En 2019, seulement 13% des artistes programmés dans les clubs d’Europe sont des femmes, selon une étude

Écrit par Cécile Giraud
Le 17.10.2019, à 14h38
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Écrit par Cécile Giraud
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LAppel du 8 Mars (A8M) a réalisé une étude analysant l’évolution de la représentation des productrices et femmes DJ’s dans le milieu des musiques électroniques entre 2017 et 2019. Sans surprise, les chiffres montrent que les comportements évoluent, mais qu’il reste encore du pain sur la planche.

Depuis deux ans, L’Appel du 8 Mars, événement insufflé par les DJ’s et productrices Deborah Rolls et Lou Berlinger, donne la parole à celles et ceux qui font bouger la place de la femme dans le milieu techno et underground. Via leurs soirées du même nom, les ateliers d’informations accompagnés de lives et DJ sets permettent de mettre en avant les artistes femmes dans un milieu musical trop peu égalitaire. Cette semaine, A8M dévoile les résultats d’une étude réalisée ente 2017 et 2019 afin d’observer la mixité dans la programmation de cinq clubs représentatifs de la scène électronique parisienne et européenne.

L’analyse des artistes présent.e.s dans les line-ups de trois clubs électroniques parisiens (Rex, Djoon et Concrete), du Fabric à Londres et du Berghain à Berlin, permet de noter les premières tendances du ratio hommes/femmes derrière les platines des clubs. Elle nous apprend que si en 2017, seulement 9,7% de femmes ont accédé aux DJ booth, l’année 2019 fait grimper le pourcentage à 13%. Et entre 2017 et 2019, le pourcentage de soirées avec au moins une femme programmée n’a pas dépassé les 30%. En ce qui concerne les personnes se déclarant non-binaires, le chiffre est passé de 0,3% en 2017 et 2018 à 1% en 2019. Enfin, si l’on observe les programmations par club, le Berghain est de loin “le plus paritaire”, avec une programmation composée à 25% de femmes, contre 8,1% pour la Fabric à Londres.

Outre ces observations, Deborah Rolls et Lou Berlinger rappellent que « les plateformes digitales de vente de musiques ont un rôle majeur à jouer quant à la promotion de productrices auprès des DJs et des artistes de la scène électronique. L’ajout d’une recommandation mensuelle composée de morceaux produits uniquement par des femmes participerait grandement à renforcer leur visibilité en ligne ». Et de plus, que « la place de la femme dans le milieu électronique français est en train d’évoluer. Nous menons cet engagement pour plus de visibilité, plus d’égalité et plus de promotion, afin que les mentalités évoluent et se mettent en adéquation avec ce que les femmes artistes ont pu contribuer, techniquement et intellectuellement, à l’histoire de la musique électronique ». Si les graphiques si dessous permettent de mieux comprendre les chiffres, l’étude au complet est à consulter ici.

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Néanmoins, ces chiffres déjà faibles peuvent être nuancés. Si l’étude se base sur des clubs situés dans des mégapoles, où les femmes sont dans une certaine mesure mieux représentées, une analyse des petites villes serait sans doute la bienvenue.

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