Astropolis : 25 folles années du festival breton en 10 photos historiques

Écrit par Julie Radix
Photo de couverture : ©D.R
Le 25.06.2019, à 15h06
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Écrit par Julie Radix
Photo de couverture : ©D.R
Le festival Astropolis fêtera son 25ème anniversaire à Brest du 3 au 8 juillet. De l’unique rave légale de France avec Jeff Mills en 1996 à la prestation déjantée de Manu Le Malin en 2016, les organisateurs se remémorent les moments forts de l’évènement à travers dix photos évocatrices.

Du 3 au 8 juillet prochain, le festival Astropolis soufflera sa vingt-cinquième bougie. Une centaine d’artistes de la scène techno française et internationale investiront les lieux les plus emblématiques de Brest, tels que le mythique manoir de Kéroual. Jeff Mills, Apparat, Arnaud Rebotini … encore une fois, la programmation détonne, et annonce un quart de siècle explosif pour l’évènement. Pour l’occasion, les organisateurs ont sélectionné dix photos d’archives qui documentent les moments forts des précédentes éditions. Images à l’appui, ils racontent leurs souvenirs du légendaire festival de musiques électroniques breton.

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1996 : Jeff Mills et DJ Hell au fond – Parc des Expositions de Lorient

La deuxième édition d’Astropolis, qui a lieu au Parc des Expositions de Lorient. La charte “Les soirées Rave – Des situations à hauts risques” venait d’être publiée par le Ministère de l’Intérieur Pasqua puis Debré. Ce livret permettait aux forces de l’ordre et aux commissariats d’agir contre tous les rassemblements techno. Nous nous sommes donc associés à un producteur de spectacle, Diogène Productions, qui nous aura appris à nous structurer et nous aura permis de faire un bras de fer auprès des institutions par le biais du syndicat de producteurs de spectacle dirigé à l’époque par Camus, le Prodiss. Nous accueillions pour l’occasion Laurent Garnier, Dj Hell, Fumiya Tanaka, Steve Bicknell et Manu le Malin. C’est Tino (Lab Insect) qui fit le warm up local. Nous avions gagné la bataille ! Nous étions hélas la seule rave légale en France cet été là…

1998 : Chain Reaction – Château de Keriolet

Basic Channel, Maurizio, Rhythm & Sound, Chain Reaction, Hardwax… Toutes ces identités qui sont la base de la techno allemande underground nous ont toujours passionné. À l’époque où nous avions notre magasin de disques vinyles “Sonic Floor” sur la Place Guérin à Brest, nous devions sélectionner les clients à qui nous allions vendre au compte gouttes ces trésors berlinois. Ils se comptaient sur les doigts d’une main. C’était du caviar ! Nous accueillions pour la première fois en France le label Chain Reaction avec Pete et René sous leur alias Scion sur l’Astrofloor au Château de Kériolet à Concarneau. Frédéric Djaaleb, alors tourneur de Jeff Mills, avait beaucoup participé à mettre en place cet évènement.

2001 : Suicide – Manoir de Keroual

Première année au Manoir de Keroual à Brest. Chez nous. Nous quittions Concarneau et le magique Château de Keriolet. Une édition particulière puisque nous voulions croiser la pop, le rock, le dub, l’électro, la house, le hardcore… Toujours cette envie de diversité, de mélanger les genres et les publics, de croiser les cultures, de perdre les gens dans un univers où le temps n’existe plus. Ce soir là, nous accueillions sur la même scènes des jeunes de Versailles qui s’appelaient Phoenix, le premier concert de Miss Kittin et de The Hacker en France et les légendes SUICIDE (Martin Reve et Alan Vega) sur la même scène. Les deux New-Yorkais qui auront influencé le punk et la new wave ont halluciné lorsqu’ils ont mis les pieds dans la rave.

2003 : Julee Cruise et Chloé au Vauban

Twin PeaksJulee CruiseDale Cooper, Laura Palmer, Badalamenti… Une série qui aura transformé certaines de nos soirées. L’atmosphère qu’on peut ressentir quand on rentre dans la salle du Vauban, son rideau rouge, qui te rappelle la black lodge… On a toujours imaginé accueillir Julee Cruise dans cette salle qu’on adore tellement, notre QG, notre maison et surtout, celle de Charles son propriétaire qui nous a toujours accompagné dans notre évolution. En 2003, Julee Cruise tournait avec Khan, un show man qui sortait à l’époque des tracks sur le légendaire label Playhouse. Cette soirée avec Khan, Julee Cruise et Chloé restera gravé pour toujours dans nos mémoires. Un rêve Lynchien bourré d’émotions qui s’est exaucé. On a encore l’enregistrement !

