Au comptoir de Bambino, le bar avec le meilleur système son de Paris

Écrit par Simon Clair
Photo de couverture : ©Marvin Leuvrey
Le 31.03.2021, à 09h53
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©Marvin Leuvrey
Écrit par Simon Clair
Photo de couverture : ©Marvin Leuvrey
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Fabien Lombardi ne fait rien comme les autres. À seulement 35 ans, ce barman devenu restaurateur, à la tête de six établissements dont les Faggio, a lancé l’année dernière, à Paris, un lieu mêlant cuisine à la braise, cocktails à la pression et délires audiophiles. En pleine pandémie, cet amoureux des vinyles fait visiter Bambino, son petit dernier.

Par Simon Clair. Photos  : Marvin Leuvrey

Cet article est issu du numéro 231 de Trax Magazine, toujours disponible en kiosques et sur le store en ligne.

«  J’ai trouvé le lieu qui allait devenir Bambino, au 25 rue Saint-Sébastien, dans le XIe arrondissement de Paris, alors que je sortais du disquaire situé juste en face  : Betino’s records. J’avais déjà l’envie de créer un bar de ce genre, mais je ne savais pas encore où le faire. Et là, je suis tombé sur ce local à louer. J’ai appelé le numéro qu’il y avait sur la porte. J’ai expliqué mon projet au propriétaire des lieux et l’idée lui a plu. Tout s’est fait très rapidement. Il y a dû y avoir maximum six mois entre cet appel téléphonique et le premier verre servi ici. Avant que je m’y installe, il y avait deux devantures  : un bar et une mercerie. La proprio a tout cassé pour ne faire qu’un seul lieu. On a tout changé, en mettant le paquet sur l’insonorisation et en créant un sous-sol qui n’existait pas. On a installé la cuisine, le four à bois qui vient d’une de mes pizzerias, la climatisation et on a posé le revêtement déco. L’ouverture a eu lieu le 22 novembre 2019, et jusqu’à la mi-mars, c’était tout le temps plein. On a pu travailler environ trois mois avant de fermer à cause de la pandémie.  »

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«  Ici, il y a une vraie influence des bars à disques de Tokyo, qu’on appelle jazz kissa. J’aime ce côté japonais hyper ordonné, avec un mec derrière le comptoir qui connaît tout sur la musique. Mais chez Bambino, on ne veut pas non plus tomber dans un truc trop geek. On amène plutôt un côté festif par la cuisine et par le fait que les gens puissent rester de l’apéro à la fermeture. Les enceintes que vous voyez là ont été construites sur mesure par un copain qui fabrique tout en France. Sa boîte s’appelle Palladium Audio. J’ai fait insonoriser le lieu de manière à ce qu’on puisse monter à 100 décibels sans que ça s’entende dans la rue. Mais le sound system peut faire vibrer le bar en béton, lui-même relié au sol. Pour l’instant, si je mets le son trop fort, les vibrations peuvent circuler et monter jusqu’au deuxième étage. Il faut que j’arrive à régler ça.  »

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«  Ce qu’on voit inscrit au-dessus du comptoir, ce sont les meilleures citations d’Éric Cantona. J’ai aussi un maillot de lui accroché au mur. C’est celui qu’il portait quand il jouait à Manchester United, le jour où il a pété un câble et qu’il a mis son célèbre coup de pied à un supporter de Crystal Palace. J’ai toujours aimé le foot et Cantona, c’est mon idole. Surtout qu’il vient de Marseille comme moi. Mon équipe de cœur a toujours été l’OM, même si je les trouve ridicules cette année. Je ne sais pas qui gère la communication du club en ce moment, mais il faut vraiment que cette personne change de boulot. Sérieux, vous avez vu qu’ils viennent de créer un label  ? Que des mecs qui chantent avec Auto-Tune. OM records, c’est tout ce que je déteste dans la musique.  »

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«  J Dilla, c’est ma référence absolue en terme de hip-hop. Tous les groupes qu’il a produits, c’est de la folie. C’est Julien de J.A.W.Family qui m’en a parlé en me conseillant de creuser. À partir de Dilla, j’ai découvert plein d’autres choses. Notamment Yamandú Roos, un Hollandais d’Amsterdam, qui prenait les photos de Dilla. Il a sorti un petit bouquin avec plein de portraits de lui en noir et blanc. Un jour, Yamandu m’a envoyé son livre, après avoir vu un gros poster de Dilla dans l’un de mes restaurants. J’en ai accroché quelques pages au mur, juste là.  »

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«  La console de mixage est une DJR 400. C’est fabriqué par deux mecs vraiment à l’ancienne, dans une arrière-cour du XVIIe arrondissement (Lire notre story dans Trax n°228). On a presque l’impression qu’ils font de la contrefaçon. C’est Theo Parrish qui était l’égérie de la DJR. C’est parfait pour ce qu’il mixe. J’ai ce modèle depuis cinq ans. Il était chez moi et attendait juste qu’on le mette dans un lieu. Il n’avait jamais tourné avant d’arriver à Bambino. Malheureusement, depuis quelques mois, à cause du Covid, il ne sert plus beaucoup.  »

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