C’est quoi la new beat ? 6 tracks qui résument le genre le plus éphémère de Belgique

Écrit par Maxime Jacob
Le 22.11.2019, à 11h38
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Écrit par Maxime Jacob
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Geert Sermon, le boss du disquaire Doctor Vinyl, a co-scénarisé le documentaire The Sound Of Belgium. On lui a demandé de nous résumer la new beat en six morceaux.

La new beat est peut-être le genre musical dont la durée de vie aura été la plus courte. La légende veut d’ailleurs que sa création en 1986 soit le fruit d’une erreur : un DJ, probablement Marc Grouls, a un soir lancé le titre “Flesh” du groupe EBM A Split – Second à une vitesse anormalement lente sur sa platine. Succès immédiat… et éphémère : en 1989, la new beat, mélange d’EBM, d’indus et de house ralentie se fond dans la dance music en se conformant aux canons de la musique de masse. « La new beat, ça n’est pas simplement de la musique ralentie », sourit Geert Sermon, derrière son comptoir. Disquaire chez Doctor Vinyl, intarrissable sur le sujet, il a co scénarisé The Sound Of Belgium, le documentaire de référence sur le mouvement. Trax lui a demandé de sélectionner six titres de new beat qui ont marqué l’histoire.

1.L&O – Even Now
(Target Records – 1988)

Ce morceau est un classique du Boccaccio Life, le club de Gand. La new beat n’a pas été inventée là-bas, mais c’est au Boccaccio que le genre s’est vraiment affiné et démarqué. Petit à petit, le lieu s’est imposé comme l’endroit où l’on pouvait écouter ce genre de musique. En Belgique, on n’a jamais pu concurrencer le marché français ou néerlandais à cause de la langue. C’était très difficile d’affirmer une identité belge avec des paroles. Alors quand la musique électronique sans paroles est arrivée, on a saisi l’occasion et on est devenu très bons. C’est un peu l’identité des aliens qu’on s’est approprié.

2.JC’s Project – Andromedia
(Miaw – 1988)

Ce titre n’a pas eu de succès à l’époque. Je l’ai exhumé dans ma compilation The Sound of Belgium. Il explique bien l’état d’esprit new beat : les DJ belges importaient des disques américains dont personne ne voulait à part eux. On n’a jamais été bons pour le commerce, mais on a toujours eu un don pour repérer des choses dans la musique que les autres ne voyaient pas. Les disques sans valeur arrivaient par centaines et il fallait fouiner des heures durant pour trouver son bonheur. Ce qui a fait que la culture musicale belge s’est construite sur des morceaux qui étaient passés totalement inaperçus ailleurs. C’est ça la new beat : la curiosité, un côté expérimental et un état d’esprit d’ouverture typiquement belge. Si vous ne connaissez pas ce contexte, vous ne pouvez pas comprendre ce qu’est la new beat !

3.Lords of Acid – I sit on Acid
(Kaos dance Records – 1988)

Ce morceau arrive au moment où la new beat se mélange à l’acid house. Ce que tu entends, c’est la techno européenne en train de naître. Lords of Acid est un groupe représentatif du label culte Antler, qui a vraiment marqué ces années-là. À l’époque, ça se vendait à des dizaines de milliers d’exemplaires ! Même ta grand-mère connaissait ce truc hyper tordu !

4.Patrick Coutin – J’aime regarder les filles (Epic – 1981)

Tu vois, si un Français écoute ça, il te dira : ça n’est pas du new beat. Alors que, bien sûr que si ! Patrick Coutin, c’est le break parfait de new beat. C’était incontournable à l’époque.

5.Confetti – Sound of C
(USA Import Music – 1988)

C’est le tube le plus emblématique du mouvement. Il a été créé pour une discothèque, le Confetti. Chaque club voulait avoir son propre morceau new beat. Le clip est intéressant parce qu’il est précurseur de tous les clips eurodance, avec des danseurs et des MC un peu kitsch.

6.Amnesia – Ibiza
(Indisc – 1988)

Là, on est transporté directement dans les clubs de la frontière Belge où se retrouvaient les Wallons, les Flamands et les Français. Le chanteur, c’est DJ Plastik du club 37°5. Et on voit aussi DJ PC du Raffles ! sans oublier le club Skyline, évidemment.

Pour en savoir plus sur ce qui a fait les grandes heures de la dance music belge, rendez-vous dans le numéro 226 de Trax Magazine. Notre journaliste Grégoire Belhoste y signe un reportage sur les “méga-dancing”, ces clubs gigantesques typiques de la frontière wallonne dans les années 1990 et 2000.

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