Dijon : un collectif électronique investit une maison de retraite

Écrit par Paul Brinio
Le 12.10.2016, à 15h26
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Écrit par Paul Brinio
Les maisons de retraite ne sont pas souvent réputées pour la joie de vivre qui en transpire. Un collectif de Dijon, porté par l’amour de la musique électronique et le désir de colporter la bonne humeur, a décidé d’investir une de ces résidences collectives pendant deux semaines. Le but est simple, stimuler le dialogue intergénérationnel. 

Après avoir traversé la France pour tenter de briser les barrières entre la house, la techno, la drum’n’bass ou encore la trance avec le projet PiXMiX – une soirée où le public choisit le genre qu’il désire entendre à chaque morceaux – le collectif RISK s’attaque désormais au fossé entre les générations. Du 3 ou 17 octobre, le collectif pose ses valises au sein de l’EHPAD des Marguerites, dans la ville qui l’a vu naître, Dijon.  

PiXMix – Jeu nocture à l’usage du dancefloor – Teaser 2016

Electronique et ludique 

Ce n’est pas la première fois que RISK entreprend de diffuser de la musique électronique dans un lieu insolite. On a ainsi pu les retrouver dans un cellier du XVe siècle ou encore dans un boulodrome. Pas le genre d’endroits où on s’attend à entendre du 125 BPM. 

À la base de cette visite en maison de retraite, il y a le projet PiXMiX, mais aussi un festival organisé par la ville de Dijon. Pour l’occasion, le collectif avait entrepris de décliner l’idée de la soirée en exposition. “À la découverte des musiques électroniques” se divisait en huit panneaux indépendants, chacun abordant l’un de ses sous-genres principaux ; house, techno, hardcore, drum’n’bass, trance, breakbeat et consorts. Le visiteur pouvait y découvrir une définition textuelle ainsi que de ses propres ramifications, mais aussi ses artistes phares, ses lieux clés et sa discographie. Privilégiant également l’écoute, l’équipe avait installé une borne d’écoute à côté de chaque panneaux. Cette expo complète permettait donc de mettre un terme aux préjugés et de présenter la musique électronique sous son vrai visage, celui d’une culture à part entière. 

Un de nos aînés au Dekmantel

Favoriser le dialogue intergénérationnel 

C’est ce dispositif que l’on retrouve à la maison de retraite des Marguerites. Comme nous raconte Nicolas Giller, un des créateurs et animateur du projet, “on a remarqué qu’il y avait un gros enjeu pédagogique derrière tout ça. Au final, tout le monde écoute de l’électro, qu’on la subisse à la télé ou ailleurs, ou qu’on l’écoute volontairement.” Effectivement, la musique électronique fait partie de notre vie de tous les jours, mais reste encore méconnue pour certains.

Une méconnaissance qui favorise les clichés de la musique “boum boum” de “dégénérés”. Cette exposition est donc l’occasion de casser ces idées reçues, mais également d’amener la culture dans les maisons de retraite. Nicolas Giller ajoute : “Pour ces personnes, cela leur donnera l’occasion de parler à leurs petits-enfants de la musique qu’ils écoutent.” Encourager le partage entre les générations est donc l’ambition principale de cette expo “à la découverte des musiques électroniques”, où des jeunes volontaires viennent participer aux ateliers. 

Photo prise lors d’un atelier de RISK

Des ateliers vivants 

L’exposition est ponctuée par des animations, réalisées par les membres de l’association RISK. Lorsque Nicolas Giller et Luc Deren se rendent à l’EHPAD, ils permettent à nos aînés de faire une découverte plus personnalisée de cette musique que nous chérissons. Un des ateliers comprend notamment la projection d’une vidéo contenant des extraits du journal de 20h, d’une série TV ou d’autres programmes populaires. Le constat est simple, que ce soit dans un jingle, un accompagnement ou un habillage, la musique électronique est partout. “Il s’agit alors de leur expliquer ce qu’ils viennent d’écouter et leur faire comprendre à quel genre appartient ce morceaux” nous explique Nicolas. S’ensuit alors un blind-test durant lequel nos amis du troisième âge vont devoir trouver eux-mêmes si ce qu’ils entendent est un morceaux de trance ou de techno. Ca risque de guincher. 

Particulièrement fier de son projet, RISK entend bien récidiver au mois de janvier, mais ce sera après avoir organisé des boums électronique pour 6-11 ans. Une tâche supplémentaire pour cette association qui a décidé de porter haut et fort les valeurs de la musique électronique, à savoir le partage et le vivre ensemble. 

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