Comment l’INASOUND festival fait le lien entre pères fondateurs et nouveaux talents de l’électronique

Écrit par Trax Magazine
Le 03.04.2019, à 10h37
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Écrit par Trax Magazine
Quelle idée relie l’avant-garde musicale de Pierre Schaeffer, qui fonda le Groupe de recherches musicales (GRM) en 1958 (intégré à l’Institut national de l’audiovisuel depuis 1975) et les musiques électroniques d’aujourd’hui et de demain ? C’est à cette question que veut répondre Inasound, le premier festival dédié aux cultures électroniques de l’INA, nous explique Bertrand Maire, directeur adjoint de la communication de l’institution publique et concepteur du festival, aux côtés de Jean-Michel Jarre. L’Inasound aura lieu les 20 et 21 avril prochains au Palais Brongniart.

Cette tribune est initialement parue dans le numéro 215 de Trax Magazine.

Par Bertrand Maire

Les musiques électroniques sont étroitement inscrites dans l’ADN de l’INA, au-delà de son activité d’archivage du patrimoine audiovisuel français. Le groupe de recherches musicales (INA GRM) fondé par Pierre Schaeffer est en effet aux sources de la musique électronique dans le monde. La production de concerts et d’outils de création sonore a par ailleurs toujours fait partie de l’institution. Quand je suis arrivé à l’INA, je me suis pourtant aperçu qu’à aucun moment le lien n’avait été fait entre les pères fondateurs et les nouveaux acteurs de la scène électronique. Je fais partie de cette génération bercée par la French Touch, Laurent Garnier, et bien d’autres. J’ai d’abord voulu initier un rapprochement entre le duo Air et INA GRM. De cette première collaboration, où ces enfants du GRM que sont Air rencontraient les fondateurs, a jailli de nouvelles idées, de nouvelles intentions. C’est alors qu’a été imaginé Inasound.

À une période où l’audiovisuel public se réinvente, ce nouveau festival est pour l’INA une façon de conforter ce lien avec ses origines. Les musiques électroniques font partie de notre capital, et leur influence dans notre quotidien est partout. C’est ce que nous voulons mettre en avant, en revenant à notre mission de pédagogie et de transmission du son, à notre vocation aussi vis-à-vis de la jeunesse. Comment on fabrique un son ? Comment on le produit ? Comment on l’harmonise ? Comment l’image et le son sont liés ? Comment la musique électronique influence les autres arts et artistes ? C’est ce qu’on tentera de présenter à l’occasion d’Inasound.

Nous voulons construire avec notre partenaire le Palais Brongniart, où aura lieu le festival, un village des musiques électroniques où se traduiront toutes ces influences. Dans l’auditorium, des masterclass avec des personnalités de la musique électronique comme NSDOS, Matt Black (COLDCUT) et Jean Michel Jarre, qui expliqueront ce qui les nourrit dans leur créativité, et comment ils voient le futur. Ailleurs, on discute consommation de la musique électronique en radio, on s’initie au DJing ou l’on rencontre les jeunes entreprises de l’électro. Un « jardin musical », l’Acousmonium, invite le public à une expérience d’écoute pure couplée avec la réalité virtuelle, et un hackathon accueille des artistes pour 48 heures de challenge créatif et de production dans un studio éphémère. Le dimanche, les familles pourront profiter de 10h à 16h d’ateliers pour enfants de 5 à 14 ans, proposés par Playtronica et Longevity Music School, et d’un brunch mis en musique par Edouard Rostand et Prieur de la Marne. Sans oublier les live d’Arnaud Rebotini, Molecule, HAUTE, Plaid ou Sara Zinger, un ciné-concert de Jean-Benoît Dunckel du duo Air et la performance entre musique électronique et recherche expérimentale de NSDOS. Avant la projection du documentaire Beatbox, boom bap autour du monde, l’INA et Mouv proposeront leur interprétation du dialogue entre musique électronique et rap avec une performance inédite sur scène : la beatboxeuse Tressym pour une séquence live d’ “électro artisanale” suivie de Saro, champion du monde loopstation, et de La Caution.

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L’engagement de l’INA vers les musiques électroniques va se poursuivre. Le festival est l’événement fondateur d’autres initiatives qui s’appuieront sur toutes les ressources de l’INA. Car tant de nouvelles musiques s’inventent, de nouveaux outils pour aller toujours plus loin dans la manipulation du son et dans la création. C’est par exemple ce qui nous amène à réfléchir avec INA GRM aux côtés de Dassault Systèmes, à leur projet en réalité virtuelle au cœur des pyramides, où nous utiliserons la musique électronique pour reproduire les conditions sonores de l’intérieur d’une pyramide il y a 4 000 ans. Nicolas Godin, du groupe Air, qui a toujours été très inspiré par l’architecture, a par exemple capté le son à l’intérieur de la pyramide et débuté un travail avec cette résonance si spécifique. L’idée est de créer tous ensemble une expérience immersive et sensorielle totale d’image et de son, dans un espace à la Cité de l’architecture qui ouvre en mai. Un témoignage patrimonial global qui pourrait aussi inspirer une collaboration sur les monuments français.
 
L’Institut national de l’audiovisuel (INA) lance le festival Inasound, l’expérience musicale et numérique dédiée aux cultures électroniques, les 20 et 21 avril au Palais Brongniart. Informations et programmation sur le site inasound.fr.

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