Bodybuilders : un nouveau livre présente la scène queer folklorique britannique

Écrit par Clarisse Prevost
Le 21.11.2022, à 14h40
02 MIN LI-
RE
Écrit par Clarisse Prevost
Une nouvelle édition présente le travail de 30 artistes britanniques de la scène queer folklorique – issue d’internet – qui aime à repousser les limites de l’esthétique.

C’est en 2016 qu’Alien, DJ et photographe italien queer – membre du collectif transféministe Tomboy’s Don’t Cry – emménage à Londres et se met à fréquenter la scène club de l’est de la ville. Alors que celle-ci s’éteint le temps de la pandémie du Covid-19, le créatif, qui passe beaucoup de temps sur les réseaux, se rend compte de l’importance de la sous-culture des cultures queer folkloriques qui peuplent les soirées. Il explique : « J’ai commencé à voir des gens faire du drag d’une manière que je n’avais pas vraiment vue auparavant. Ces artistes allaient bien au-delà de la définition traditionnelle du drag, utilisant le maquillage et les prothèses pour repousser les limites de l’expression queer, subvertissant non seulement les conventions du genre, mais aussi la forme humaine. »

Il rencontre le drag ogre avec Shrek66, les créations étranges de Jenkin van Zyl, un artiste et cinéaste qui construit des personnages inspirés par le fantastique et l’horreur. Même si certains se considèrent comme des professionnels, une grandie partie de ses vétérans existe sur internet. « Ils suppriment leurs comptes assez souvent. Ils vont et viennent, ils changent de nom, et il est difficile de saisir ce qu’ils font, ou de savoir qu’ils existent même, à moins de les chercher. »Afin de célébrer et de documenter ce mouvement, Alien décide de réunir 30 artistes britanniques à présenter leurs travaux avec une édition du nom de Bodybuilders, clin d’œil ironique à la pratique hyper-masculine du bodybuilding, mais qui reflète aussi avec justesse l’acte d’auto-assemblage pratiqué par ces créatifs.

On y trouve des images d’artistes connus comme Dakota Schiffer, candidate au concours RuPaul UK, et Lewis G Burton, fondateur de l’insaisissable soirée techno queer Inferno de Londres. Ces personnalités sont représentées aux côtés d’artistes underground qui créent une “niche dans la niche” : des looks inspirés de la culture gothique et des mangas, mêlés à une esthétique satanique et médiévale.

01

Newsletter

Les actus à ne pas manquer toutes les semaines dans votre boîte mail

article suivant