Dans la boutique King of pop, tenue par le plus grand fan de Michael Jackson au monde

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Melchior Tersen
Le 09.06.2021, à 13h04
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©Melchior Tersen
Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Melchior Tersen
A côté du Rex Club, la petite enseigne rouge fait figure de modèle réduit. Sur sa devanture, les lettres «  King of Pop  » semblent avoir été écrites en papier mâché. Depuis onze ans, elles donnent le ton de ce petit magasin de prêt-à-porter décoré en hommage à Michael Jackson. Rencontre avec Simon Cohen, le maître des lieux. 

Propos recueillis par Maxime Jacob
Photographie : Melchior Tersen

À défaut de savoir faire le moonwalk, Simon Cohen fait les cent pas devant King of Pop, son temple miniature consacré à  Michael Jackson, sur les Grands Boulevards dans le IIe arrondissement de Paris. Située à quelques mètres du Rex Club, la petite enseigne rouge devant laquelle s’agite le commerçant, occupé à conclure on ne sait quelle affaire avec le tout-venant, ressemble à une caverne exiguë et sombre d’où s’échappe le refrain de «  Thriller  ». Des centaines de diamants de plastique scintillent de la vitrine jusqu’à l’arrière-boutique. Simon Cohen possède les lieux depuis trente-cinq ans. En 2008, un an avant le décès de la star, ce spécialiste du prêt-à-porter décide de revoir la décoration de sa boutique. «  Michael Jackson se lançait dans une tournée mondiale. Je me suis dit que c’était le moment. En plus, lui et moi, on est nés à six mois d’intervalle.  » Façon chambre d’ado, les murs de King of Pop se recouvrent alors peu à peu de photos de Michael Jackson.

Mais King of Pop n’est pas ce qu’on pourrait appeler un musée. Rien de ce qu’expose Simon Cohen n’a appartenu à Michael. «  Je n’aurais pas les moyens de proposer ce genre d’objets  », balaie le taulier en pointant une coupure de presse affichée dans la cabine d’essayage. «  La veste portée par Michael Jackson dans le clip de “Thriller” adjugée à 1,6 million d’euros.  » Certains clients ont pourtant pu s’y méprendre, à en croire les commentaires laissés sur TripAdvisor qui accusent le Parisien d’escroquerie. «  Je vends du prêt-à-porter des années 1980 et quelques t-shirts à l’effigie de Michael Jackson. C’est une boutique de vêtements que j’ai décorée pour rendre hommage à Michael, si vous préférez.  »

Les dernières années ont vu la réputation de la star américaine se ternir. Les accusations de pédophilie à son encontre, répétées en 2019 dans le documentaire Leaving Neverland, ont poussé de nombreuses personnes à travers le monde à boycotter l’artiste. «  Ça n’a pas vraiment eu d’effet sur les fans de Michael, relativise Simon Cohen. Je dirais même que j’ai reçu plus de clients après les révélations. Les fans ont très mal pris le fait que l’on s’en prenne à leur idole.  » Visite guidée du Neverland des Grands Boulevards.   

«  C’est moi qui ai fait tout ça. Tout est fait main, je scotche les diamants sur des vêtements que je récupère. Je fais des tenues qui ressemblent à celles de Michael, mais ce ne sont pas les siennes. J’essaie de faire comme je peux… D’ailleurs là, j’ai oublié de mettre le gant blanc. En gros, je prends une photo modèle et je travaille. Bon, parfois, je me loupe. Un costume comme ça, je peux mettre deux ou trois jours à le finir. Vous savez, ça fait quinze ans que je fais ça et bon, c’est moins dur que de piloter un avion.  » 

«  Toutes ces images, je les trouve dans des magazines. Je fais les vide-greniers, les brocantes. Je chine partout. Dans la plupart des magazines de cette époque, il y a Michael. Il n’y a plus de stars comme ça aujourd’hui. Michael a rencontré tous les présidents des États-Unis. Michael, il a même fait pleurer Bill Clinton.  » 

«  C’est un véritable téléphone des années 1980, en état de marche. C’est le même que celui de Colombo. Je l’ai pris parce que les années 1980, c’est Michael. J’ai profité des deux mois de confinement pour refaire la déco et le personnaliser. En deux mois, on peut refaire un immeuble, hein. C’est joli, je trouve. Avant, le magasin était pareil, mais en moins bien.  » 

«  Je vends des articles vintage. Mais aussi quelques t-shirts de Michael. Je me souviens qu’une fois le Rex accueillait une soirée de sosies d’Elvis Presley. Des centaines de fans ont envahi le boulevard. Il y avait des sosies partout. Quand ils ont vu ma boutique, ils se sont précipités sur les t-shirts. J’avais trente fans d’Elvis dans la boutique qui prenaient tout en photo. Ils achetaient des vêtements pour toute leur famille. Un fan d’Elvis arrive en caisse, alors j’en profite pour lui demander  : “Mais pourquoi vous achetez des t-shirts dans une boutique sur Michael Jackson alors que vous êtes fan d’Elvis  ?” Il m’a répondu  : “Michael a marié la fille d’Elvis. Il est de la famille.” Michael, c’est le gendre de leur idole. Ça ne va pas plus loin que ça.  » 

«  Les pièces de collectionneurs, ça vaut une fortune. Je n’ai pas les moyens d’acheter ça. Rien qu’un gant, c’est 350  000 euros. J’ai quand même un faux blouson rouge qu’un danseur du Cirque du Soleil m’a donné. Il m’a dit  : “Je vous le prête.” Ça fait trois ans maintenant, et il n’est jamais revenu.  » 

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