Culture : les mythiques fêtes parisiennes s’exposent gratuitement à l’Hôtel de Ville

Écrit par Maud Gautier
Le 07.12.2017, à 16h27
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©Philippe Hervaut
Écrit par Maud Gautier
Lorsque l’on parle de vie nocturne parisienne chez Trax, les clubs Rex ou Concrete ne sont jamais bien loin… Mais à quoi ressemblaient les nuits de la Ville lumière à l’époque de Louis XIV ? L’exposition « Les Nuits Parisiennes du Palais-Royal au Palace », qui se tient jusqu’au 27 janvier prochain à l’Hôtel de Ville à Paris, rassemble plus de 300 oeuvres et photographies qui retracent plus de deux siècles de fêtes dans la capitale. Flashback.

Après avoir poussé les portes de l’imposant bâtiment, on se retrouve d’abord face à une grande carte de la capitale où plusieurs points lumineux représentent les lieux en vogue de Paris à travers différentes époques. Comme point de départ, l’exposition évoque l’arrivée de la lumière électrique au XVIIIe et son importance dans l’effervescence de la vie nocturne. Petit à petit, l’on voit alors arriver les premiers transports de nuits, ainsi que les travailleurs nocturnes, qui seraient aujourd’hui près de 600 000.

On découvre que les véritables nuits parisiennes naissent à l’époque du Palais-Royal, qui fut pendant une quarantaine d’années un lieu privilégié de la fête dans la capitale. Au XIXe et XXe siècle, la fête parisienne est à son apogée. Il faut voir et être vu. Dépassant les bals, le Moulin Rouge et les années Montparnasse du Paris Bohème, l’exposition se plonge également dans les années 50, une période où les soirées se démocratisent. Riches ou pauvres, Français ou étrangers se réunissent pour faire la fête. Le quartier de Saint-Germain-des-Prés devient le lieu le plus à la mode des nuits parisiennes. Une époque illustrée au travers des photographies emblématiques de Robert Doisneau prises dans la cave du club de jazz « Le Tabou ». 

Et comment parler de nuit sans parler de discothèques ? Les premiers clubs apparaissent également dans les années 1950 sous l’impulsion de Paul Pacini qui fonde le Whisky à gogo en 1947. La « révolution du vinyle » survient à la même époque, et les premiers disques commercialisés l’année suivante offrent une supériorité acoustique et technique sur le 78 tours qui plaisent immédiatement. Une série de « dancings sans orchestre » apparait, comme la Locomotive, futur club prisé qui changera de nom pour devenir la Machine du Moulin Rouge. Une période au cours de laquelle Régine Zylberberg créera les plus belles discothèques, tout en amenant le concept des « nightclubbing » d’aujourd’hui.

Les « années Palace », dont vous parleront avec des yeux étincelants tous les briscards de la fête, ont elles aussi leur place dans le parcours. Dans les 80’s, ce club fondé par Fabrice Emaer est considéré comme le haut lieu des soirées parisiennes. Jeunes et moins jeunes viennent s’essouffler dans cette discothèque pensée comme un décor d’opéra. Le palace à un côté transgressif (la consommation de drogue y est répandue), extravagant et démesuré : les soirées y sont plus folles les unes que les autres. Une fête de cinq ans qui se finira tragiquement par la mort de Emaer en 1983. 

Recul critique oblige, l’exposition se plonge moins dans les années qui suivront. Si elle note que les Parisiens ont tendance à sortir et faire la fête dans la rue, et pointe le succès des quartiers comme Oberkampf dans le XIe, elle reste timide sur l’effervescence inédite de la scène électronique actuelle, amorcée dans les années 90. Gageons qu’il s’agit là d’une histoire qui s’écrit encore au présent, alors que la capitale compte aujourd’hui 150 clubs et près de 13 000 cafés. 

L’exposition « Les Nuits Parisiennes du Palais-Royal au Palace » se déroule du 25 novembre au 27 janvier 2018 à l’Hôtel de Ville. Elle est gratuite et ouverte de 10h à 18h30 du lundi au samedi. 

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