#FreeSama : La DJ Sama arrêtée par les autorités palestiniennes après un live sur un site religieux

Photo de couverture : ©Boiler Room
Le 30.12.2020, à 11h28
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La DJ Sama Abdulhadi a été arrêtée par les autorités palestiniennes après avoir organisé un live techno sur un site historique et archéologique en Cisjordanie. Bien qu’elle ait obtenu les autorisations préalables, la police refuse sa libération.

Connue pour être la première femme DJ en Palestine, Sama Abdulhadi a été arrêtée ce dimanche 27 décembre par la police palestinienne. La veille au soir, elle enregistrait un livestream sur le site historique et archéologique de Nabi Moussa, lieu présumé de la tombe du prophète Moïse près de Jéricho (en Cisjordanie occupée). Des vidéos de l’événement, partagées sur les réseaux sociaux, ont suscité de vives réactions de la part d’internautes jugeant ce livestream et la musique électronique y étant jouée comme une profanation du lieu, où se trouve notamment une mosquée.

Surpris, Ammar Dweik – directeur de la Commission palestinienne indépendante des droits de l’Homme en Palestine – affirme que Sama avait reçu les autorisations nécessaires de la part des autorités locales pour organiser cet événement. « Nous avons demandé aujourd’hui sa libération car son arrestation n’est pas logique (…) elle avait reçu une autorisation du ministère du Tourisme », a-t-il déclaré à l’AFP. « Nabi Moussa n’est pas un site uniquement religieux mais également touristique (…) et si la musique électronique n’y était pas appropriée, le ministère n’aurait pas dû donner son autorisation. » Dans un communiqué, la famille de la DJ a déclaré que la demande de libération sous caution qu’elle avait formulée auprès de la police avait été rejetée. Ammar Dweik a quant à lui précisé que sa détention avait été prolongée de 15 jours ce mardi 29 décembre.

Différentes organisations de défense des droits humains ont massivement appelé à la libération de la musicienne, lançant notamment une pétition ayant déjà reçu près de 40 000 signatures, relayée avec le hashtag #FreeSama.
Le texte de la pétition est à retrouver en français ci-dessous. La pétition est toujours disponible en suivant ce lien.

Appel à la libération immédiate de Sama Abdulhadi

Nous, soussignés, demandons la libération immédiate de l’artiste et musicienne palestinienne Sama Abdulhadi, qui a été illégalement détenue par l’Autorité palestinienne le 27 décembre 2020. Le mardi 29 décembre, un juge a décidé de prolonger sa détention de 15 jours supplémentaires parce que “la musique techno ne fait pas partie du patrimoine palestinien” !

L’arrestation de Sama a eu lieu après l’attaque d’un enregistrement privé pour une représentation en streaming du Nabi Mousa à Jéricho par un groupe de jeunes, qui ont arrêté l’événement et menacé les participants. Cette attaque a été suivie d’une campagne vicieuse de désinformation sur les médias sociaux qui a alimenté des réactions violentes et des attaques personnelles contre Sama.

Le site, Maqam Nabi Musa, est sous la garde du ministère palestinien du tourisme qui a donné son accord écrit pour organiser et filmer le concert dans le site du Bazar (et non dans la mosquée qui fait partie du site).
Le ministère était conscient du type de musique qui serait joué lors du concert – techno – et que ce concert serait filmé dans ce site archéologique avec Sama Abdulhadi, l’une des femmes arabes les plus importantes dans le domaine de la musique techno dans le monde, afin de promouvoir les sites du patrimoine palestinien et la musique techno palestinienne auprès des publics musicaux du monde entier.

Sama Abdulhadi et les organisateurs du concert n’ont peut-être pas réalisé que ce type de musique ne convenait pas au site et à ses associations historiques, religieuses et culturelles, mais il n’en reste pas moins que le ministère du tourisme porte l’entière responsabilité de la décision d’autoriser la tenue du concert. Sama Abdulhadi est devenue un bouc émissaire et doit répondre d’un crime qui n’a pas eu lieu et qu’elle n’a certainement pas commis.

Bien que l’Autorité palestinienne ait annoncé qu’elle avait créé un comité pour enquêter sur les événements à la suite du tumulte public, jusqu’à présent, nous n’avons reçu que le silence des fonctionnaires, en plus de l’arrestation illégale d’une artiste sans aucune divulgation des détails de l’enquête. La détention de Sama Abdulhadi par l’AP pour “dompter” la colère du public est une fuite officielle de la responsabilité, se cachant derrière Sama au lieu d’affronter la crise juridique et d’accepter la responsabilité.

Nous demandons sa libération immédiate et le respect des libertés et des droits culturels et artistiques par l’Autorité palestinienne.

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