Écologie : la production de vinyles et le streaming sont un désastre environnemental

Écrit par Erwan Lecoup
Photo de couverture : ©D.R.
Le 07.02.2020, à 15h41
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Écrit par Erwan Lecoup
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Un article paru sur le site Internet du Guardian rédigé par Kyle Devine, auteur du livre Decomposed : The Political Ecology of Music, pointe du doigt les problèmes écologiques résultants de l’industrie musicale. Des conséquences néfastes à l’échelle mondiale, dues tout autant à la production de disques vinyles qu’à la diffusion sur les plateformes de streaming.

Kyle Devine a livré un article au Guardian revenant sur le sujet de son livre Decomposed : The Political Ecology of Music, sorti en 2019. Le chef de recherche du département de musicologie à l’université d’Oslo pousse la réflexion sur les conséquences du coût environnemental de la production des disques vinyle à l’échelle mondiale. Leur fabrication à base de petites billes de polychlorure de vinyle (PVC) n’est pas sans risque, par sa contenance en produits chimiques cancérigènes.

L’auteur s’est rendu en Thaïlande, au siège de l’usine Thai Plastic & Chemicals Public Company Limited basé à Bangkok, où est fabriquée plus de la moitié du PVC utilisé par les usines de pressage. Comme l’explique Greenpeace, l’entreprise a « un passé d’abus environnementaux » depuis les années 90, et notamment l’habitude de déverser des eaux usées toxiques dans le fleuve Chao Phraya. Kyle Devine souligne aussi les pollutions provoquées aux États-Unis par la production de vinyles dans les années 70 : « l’exposition des travailleurs à des fumées toxiques, le rejet de produits chimiques dans l’air et dans les égouts » .

Un point qu’il faut tout de même nuancer étant donné l’évolution de la production de vinyles, l’abandon du plomb dans sa composition notamment. Polluante, l’industrie du vinyle est tout de même soumise aujourd’hui à des réglementations en termes d’hygiène et d’écologie. Elle reste cependant tributaire de fournisseurs internationaux, comme la firme thaïlandaise, qui ralentissent sans doute l’effort écologique global de l’économie du vinyle.

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Billes de PVC
©Chris J Ratcliffe

Mais ça ne s’arrête pas là, le chercheur développe ensuite au sujet de l’alternative qui semblerait la plus appropriée pour résoudre ce problème : l’écoute de musique sur les plateformes de streaming en ligne. Sauf que celle-ci est loin d’être une option écologiquement responsable, du fait qu’elle repose sur « des infrastructures de stockage, de traitement et de transmission de données qui ont des émissions de gaz à effet de serre potentiellement plus élevées que les plastiques pétrochimiques utilisés dans la production » de disques vinyles. « Diffuser de la musique en streaming, c’est brûler du charbon, de l’uranium et du gaz », conclut l’auteur. De quoi faire réfléchir sur la production massive de l’industrie musicale.

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