Dave Clarke pousse un gros coup de gueule contre les événements illégaux en période de pandémie

Écrit par Maxime Jacob
Photo de couverture : ©Gered Mankowitz
Le 18.08.2020, à 14h15
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©Gered Mankowitz
Écrit par Maxime Jacob
Photo de couverture : ©Gered Mankowitz
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Dave Clarke, pionnier de la techno en Angleterre, a publié un long texte sur sa page facebook, adressé aux DJ et professionnels de la musique électronique. « Je suis très déçu par notre scène », commence le DJ, pointant l’irresponsabilité de certains organisateurs et musiciens de renom, qui organisent des événements au mépris des normes sanitaires. Le Britannique, qui considère que ces événements décrédibilisent le mouvement et retardent le retour à la normale, regrette qu’une partie de la scène électronique cautionne ces événements non compatibles avec les normes sanitaires.

« Je suis très déçu par “notre scène”…. En disant cela, je ne m’adresse pas à tous les DJ qui ont de vrais soucis financiers et qui doivent travailler pour survivre – cette décision leur appartient. Toutefois, certains DJ de premier plan qui n’ont pas besoin d’argent sur un plan financier, se sont engagés dans une logique FOMO (par peur de laisser filer des opportunités, poussés par leurs managers, sans aucun doute) et jouent dans des environnements qui sont loin d’être légaux. ”La scène”, dans son ensemble, s’efforce d’opposer notre culture aux clubs et événements encadrés qui ont été contraints de fermer leurs portes en faisant face à cette situation de manière cupide. Les DJs internationaux qui participent à ces soirées illégales ont craché sur ces industries légitimes, ils ont craché sur les travailleurs de l’ombre qui ont construit leur légende, et dans quel but ? Celui de publier des statuts sponsorisés sur les réseaux sociaux, racontant à quel point les concerts leur manquent… ces DJ sont des putains d’idiots ! La crise n’est pas finie, et ils ont probablement aggravé les choses sciemment, mais bon, « c’était un super concert »… Je respecterais davantage ces DJ s’ils étaient adeptes des théories du complot et adoptaient des points de vue stupides (je crois, à titre personnel, que ce virus est bien réel et que la 5G ne fait pas cuire les moineaux), mais il ne s’agit malheureusement ici que de flatter leur ego et d’augmenter leurs honoraires.

J’ai constaté (comme beaucoup d’autres dans notre secteur) tant de « coïncidences » troublantes ces derniers temps… En Belgique, par exemple, les organisateurs d’une fête près d’Anvers ont envoyé un e-mail expliquant que le port du masque et les mesures de distanciation sociale n’y étaient pas obligatoires. Quelques semaines plus tard, Anvers votait un couvre-feu. À Paris aussi, d’étranges fêtes se sont tenues, et maintenant Paris voit à nouveau les cas de contaminations augmenter. Et oui, bien sûr, en Italie aussi le virus se propage de nouveau.

Nous avons tous envie de jouer, mais le fait de mixer à ces événements en tant que DJ internationaux de renom décrédibilise notre industrie aux yeux de ceux qui cherchent, pour une raison quelconque, à ne pas nous rendre les choses faciles.

J’ai vu un événement se tenir ici à Amsterdam, où l’ambiance était certes étrange mais où tout était bien fait, et d’autres clubs comme le Fuse ou le Kompass ont fait de leur mieux en ces temps étranges pour apporter un peu de bien-être dans ce contexte angoissant. En revanche, organiser des événements sans prévoir des conditions légales et adaptées est une entreprise égoïste, et par pitié, ne considérez pas ces événements comme des initiatives rebelles et légitimes. Pour citer Mike Ziemer : « Les raves underground dans les années 90 étaient la réponse d’un mouvement underground visant à mettre en avant la techno et la house music parce que les clubs traditionnels n’en voulaient pas, ce n’était pas une façon détournée d’organiser des événements en période de crise sanitaire mondiale. »

Bien sûr, il y a des incohérences dans toutes ces restrictions sanitaires et la situation peut paraître injuste, mais en organisant ces concerts, on donne des arguments aux autorités pour retarder encore plus le retour des événements. Aujourd’hui, même en nourrissant l’espoir pragmatique que, peut-être, de petits événements pourraient revenir cette année, je dois avouer que je commence à douter sérieusement qu’un grand festival puisse se tenir en Europe avant la fin de l’année prochaine. »

Dave Clarke.

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