Écologie : Le festival The Peacock Society opère sa révolution verte

Écrit par Trax Magazine
Le 27.06.2019, à 15h34
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©The Peacock Society
Écrit par Trax Magazine
The Peacock Society revient pour une septième édition au Parc Floral les 5 et 6 juillet prochain. S’inspirant de We Love Green, les organisateurs du festival veulent sensibiliser artistes et festivaliers à la cause environnementale. Alexandre Jaillon, directeur de l’événement, revient sur les mesures écologiques qu’a prise l’événement.
 

Est-ce que le fait d’investir le Parc Floral de Paris est une des raisons de votre engagement pour l’environnement ?

Le lieu du Parc Floral de Paris implique forcément un respect de l’environnement naturel : une attention portée aux déchets, à la pollution sonore, au fait de rendre notre passage sur le lieu le plus invisible possible une fois l’événement passé. Mais c’est avant tout lié au bon sens et au respect du quartier et des riverains qui l’occupent, quel que soit le lieu occupé. Le festival We Love Green a été lancé en 2011 dans une démarche de développement durable – démarche qui a largement inspiré Peacock lors de sa création deux ans plus tard, en 2013, puisqu’une partie des équipes fondatrices était commune aux deux événements.

Quelles mesures prenez-vous en particulier ? 

Depuis sa création, le festival est équipé à 100% de toilettes sèches : on parle ici d’une économie de 6 millions de litres d’eau et 150 000 litres de produits chimiques ! On a aussi tout de suite pris l’initiative de ne servir que des Eco-cup au bar, et de consigner systématiquement tous nos contenants pour éviter les déchets sur site et faciliter le tri. De plus, on a la chance que le Parc Floral soit bien desservi par les transports publics – on a donc toujours encouragé les festivaliers à venir en transports propres – venir à pieds en traversant le bois, ça permet d’arriver dans le meilleur état d’esprit possible sur le festival, comme un sas vers un autre monde. Sans oublier l’optimisation des plans de feu que nos équipes mettent en place depuis le développement des éclairages LED. En 2013, ça coûtait plus cher mais ça consommait 5 à 10 fois moins d’énergie ! Aujourd’hui ça s’est généralisé, et on ne peut que s’en réjouir.

Les DJ’s s’intéressent-ils aux enjeux environnementaux ? 

Les DJ’s et leur entourage semblent porter peu d’intérêt à la question environnementale. La plupart continuent à faire semblant de ne rien voir, alignent les dates sans se préoccuper de leur routing, et pour certains en jet privé… Il faut aujourd’hui que les artistes prennent conscience de ces enjeux, aussi bien pour la planète que pour le respect de leur public. Il y a de quoi être en colère quand on voit la gestion de certains bookings. C’est dans cette optique que nous leur proposons désormais de compenser l’empreinte carbone de leur venue et d’équiper les artistes de gourdes. 

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Comment sensibilisez-vous le public et les artistes à ces problématiques ?

On a depuis le début mis en place des actions éco-responsables sur la production du festival mais on a longtemps hésité à communiquer dessus. Il y a quelques années, tu étais vite accusé de greenwashing, le contexte politique et social n’était pas toujours évident pour parler de tes actions écologiques surtout pour un festival électro. Ça nous a donné envie cette année d’assumer, et de mener des actions de sensibilisation à travers la communication bien sûr, mais aussi la signalétique. Comme pour les artistes, on propose par exemple aux festivaliers une charte green afin de calculer et de compenser leur empreinte carbone directement sur notre site internet. C’est une solution déjà mise en place sur We Love Green et on espère avoir autant de retours positifs pour Peacock. 

Les habitudes des festivaliers et des artistes ont-elles changé ?

Si on les encourage dans le bon sens, oui, les mentalités changent et les habitudes aussi. On a décidé cette année – pour la symbolique et pour faire réagir les gens – de passer notre foodmarket en 100% végétarien. Le but ? Faire découvrir une nourriture fraîche, de saison et que notre public découvre qu’une restauration sans viande est possible et surtout délicieuse ! En espérant que cela participe à les inciter à remettre en question leurs habitudes alimentaires en dehors de l’événement. 

Vous pensez déjà à de nouvelles initiatives pour les prochaines éditions ?

On va en tout cas pérenniser les actions mises en place cette année et les années passées. Certaines initiatives sont plus difficiles à mettre en place que d’autres – je pense par exemple à l’élimination du plastique à usage unique. Le public reste un grand consommateur de bouteilles d’eau et les solutions sont rares et très onéreuses (Tetra Pak en carton, tireuse à eau…). Pour pallier cela, Peacock va équiper la totalité de son staff et de ses artistes de gourdes personnalisées et encourager les festivaliers à amener les leurs pour se servir des 32 robinets d’eau gratuite. Mais c’est un sujet sur lequel on a envie de continuer à travailler. Tout comme la collecte et revalorisation des mégots que l’on va mettre en place cette année avec des cendriers ; c’est une petite action à notre échelle qui on l’espère, inspirera le public dans son quotidien.

Les organisateurs du festival The Peacock Society encouragent le public à lire la charte green qui regroupent leurs actions. 

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