Comment le synthé Yamaha DX7 a révolutionné la musique des 80’s

Écrit par Trax Magazine
Le 20.12.2016, à 20h35
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Écrit par Trax Magazine
Chaque mois, Trax et Star’s Music vont font découvrir une machine qui a révolutionné la musique électronique. Cette fois, on vous présente le premier synthétiseur numérique, le Yamaha DX7, standard emblématique des 80’s. Par Arnaud Wyart

Le début des années 80. Après une décennie sous le règne de l’analogique, les producteurs et musiciens attendent la prochaine révolution. Elle arrive en 1983 avec le Yamaha DX7 et la synthèse FM. Son principal intérêt ? Grâce à des algorithmes, la FM est en mesure de générer une multitude de sons (inédits, qui plus est) avec une grande précision. Pourtant, cette dernière existe depuis un petit moment. En 1973, son inventeur, un certain John Chowing, professeur à l’université de Stanford, dépose même un brevet. Pourtant, aucun constructeur ne souhaite investir dans cette approche de la synthèse. Les circuits numériques – indispensables pour la FM – sont encore trop chers à développer. Heureusement, une bande d’ingénieurs japonais se passionnent pour ce principe. Ils parviennent même à convaincre la division claviers de Yamaha. Celle-ci se lance alors dans la conception de prototypes et dépose à son tour un brevet, cette fois pour garder l’exclusivité de la synthèse FM pendant dix ans.  

La révolution pop FM

Après quelques essais, Yamaha lance finalement ce DX7 qui va changer la musique. C’est un succès. Pas un producteur des années 80 ne passera à côté de la machine (qui s’écoulera à près de 200 000 exemplaires). Il faut dire que celle-ci a tout pour les séduire. 16 voies de polyphonie, vélocité et clavier aftertouch, connectiques MIDI (avant même l’officialisation de la norme)… Le DX7 n’a rien à voir avec ce que l’on trouve alors sur le marché. Pour la première fois, il est possible de créer des sons clairs, métalliques et en même d’une grande richesse musicale. Malgré une interface austère et une programmation ardue des 6 opérateurs, les sons du DX7 (basses, percussions et bien entendu pianos électriques) deviennent rapidement les standards des années 80. À ce titre, Private Dancer de Tina Turner est une démonstration de la puissance du synthétiseur digital. On retrouve également ses basses – désormais classiques – sur Another Part of Me de Michael Jackson, ou Hunting High And Low de A-Ha (le fameux preset BASS 1). Le DX7 inonde les bacs : les albums No Jacket Required de Phil Collins (sur lequel on retrouve également la TR-808 de Roland), ou Head on the Floor de The Cure. Mais on pourrait citer David Bowie, Stevie Wonder, Sun Ra, les Commodores, Wham!, Sting, Madonna, la liste est longue. Et la France n’a pas échappé à la déferlante. Notre homme à tubes, Jean-Jacques Goldman, a pas mal utilisé le DX7, aussi bien sur scène qu’en studio (notamment la basse du titre Je marche seul). Alors que les Michel, Polnareff et Jonasz, appréciaient ses percussions (les albums Kâmâ Sutrâ et En concert au Palais des Sports de Paris,notamment).

L’ère post-DX7

Plus intéressants musicalement, les artistes électroniques des 80’s ont largement participé au phénomène FM – et influencé nombre de producteurs contemporains : de Brian Eno aux Beastie Boys en passant par Jean-Michel Jarre, Vangelis, Tangerine Dream, Kraftwerk, Front 242 ou Depeche Mode, beaucoup ont tripoté la synthèse digitale. Pourtant, l’aventure du DX7 prend fin en 1986 et Roland met un terme au monopole de Yamaha avec la sortie du D-50. D’autres modèles – améliorés – suivront (DX7-II 16 bits, DX27, DX100, DX9, etc.), avant que Yamaha ne lance la série SY dans les années 90. Plus tard, en 2001, le constructeur dévoile deux nouvelles machines intégrant un moteur de synthèse FM (le rack FS1-R et le boîtier Loop Factory DX200). À la fin des années 00, le son FM profite d’un nouvel engouement, soutenu par l’émergence d’artistes fans du DX7 : MGMT, par exemple, mais surtout le Parisien Kavinsky (Nightcall, produit par Guy-Man des Daft Punk), adorateur de l’esthétique et du son métallique 80’s. Pour répondre à la demande, Native Instruments lance une version dématérialisée du DX7 en 2012. Baptisé FM7 (puis FM8), le plugin et ses 32 bits sont d’une rare efficacité. Enfin, pour l’anecdote, sachez que depuis 2007, le DX7 est à l’honneur via le personnage humanoïde japonais Hatsune Miku – dont le costume reprend les détails du synthétiseur lors de concerts futuristes, à base d’hologrammes. La boucle FM est bouclée.

YAMAHA REFACE DX

À l’instar de la série Boutique initiée par Roland, les modèles Reface sont des rééditions miniaturisées de célèbres machines vintage signées Yamaha. Le DX, vous l’aurez compris, reprend les atouts du DX7 (synthèse FM à 4 opérateurs, feedback réglable sur chaque opérateur, multi-effets, etc.), tout en ajoutant de nouvelles fonctionnalités (looper, technologie Bass Reflex…), des haut-parleurs, un port USB, etc.. Totalement autonome, le DX peut également être alimenté avec des piles. Branchez votre casque et c’est parti. Prix : 399 €.

Le DX7 en 10 albums :

Vangelis – Direct (1988) – The motion of Stars

Michael Jackson – Bad (1987) – Bad

Serge Gainsbourg – You’re Under Arrest (1987)

Queen – A Kind of Magic (1986)

Jean-Jacques Goldman – Non homologué (1985) – Je marche seul

Phil Collins – No Jacket Required (1985) – Sussudio

A-Ha – Hunting High and Low (1985)

The Cure – Head on the Floor (1985) – In Between Days

Depeche Mode – Some Great Reward (1984) – Lie To Me

Tina Turner – Private Dance (1984)

Pour obtenir les caractéristiques techniques de ces machines, rendez-vous sur stars-music.fr

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