Derrick May est à nouveau accusé d’agression sexuelle par une quinzaine de femmes

Écrit par Flora Santo
Photo de couverture : ©D.RR
Le 16.11.2020, à 14h49
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Écrit par Flora Santo
Photo de couverture : ©D.RR
Après une première vague d’accusations d’agressions sexuelles à l’encontre du producteur de techno Derrick May en septembre dernier, les magazines DJ Mag et Resident Advisor ont mené une enquête. Aujourd’hui, une quinzaine de nouveaux témoignages de victimes ont été recueillis.

Avertissement : cet article fait référence à des histoires de harcèlement et d’agression sexuelle.

En septembre dernier, le producteur de techno Derrick May faisait pour la première fois face à une vague d’accusations d’agressions sexuelles. C’est Michael James, un ancien collègue, qui avait été à l’origine des accusations après avoir reçu, selon lui, une trentaine de témoignages de victimes. Il affirmait que le DJ de 57 ans était coupable de « violer et d’agresser sexuellement des femmes depuis les années 80 ». Derrick May avait nié à travers un communiqué de son avocat.

Dans des enquêtes menées et publiées les 12 et 13 novembre, DJ Mag et Resident Advisor ont regroupé les témoignages d’une quinzaine de femmes affirmant avoir été agressées sexuellement par May au cours des vingt dernières années. Parmi elles, une journaliste et collaboratrice de Derrick May raconte avoir eu affaire à un homme agressif, intimidant et toxique : « Je montais les escaliers devant lui (…) lorsque j’ai senti tout le poids de sa main presser contre mon crâne. Il m’a faite pivoter, m’a forcée à m’asseoir sur les escaliers en un seul mouvement, puis il a sorti et a tenu son pénis ». Quelques mois plus tard, la jeune femme affirme avoir été victime d’une tentative de viol du DJ mais avoir réussi à s’échapper en lui donnant un coup dans l’entrejambe.

Une autre jeune femme qui, en 2008, travaillait dans un hôtel et avait dû faire visiter sa chambre à Derrick May, affirme avoir également été victime d’une agression : « Je suis allée dans la salle de bain pour lui montrer les équipements, et quand je me suis retournée il était debout, en train de bloquer la porte, avec une érection et sa main sur son entrejambe. (…) Il m’a attrapée puis m’a poussée contre le mur. Il m’a bloquée, a mis son genou entre mes jambes, m’a coincée contre le mur. (…) Il essayait de m’attraper de partout et a essayé de m’embrasser. »

Toutes ont décidé de parler après avoir compris, après la première vague d’accusations contre le producteur, qu’elles n’étaient pas les seules victimes et qu’il était nécessaire de faire entendre plus de voix.

En réponse aux accusations, Derrick May a transmis la déclaration suivante :

« En tant qu’homme noir travaillant dans une industrie dominée par les blancs et ouvertement biaisée, dois-je m’attendre à avoir appris la douloureuse leçon qu’il n’y a pas de vérité, d’équité ou de procédure adaptée ? 
Quand se terminera la longue histoire de la militarisation de la sexualité des hommes afro-américains ?
Dois-je collaborer sous la contrainte à ma propre victimisation aux mains d’une presse ouvertement hostile qui amplifie les soi-disant craintes des femmes privilégiées et anonymes dans un lynchage médiatisé par Internet ?
Je n’ai aucun intérêt à légitimer ces diffamations.
Les femmes sont le vecteur de la vie et, en tant que telles, doivent être protégées et non exploitées. Je vis en accord avec ces paroles. »

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