Covid-19 : à quoi ressemblait le concert expérience de 4 000 personnes en Allemagne ?

Écrit par Sarah Pince
Photo de couverture : ©D.R.
Le 25.08.2020, à 12h28
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Écrit par Sarah Pince
Photo de couverture : ©D.R.
A l’heure où les professionnels de la musique sont dans l’incertitude face aux mesures sanitaires liées au Covid-19, l’Allemagne fait avancer la recherche et tente de trouver des solutions face à l’interdiction des grands rassemblements jusqu’à fin octobre. En juillet dernier, le pays annonçait une expérience de mise en situation dans une salle de concert pour étudier la transmission du virus dans un lieu clos. C’est dans une ambiance très particulière que s’est tenue ce concert expérience, ce samedi 22 août à la Leipzig Arena.

L’expérience grandeur nature, intitulée Restart-19 et initiée par le centre de médecine universitaire de Halle, devait rassembler quelques 4200 spectateurs volontaires – ils étaient finalement autour de 2000 – pour assister à la prestation du chanteur pop allemand Tim Bendzko à la Leipzig Arena.

Les cobayes, âgés de 18 à 50 ans, étaient testés négativement dans les 48 heures précédant l’événement. Le chanteur a donné trois concerts dans différentes configurations dans le but d’identifier l’organisation qui minimiserait les risques de contamination : la première simulant un événement normal dans les conditions de pandémie, la seconde impliquant la distanciation physique et l’utilisation de gel, et une troisième avec un public moins nombreux et une distanciation de 1,5 mètre entre chaque spectateur·trice.

Le protocole est simple : les participant·e·s portaient chacun un masque FFP2 ainsi qu’un appareil qui retrace tous leurs déplacements. Par ailleurs, ils devaient s’appliquer régulièrement du gel hydroalcoolique fluorescent pour permettre aux chercheurs·euses d’identifier les potentielles surfaces de transmission du virus. L’université devait également mesurer les trajectoires des aérosols exhalés, des particules qui participeraient à la diffusion du virus dans l’air.

Le gouvernement allemand, conscient de la nécessité d’apporter des solutions pour l’industrie, a financé l’expérience à hauteur de 990 000 euros. « La pandémie de coronavirus paralyse l’industrie de l’événementiel », a expliqué le ministre de l’Économie et de la Science du Land Saxe-Anhalt avant le début du spectacle. « Tant qu’il y a un risque de transmission, les grands concerts et les événements sportifs ne peuvent pas avoir lieu. C’est pourquoi il est important de trouver des conditions techniques et l’organisation qui puisse réduire efficacement les risques. »

Les chercheurs·euses prévoient de publier les résultats à l’automne. Les données collectées seront utilisées pour déterminer un modèle mathématique qui évaluera les risques de propagation dans une grande salle de concerts. Des résultats attendus avec impatience par les acteurs et actrices du secteur, alors qu’en France et en Allemagne, les grands rassemblements restent interdits jusqu’à fin octobre face à la recrudescence de nouveaux cas dans les deux pays.

Cette expérience pourra, peut-être, apporter des clés qui permettront de remettre la machine de la musique live en marche.

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