Comment le VJing est en train de révolutionner le live électronique

Écrit par Erwan Lecoup
Photo de couverture : ©Valou_C
Le 16.10.2019, à 18h02
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©Valou_C
Écrit par Erwan Lecoup
Photo de couverture : ©Valou_C
Cette semaine, Trax est allé poser des questions aux VJs qui s’occuperont de faire vivre les scénographies du festival Dream Nation aux Docks de Paris, du vendredi 20 au dimanche 22 septembreFEMURL’Octopus et Rabbit Killerz nous expliquent leur vision de cette discipline en constante évolution.

Le festival de musique électronique Dream Nation est de retour à Paris, du vendredi 20 au dimanche 22 septembre. Une sixième édition où 7 VJ’s vont se relayer durant les 3 jours aux Docks de Paris, sur les différentes scènes et styles de musiques électroniques.

Pour l’occasion, Trax est allé posé quelques questions à 3 d’entre eux, FEMUR (stage techno), L’Octopus (stage hardcore) et Rabbit Killerz (stage bass music) afin d’en savoir un peu plus sur l’évolution fulgurante du VJing à travers les visuels et mapping 3D mis en place dans les événements actuels. Une chose est sûre, les scénographies prévues pour l’occasion promettent de faire voyager les 18 000 ravers attendus tout au long du week-end, dans différents décors aux allures futuristes et oniriques.

Surprise du chef, 40 pass 3 jours sont offerts grâce au partenariat avec le festival, en s’abonnant pour 1 an à Trax Magazine (2 places par abonnement). Plus d’informations directement sur le Store de Trax.

Comment vous êtes-vous retrouvés à travailler avec Dream Nation ?

FEMUR : À vrai dire FEMUR a été créé en partie là-bas, il y 5 ans avec Valerick, la partie DJ du duo FEMUR AV. Et depuis on y est allé tous les ans, c’est un peu le rendez-vous pour nous. Au fur et à mesure des années on a commencé à se rapprocher de l’organisation jusqu’à cette année où ils m’ont proposé de jouer en VJ all night long sur la scène techno. Et en plus mon binôme DJ est booké pour l’after en tant que Balagan, notre side project avec Tommy Vaudcrane, donc la boucle est bouclée !

L’Octopus : L’aventure avec Dream Nation à commencé il y a 4 ans pour nous. Nous avions créé une scénographie pour festival Reperkusound à Lyon et Déborah avait flashé dessus. Nous étions venus l’installer et cela avait été un vrai plaisir ! Aussi bien dans la collaboration avec les équipes de prod et technique du festival, que dans le partage de l’expérience avec les artistes et le public. De par sa programmation très éclectique à travers ses 4 scènes le Dream Nation fédère un public très varié, de l’aficionado pointu au néophyte qui profitent de pouvoir venir dans ce temple des musiques électroniques pour découvrir. On se retrouve donc avec un public très mixte en goût, en âge, en origine. Quand tout ce monde rentre en ébullition devant un artiste et que la scénographie vient placer tout ce monde dans un décor et une ambiance particulière on se retrouve avec des vibes qui nous submergent tous ! Artistes, public, vidéastes, lighteux, techniciens. Ce sont ces moments précieux, propres au spectacle vivant qui nous motive dans notre métier et le Dream Nation est le lieu par excellence pour pousser ces moments à leur paroxysme.

Rabbit Killerz : De rencontre en rencontre, au cours d’un VJ set au Dock de Marseille nous avons rencontrés Déboh… Il y a eu un bon feeling, on s’est retrouvé pour une scéno sur une Heretik à Toulouse, une Blackout à Marseille puis enfin au Dream Nation de 2015 pour la scéno de la room bass music !

On voit de plus en plus de VJ’s pendant les lives. Selon vous, qu’est ce que cela apporte aux lives en général et au festival Dream Nation particulièrement ?

FEMUR : C’est indéniable que le VJ aura une place croissante dans ce genre d’événement. De plus en plus de projets audiovisuels voient le jour (I Hate Models et VJ Rien / le projet Luxor avec Antigone & Shlomo et Malo Lacroix / Manu Le Malin avec Pierre Lfnc & Dylan Cote…). Ce qui encourage les orgas à mettre en place des dispositifs vidéo. Le mood de la soirée peut vraiment changer du tout au tout avec un bon setup, faire évoluer l’ambiance avec le son et l’image. En fait, plus généralement, je pense qu’il y a un cercle vertueux dans le VJing où des artistes ont ouvert la voie, inspiré des jeunes à bidouiller des vidéos, des orgas les ont mis en avant et maintenant le public s’y intéresse, etc. Pour moi Dream Nation fait office d’exemple pour tous les orgas de soirée, depuis 5 ans que j’y vais les scéno et VJing sont toujours plus fous !

