Courir en musique améliore-t-il réellement nos performances ?

Écrit par Clarisse Prevost
Le 24.10.2022, à 16h13
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Écrit par Clarisse Prevost
Pour de nombreux coureurs ponctuels, réguliers ou professionnels, écouter de la musique semble essentiel. Pour que celle-ci soutienne la performance, il faudrait que son BPM soit suffisamment élevé pour s’accorder au rythme de l’effort, adapté à l’étape de l’exercice. Enfin, qu’elle plaise à celui qui l’écoute.

De nos jours, il n’est pas rare de remarquer qu’une bonne partie des individus que l’on croise – dans les rues, transports et commerces – ont des écouteurs vissés dans les oreilles. Lorsqu’il s’agit de faire du sport, la musique encore une fois est de mise, qu’elle se pratique dans les salles ou seul, chez soi et en extérieur. La pratique de la course ne fait pas exception et l’accompagner en musique semble être devenu la norme, comme l’atteste l’immense quantité de playlists brandées “motivation” et “workout”. La question est donc la suivante : le fait d’écouter de la musique en courant est-il réellement une bonne idée ?

The Frontiers in Psychology – célèbre revue universitaire – affirme que le coureur audiophile verrait son exercice facilité par la musique. Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs basés en Italie et en Croatie ont évalué la fréquence cardiaque et le taux d’effort perçu (RPE : Rating of Perceived Exertion) selon des exercices de haute intensité et des exercices d’endurance avec quatre configurations différentes : La première, sans musique. La deuxième, avec une musique à un BPM allant de 90 à 110. La troisième avec un BPM de 130 à 150. Enfin, une quatrième avec un BPM oscillant entre 170-190. Dans chaque scénario, la fréquence cardiaque et le taux d’effort perçu (RPE) ont été évalués. Ils découvrent alors que plus le tempo musical est élevé, plus l’endurance de ses expérimentateurs l’était aussi. Leur perception de la difficulté, elle, augmentait lorsque le BPM était plus lent.

Les chercheurs ont finalement expliqué que lorsque nous travaillons notre endurance, le cerveau est plus sensible aux stimuli extérieurs. L’écoute de la musique faisant intervenir les zones corticales et sous-corticales du cerveau, elle s’approprie toute l’attention d’un individu qui ne peut alors l’ignorer. C’est alors à la musique que nous pensons et non plus à l’effort et à la douleur, lesquels se voient en conséquence supportés et prolongés. Un autre facteur qui renforcerait la performance n’est autre que l’endorphine libérée par l’effet de la musique sur le cerveau. En effet, se faire une playlists de tracks qu’on apprécie pour les jouer lors d’un effort stimulerait les neurotransmetteurs – la dopamine et la sérotonine. Prenant alors plus de plaisir, on aurait tendance à continuer l’activité malgré la fatigue qu’elle engendre. Il est cependant nécessaire de rappeler que l’écoute de musique en courant reste dangereux, ne permettant plus d’être attentif au monde qui nous entoure.

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