évènement alterna les phases de silence, de méditation, et d’exercices physiques doux, avant de laisser la place à la musique et à la danse.

Sebastian, organisateur du festival et ancien membre du collectif Spiral Tribe, décrit ces expériences de retraites silencieuses comme parfaitement compatibles avec celles de la fête : « À la fin de ces retraites, tout le monde se sent incroyablement bien, très connecté, se prend dans les bras… Un peu comme lors des raves des années 90 quand tout le monde était sous ecstasy ! Mais là, personne n’a besoin de drogue. » Tout stupéfiant ou alcool est en effet banni du festival, qui cherche justement à démontrer qu’un autre modèle que celui de l’excès est possible pour la fête. « J’ai le sentiment que la rave est entrée dans une boîte, et qu’il n’y a plus qu’une façon de faire la fête. », déplore Sebastian, qui est pourtant persuadé qu’il est possible d’accorder le monde de la techno avec celui de la méditation, et de rapprocher cet exercice du bien être de la pratique de la fête.

Dans le cadre bucolique des friches de Louhans, à proximité d’un pan d’eau, l’enseignant Denis Robberechts guidera les festivaliers deux fois par jour, au cours de séances de silence, puis de méditation. Sebastian rappelle que cette pratique ne revêt aucun aspect dogmatique ou religieux : « Il y a encore beaucoup de confusion autour du terme de méditation. Il s’agit simplement d’exercices de respiration, de concentration et de relaxation, d’un recentrement sur soi et d’une reconnexion à son environnement. » C’est aussi l’occasion d’expérimenter le silence, chose à laquelle les citadins ne sont plus habitués. « On vit dans un monde tellement bruyant, on est sans arrêt occupés. En conduisant les gens à se concentrer sur leur respiration et sur le silence autour d’eux, ils se retrouvent face à eux-même. » Une initiation au cirque sera mise en place par le collectif Planète Cirque pour encadrer les enfants (dès 3 ans) accompagnant certains participants.

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Le soir, place au son. Dans la lignée de son programme inédit, le festival fait également de ses concerts des expériences profondes. Le jeudi, Riyaz Karo viendra présenter une musique classique indienne, explorant la richesse des productions orientales au cours d’un trépidant voyage sonore. Lui succèdera (ON.IRIS.) pour un spectaculaire live en binaural. L’expérience, psychédélique à souhait et fruit de nombreuses années de travail, se vivra immobile, et promet d’être l’occasion d’une belle introspection.

La soirée du vendredi verra se produire Gyosen Asakura, DJ et moine bouddhiste japonais au cours d’un set mêlant méditation active, techno et mapping. Enfin, le samedi, le public embarquera pour un voyage musical, de l’ambient à la techno, mené par Sebastian alias 69DB. Ce dernier exécutera son live en improvisation totale, inspiré et empreint de la concentration des heures de silence auxquelles il aura participé.

Les places pour accéder au festival sont limitées à 300, quota essentiel pour préserver la paisibilité et l’intimité de l’expérience. De la même façon, l’achat du billet (80€) implique la participation aux trois jours : « Ne faire qu’une ou deux journées reviendraient à casser la dynamique du processus. », explique Sebastian. Ces 80€ comprennent exclusivement l’hébergement et la nourriture fournit sur le festival, distribuée lors de repas collectifs. Aucun organisateur ou musicien ne sera rémunéré sur la base de ce tarif d’entrée, mais une collecte de donation sera mise en place à la fin du festival : « On pense que cette façon de faire met les gens face à un concept qui a été oublié : la générosité. »

Les billets sont déjà en vente, et les organisateurs conseillent aux participants voulant emmener leurs enfants de se dépêcher, leurs places étant limitées au nombre de 30. Toutes les informations sont à retrouver sur la page Facebook de l’évènement.

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