“Deep Burnt” de Pépé Bradock expliqué par… Pépé Bradock

Écrit par Trax Magazine
Le 31.08.2015, à 12h54
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Écrit par Trax Magazine
Il y a seize ans de cela, paraissait un hymne de deep house érigé au statut de monument, d’œuvre légendaire. Une séquence de onze minutes, inspirée du “Little Sunflower” de Freddie Hubbard, étirée entre l’extase et la mélancolie par le génie musical de Pépé Bradock. À l’occasion de sa réédition dévoilée en juin dernier via Atavisme, le producteur français est revenu sur les contours et les reflets de sa création, au travers d’un mémo publié au même moment sur le site de la RBMA.

Au mois de mai, Pépé Bradock (Julien Auger pour l’état civil) se fendait d’une analyse de son propre track, “Deep Burnt” (découverte en 1999 via Kif Recordings) et de ses multiples composants, véritables symboles sonores de ses réflexions et de son imaginaire. Le texte, publié sur le site de Red Bull Music Academy, s’apparente à un discours libre, écrit (selon toute vraisemblance) d’un seul jet.

C’est un heureux accident, j’espère sans victimes…

L’artiste français assimile chacune des couches, chaque élément ou instrument de sa création à divers insignes ; le tambourin à la Proclamation d’émancipation, les violons à la rencontre d’un célèbre trompettiste de jazz et d’un illustre chanteur, tous deux coincés dans l’ascenseur d’un établissement luxueux : “C’est un morceau de techno avec des violons et un tambourin, du cubisme pour ravers. Un recyclage malpoli, peut-être, mais sincère. Du bonneteau juvénile et sonore”, affirme-t-il ainsi, d’emblée.

“Un peu de gaieté dans un monde inique et hypocrite”. En cette fin de période estivale (oui, notre définition de l’été n’inclut en aucune façon le mois de septembre), le titre de Pépé Bradock semble de rigueur. Sa finalité se situe elle-même entre deux couches, entre deux mondes. Le producteur parisien accentue bientôt cet aspect : “Voilà ce que m’ont apporté les bidouilles électroniques et les facéties insouciantes : une profonde joie, à en pleurer, un abominable pilori, une expérience douce amère de la vanité exponentielle.”

S’il n’est pas l’homme d’une seule œuvre, nous ne pouvons nous lasser de cette composition si singulière, considérée comme un incident par son propre auteur : “Merci infiniment à ceux qui ont joué, promu et dansé sur “Deep Burnt”, pardon à ceux que j’ai offensé. C’est un heureux accident, j’espère sans victimes…” Défini comme un produit soul, destiné à conjurer le mauvais sort et à éveiller les bonnes consciences alors assoupies, conçu pour réunir, le titre de Pépé Bradock égale certains sommets de la house, dont il s’approprie l’essence et les attributs. “J’espère que ce morceau nous appartient”.

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