Comment le collectif Southfrap Alliance veut mettre le Grand Sud sur la carte du hardcore

Écrit par Alexis Tytelman
Photo de couverture : ©Marion Magda
Le 14.03.2019, à 13h41
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©Marion Magda
Écrit par Alexis Tytelman
Photo de couverture : ©Marion Magda
Toujours plus fort, toujours plus saturé, le collectif SouthFrap Alliance emmené par Bogoss Lacoste et DJ 13NRV entreprend de fédérer la scène frapcore du Sud de la France. C’est en partie chose faite avec une compilation toute en puissance sortie ce mercredi 13 mars. Pour célébrer cette première sortie et avoir un aperçu de leur univers énervé , il fallait se rendre à Marseille le 2 mars dernier pour la release party organisée au bien-nommé Molotov. En guise d’annonce : « On va encore tout brûler » , écrit en majuscules.

Dans le sillage de Casual GabberzSouthfrap Alliance marque le coup avec la sortie d’une première compilation rassemblant les nouveaux acteurs d’un mouvement en pleine effervescence, le frapcore – ce savant mélange de hardcore dopé aux hormones et de samples de rap français. « Envahir tout le Sud de Bordeaux jusqu’à Nice », tel est le mot d’ordre de Bogoss Lacoste, fondateur du collectif et auteur du premier morceau de la compilation, inspiré par l’historique « Gloire à l’art de rue » de Fonky Family. Pour Trax, il a accepté de raconter la genèse et l’esprit du projet.

« On en avait marre qu’il ne se passe rien alors on a pris les rênes », explique cet habitué du Molotov, un lieu qui a été le premier à accueillir les artistes de la scène frapcore phocéenne en construction. Constatant l’absence d’événements et de labels dédiés au frapcore, il tente de rassembler ses aficionados avec son ami DJ 13NRV, membre de Metaphore Collectif, et Nidhogg. « J’ai l’impression que la scène commence à bouger et que de plus en plus de gens se mettent à faire du frapcore dans toute la France », remarque t-il, déplorant que beaucoup de teufeurs marseillais considèrent encore le style comme « trop mainstream », lui préférant la psytrance ou l’acidcore. 

Pour lui, l’objectif de Southfrap est à la fois de populariser le genre et de rompre ces barrières entres les styles. Le 2 mars dernier marquait ainsi l’acte de naissance de l’alliance avec une release party organisée au Molotov pour fêter la sortie d’une première compilation sobrement intitulée Dans Tes Morts, dont les morceaux sans concession font le lien entre rap, footwork, drum’n’bass, reggaeton et musique arabe à grands coups de kicks distordus et de synthétiseurs dignes de la B.O de Need For Speed. En témoigne l’edit de “L’école du Micro d’Argent” de IAM, signé Seul ensemble, véritable hymne speed-jungle ponctué par des couplets de Shurik’n passés à la moulinette d’un effet flanger agressif. Par contraste, le morceau de NIDHOGG, ” AH OUI OUI OUI” reprend les parties vocales du morceau culte des marseillais de Guirri Mafia sur un rythme soutenu.

L’esprit Southfrap, confie t-il, réside également dans le mélange des publics rap, hardcore et queer« On veut pas jouer dans des clubs où les pintes sont à 8 euros et où il n’y a que des blancs qui écoutent de la tech house ou du funk », s’exclame t-il en caricaturant à dessein. Revendiquant cet esprit underground, il cite en exemple ses liens avec Paillettes, un collectif « queercore », marseillais dont la marque de fabrique est le mélange des sonorités hardcore et d’une électro-pop abordant des thématiques queer.

Concentré sur le développement du mouvement dans le Sud, le collectif n’en oublie pas moins le reste du pays. Lors du festival Le Bon Air, Dj 13NRV partageait notamment la scène avec la parisienne Sentimental Rave.

Concernant le second volume de la compilation, à paraître prochainement, « ce sera dans tes morts », conclue t-il en riant. En attendant, le premier volume est à écouter ici.

Photo par Marion Magda.

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