L’Octopus : Je pense que la musique électronique a déjà modifié notre manière de vivre un concert comparativement rock / rap / variété, etc. On retrouve bien souvent un artiste seul sur scène derrière son deck, là où nous avions tout un groupe sur scène. Il n’y a plus de coupure entre les artistes pour des changements de plateau, et on retrouve 10 artistes qui s’enchaînent ! Le public est là pour 10 heures de son ininterrompu.. C’est le cadre parfait pour venir construire un décor, un univers et plonger le public et les artistes dans une ambiance coupée du monde réel, pour partir dans un voyage onirique. Chez L’Octopus, notre fer de lance a été de faire les créations en rassemblant décorateurs, vidéastes, éclairagistes, machinistes et développeurs ! Réfléchir ensemble aux interactions que peuvent avoir nos corps de métier, quel échange ont peut créer entre son / lumière / vidéo / décor. Comment mettre en place ce décor de théâtre et comment dérouler une histoire sur la soirée, ne pas tout dévoiler d’un coup au public, les nourrir petit à petit au fur et à mesure de la soirée ! Avec l’artiste en chef d’orchestre de tout ce balai visuel, vidéaste et lighteux vont caler leurs envies et leurs créations sur leur live, les faire évoluer et vivre avec eux ! Tout cela crée une synergie qui nous fait faire abstraction du monde extérieur avec le public en catalyseur de toute cette énergie. 

Rabbit Killerz : Un peu plus de dream… haha

Que pourrons-nous voir sur la scène où vous êtes présent cette année ?

FEMUR – stage techno : Pour ma part, presque tous mes visus ont été réfléchis dans le cadre de notre performance audiovisuelle avec FEMUR AV. Donc c’est un délire très binaire, à la fois très smooth et contemplatif et par moment imbitable et stroboscopique. Après il y a des thématiques générales qui reviennent souvent, l’abstraction en mode optical art, le figuratif 3D d’une Air Max ou des questions de société.

L’Octopus – stage hardcore : Nous revenons cette année, avec un élément revisité de notre première venue il y a 4 ans sur la scène bass music ! Une porte des étoiles de 6m50 de large pour 4m50 de haut, le tout largement agrémenté de lumière et de vidéo !

Comment avez-vous procédé pour élaborer la scénographie ?

FEMUR : Je bosse beaucoup en scéno quand je fais du VJing, mais dans ce cas-là c’est Dream Nation et leur team qui ont tout géré, et ça va être une sacrée scéno ! Sans spoiler ce sera un set up minimal mais qui fera disparaître visuellement toute la salle autour.

L’Octopus : Cette année c’est Déborah qui a été au design global des scènes avec ses équipes. Elle a choisi les décors, créé l’implantation vidéo avec Pierre Marinier, puis c’est Yann Champelovier et Antoine Benner qui ont été à la création de l’implantation lumière. Nous sommes arrivés dans un second temps pour réaliser le décor voulu, faire la création vidéo en fonction des directives artistiques du festival et imaginer un show lumière à partir des plans de feux lumière. C’est extrêmement stimulant comme configuration, nous venons exploiter une configuration créée par des gens que nous connaissons bien et que nous apprécions artistiquement. Et nous avons la chance de venir l’exploité en équipe, l’éclairagiste qui pupitre sur la scène travaille à l’année et tourne avec les vidéastes en charge du VJing. C’est à nous de nous approprier la création, de mettre notre patte dessus tout en respectant leur volonté artistique.

Rabbit Killerz : C’est la team Dream Nation qui a géré le design cette année, on vient poser le mapping et le live visuel, on a hâte !

En quoi chaque scénographie se lie avec les lives / scènes ?

FEMUR : C’est très difficile de répondre à cette question lorsque l’on n’a pas bossé sur la scéno au préalable, mais dans ce cas-là ce n’est pas vraiment important. Parfois la scénographie est complexe et a une thématique précise, dans ces cas là le VJ prévoit un contenu adapté et doit le caler parfaitement sur la scéno. Dans notre cas on est plus sur un support assez abstrait pour pouvoir contenir et raconter ce que l’on veut, ce qui permet à un VJ de vraiment jouer ce qu’il veut !

L’Octopus : Un concept qui nous est cher est l’interactivité ! Toutes nos créations vidéo et lumière réagissent et modulent en fonction du son.  Nous avons une somme de paramètre qui est à la charge des pupitreurs, mais toute une seconde partie qui est directement pilotée par le son ! L’artiste devient malgré lui acteur du show. Comme je le disais plus haut, c’est cette émulsion globale qui est importante pour nous ! Chacun a sa patte qui va influencer l’autre et être influencée par l’autre.

Rabbit Killerz : En général les gens viennent pour le son, mais la scéno amène le supplément ! Le supplément d’ambiance, de trance visuelle, d’énergie… Beaucoup de lieux ou de scènes seraient tristes sans déco…

Toutes les informations sont à retrouver sur la page Facebook de l’événement.

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