Boston 168 : « On aime les voyages spatiaux »

Écrit par Maxime Retailleau
Le 05.01.2016, à 16h18
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Écrit par Maxime Retailleau
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Difficile de rester insensible au nouvel EP d’acid techno du duo Boston 168 sorti chez Involve Records, Black Hole. Entre beats vénères et sonorités cosmiques, les quatre tracks qui le composent se révèlent tout aussi entraînants qu’envoûtants. Le duo est composé par deux Turinois, Sergio Pace et Vincenzo Ferramosca – alias D-vince. Auparavant, ils avaient sortis le très violent The Drill sur leur propre label Old and Young, en 2014. Il était déjà marqué par des notes acides qu’on retrouvait ensuite sur leur deuxième EP, Acid Morning (Enemy Records, 2015), plus atmosphérique quant à lui. À la fois emporté et intrigué par leurs prods, Trax a cherché à en savoir plus sur eux… mais très peu d’informations circulent à leur sujet sur internet. Une belle occasion de les interviewer.

Trax : Comment en êtes vous venus à la techno
Boston 168 : Ça fait des lustres qu’on est potes, et on partage une passion pour la musique depuis toujours. Mais au début on a mené nos projets chacun de notre côté. Puis avec les années, nos goûts musicaux sont devenus de plus en plus similaires, jusqu’à ce qu’on se rejoigne en formant Boston 168.


« C’est très facile de tomber dans le banal avec la TB-303 »

Est-ce qu’on peut résumer votre style musical à de l’acid techno oldschool
C’est bien sûr notre style musical, même s’il est difficile de trouver une définition exacte de ce qu’on produit. On aime les voyages spatiaux.

Il semble que les sons acides (ceux de la TB-303) sont en train de devenir hypes de nos jours. Vous partagez ce sentiment ? 
C’est vrai qu’en ce moment il n’est pas rare d’entendre une ligne de basse créée avec une 303 dans un track techno.

Pourquoi vous aimez tant ce son ?
Parce que c’est un son unique. Mais c’est très facile de tomber dans le banal vu que cette machine est une reine historique de la musique électronique.

Quels types de producteurs vous inspirent ?
On s’est intéressés à des producteurs très variés dans le temps, allant d’AFX à Plastikman, en passant par UR (Underground Resistance, ndlr) et des artistes variés de la scène acide des années 80 et 90 comme Joey Beltram ou Armando pour ne nommer qu’eux. Maintenant, c’est devenu difficile de dire qui on aime parce qu’il y en a tellement… Mais si on devait en nommer quelques-uns on pourrait citer Milton Bradley, Donato Dozzy, Drug Cvltvre et Polar Inertia.

« On a toujours voulu sortir des vinyles parce que c’est notre seule arme contre le temps »

Vous êtes aussi les cofondateurs d’un label appelé Old and Young, qui sort uniquement des vinyles et supporte les productions utilisant des machines analogiques. Pourquoi avez-vous choisi de revenir à d’anciennes manières de produire de la musique et de la faire paraître ?

On a fondé le label avec un ami proche, qui est aussi un vétéran de la scène de Turin, Alessandro Gambo. On a choisi le nom « Old and Young » parce que le label combine l’expérience d’Alessandro avec notre jeune enthousiasme. Et on a toujours voulu sortir des vinyles parce que c’est la seule arme qu’on a contre le temps. Un enregistrement sur vinyle c’est quelque chose né pour durer, pas comme ceux sous format MP3 qui se perdent parmi des millions d’autres fichiers.

D’après ce qu’on sait vous utilisez essentiellement des TR707, TR909 et TB-303. Est-ce que vous utilisez d’autres machines ? Vous utilisez aussi des logiciels pour vos productions ?

On a pas une vraie TB-303 parce que ça coûte un prix exorbitant, donc on se sert d’un paire de Bass Bot TT-303, qui sont des répliques analogiques similaires à la machine originale de chez Roland. On aime bien aussi les Electron A4 et AR, et récemment on a aussi pas mal accroché avec le Moog Mother 32, qui produit un son incroyable.

« La scène italienne est florissante »

Vos prods récentes sont très courtes. Pourquoi ça ?

Il n’y a aucune raison particulière. On aime aussi créer des tracks qui durent environ six-sept minutes (qu’on retrouve sur The Drill, ndlr). Peut être même que dans le futur on fera des morceaux qui évoluent sur une dizaine de minutes.

Tous vos sons sur Black Hole, votre dernier EP, durent exactement 2.06 minutes. C’est un nombre magique pour vous ? 
Non, là encore c’est juste une coïncidence. On devrait peut être jouer à la loterie !

Il semble que la scène électronique italienne est actuellement en pleine renaissance, avec des artistes comme Vaghe Stelle. Vous partagez ce sentiment ?

La scène italienne est vraiment florissante, et chaque année de nombreux artistes parviennent à émerger grâce à leur persévérance. Il y a beaucoup de noms italiens qu’on aime et qu’on supporte, particulièrement Stenny & Andrea qui sont de notre ville. Il a y aussi de nombreux organisateurs qui défendent une techno de qualité, dont ceux du Varvara Festival où on a eu le plaisir de jouer en 2015 aux côtés d’Ancient Method et de Sleeparchive.

Quels sont vos futurs projets ?

Nous avons différentes sorties prévues pour cette année, mais ça doit rester une surprise pour le moment. On peut tout de même mentionner notre sortie à venir en février sur le label d’Andre Kronert, ODD/EVEN. Mais en ce moment on se concentre sur notre nouveau live, qu’on espère avoir l’opportunité de jouer en France très bientôt.

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