Avec la pochette misogyne de son dernier EP, un des plus célèbres DJ techno ukrainiens fait polémique

Écrit par Alexis Tytelman
Le 29.04.2019, à 10h15
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©Wanda Kuchvalek
Écrit par Alexis Tytelman
En dévoilant la pochette de son nouveau projet sous son alias Rocco Siffredi, le producteur et DJ ukrainien Vakula vient de déclencher un véritable ouragan. Représentant Nina Kraviz, Peggy Gou, Nastia et The Black Madonna à bord d’un vaisseau en forme d’attribut masculin, ce dernier s’est attiré les foudres du public, mais également des principales intéressées qui, à l’exception de Nina Kraviz, n’ont pas manqué de réagir sur les réseaux.


À l’heure où un manifeste dénonçant la domination masculine à l’oeuvre dans la musique récolte plus de 700 signatures d’actrices du milieu, où de nombreux clubs s’engagent contre le harcèlement et où la plus grande représentation des femmes sur les line-up est un combat quotidien, la dernière action de l’artiste Vakula au début du mois de mars, fait (à juste titre) des étincelles.

La raison de la colère générale ? Un post Instagram avec la pochette de son nouvel EP Per Aspera Ad Astra, réalisée par Wanda Kuchvalek pour son alias Rocco Siffredi, dépeignant quatre femmes DJ’s à succès  Nastia, Peggy Gou, Nina Kraviz et The Black Madonna en pilotes d’une navette spatiale phallique. Pour couronner le tout, le post, révélé à un plus large public il y a quelques jours par Nastia, déclenchant l’actuelle polémique, est accompagné d’un commentaire pour le moins nauséabond : « J’ai dédié ce projet à mes femmes bien-aimées. Nous avons tenté de représenter la plus belle bite que les filles dépeintes sur la pochette pourraient rencontrer. » 

Après avoir réagi à son tour à l’artwork, sur son Twitter, où elle critique en plus l’association de leur image avec une porn star « connue pour brutaliser des femmes », The Black Madonna a donné plus d’informations à la rédaction de Resident Advisor. Elle reproche notamment à Vakula et l’on s’en doutait  « de ne pas les avoir notifiées ou de ne pas avoir demandé leur accord ».

Si Nastia est choquée par l’artwork et « ne s’attendait pas à ce que Vakula puisse aller aussi loin », elle explique également dans son post Instagram que sa rencontre avec l’artiste il y a quelques années l’avait déjà fait comprendre quel genre de personnage il était. « Quand je l’ai rencontré en 2015, relate t-elle, il m’a dit très sérieusement que j’étais une merde, et que je n’étais même pas une DJ, mais que si on se revoyait, il pourrait m’apprendre ».

Un ensemble d’éléments qui rend les justifications de Vakula peu convaincantes – pour ne pas dire irrecevables. Dans un long post Facebook publié le 27 avril, l’Ukrainien disait vouloir montrer dans cette image comment « le système moderne fait de la musique un simple outil pour les DJ’s afin de gagner beaucoup d’argent ». Après cette vaine tentative d’explication, l’artiste est finalement passé à l’invective. Dans un nouveau post Facebook, publié ce lundi 29 avril, Vakula dénonce à tour de bras la dictature des accros du smartphone et des haters, « esclaves et lâches » qui dénoncent sa « belle pochette avec une super bite », et, en guise de conclusion, invite à « ne pas croire les mensonges que vous font bouffer les médias, faux artistes et réseaux sociaux ».

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Pour Nastia, la raison de cet artwork est toute autre : « Son principal problème est qu’il ne peut pas supporter notre succès », conclut l’artiste, à la fin de son post Instagram. Un avis que partage Peggy Gou, agrémentant sa réponse (dans une vidéo, à visionner ci-dessous) d’un joli doigt d’honneur. On ne pouvait pas mieux faire passer le message…

Voir cette publication sur Instagram

Message to misogynist Vakula, don’t you fucking start (we all look better than that btw) Good luck

Une publication partagée par Peggy Gou (@peggygou_) le 27 Avril 2019 à 7 :19 PDT

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