2005 : Les Béru au Manoir de Keroual

Nous souhaitions accueillir les Béru, incognitos, sous le nom de Camouflage à Astropolis. Ils étaient d’accord ! Nous voulions pour cette édition réunir 2 identités fortes et très militantes dans les musiques : Les Béru et leur label Folklore de la Zone mondiale et Underground Resistance. 3 semaines avant l’évènement, la presse dévoilait que derrière Camouflage se cachaient les Béruriers Noirs. On a vu nos préventes tripler en 2 jours, il aura fallu revoir toute la disposition du site et créer un espace pour recevoir 10.000 personnes devant la même scène. Un grand souvenir ! Ils auront passé quelques jours en résidence au CCCM de Brest (sous le Quartz), fait un concert surprise et mémorable au Vauban le mercredi et transformé Astropolis en un énorme dance-floor où tout le monde chantait « La jeunesse emmerde le Front National ». Nous sommes passés à deux doigts de la catastrophe tellement il était difficile de maîtriser le public. On aura organisé le dernier concert des Béruriers Noirs.

© Nicolas Ollier

2005 : Underground Resistance au Manoir de Keroual 

Detroit for ever. Accueillir Underground Resistance à Astropolis faisait parti de nos rêves. C’est chose faite en 2005. Ca aura été une mission difficile de motiver ces intouchables à nous rejoindre dans notre Far West breton. Une de nos plus grosses pressions dans l’histoire d’Astropolis avec celle des Béruriers Noirs et notre interdiction par arrêté municipal en 2002. Les américains du ghetto de Detroit sont arrivés à 12, surchargés de machines. Nous n’avions reçu aucune fiche technique en amont. Nous avons acheté leur billet d’avion 10 jours avant la soirée… Tout a été borderline jusqu’à la fin et c’était très stressant. Mais d’avoir pu entendre jouer le “Jaguar” et le “World 2 World” avec le band en live dans la Cour du Manoir de Keroual restera un des moments forts de l’histoire d’Astropolis.

© Franck Cuillere

2007 : Justice au Manoir de Keroual (et Agoria à côté)

C’est l’ère d’Ed Banger Records, de Boys Noize. Une nouvelle ère dans les musiques électroniques. 2007, Justice sort son album Cross  et fait slamer une nouvelle génération de ravers. Le dance-floor se colore, rajeunit, la dance devient rock, hip hop, pop… Dans les sets, les styles se mélangent et plusieurs passerelles naissent. La musique évolue. Certains grincheux ne l’acceptent pas. Pourtant ce changement musical aura apporté beaucoup de fraicheur à la musique électronique à cette époque et Justice avant tout.

2014 : LFO au Manoir de Keroual

Pour nos 20 ans, on a eu le grand honneur de recevoir Mark Bell de LFO, un de nos héros, un pan historique des musiques électroniques et du label Warp. Il nous livre un live monstrueux sur l’Astrofloor avec un show visuel barré, c’est la claque du festival, pour nous comme pour la nouvelle génération. Tout le monde s’est retrouvé sur sa techno breakée et ses basses puissantes. On apprend avec une grande tristesse son décès 3 mois plus tard…

© Maxime Chermat

2015 : Model 500 au Quartz

D’autres héros qu’on devait recevoir pour nos 20 ans mais dont le show sera reporté quelques mois plus tard sur notre édition hivernale. Tant mieux pour nous, on peut l’apprécier pleinement. Mad Mike, Juan Atkins, Dj Skurge et Mark Taylor jouent leur live dans le grand théâtre de la scène nationale du Quartz, le jour de la sortie du nouvel album de Model 500. Dès les premiers morceaux, le public se rue dans la fausse pour l’un des plus beaux souvenirs d’Astropolis : un échange super communicatif et beaucoup d’émotions entre ces légendes et un public de tous les âges.

© David Boschet

2016 : Sous le Donjon de Manu Le Malin

Une Spring particulière au château de Keriolet. La nuit est dédiée au tournage du documentaire de Sous Le Donjon de Manu Le Malin de Sourdoreille et se retrouvent dans la crypte 4 amis de longue date : The DJ Producer, Lenny D, Torgull et Manu Le Malin sous le regard de la gran’dame de Benalo. Les retrouvailles entre ces légendes du hardcore dans cette petite pièce moite et enfumée, on vous laisse imaginer l’ambiance. Epique.

© Yves de Orestis

En 2014, les organisateurs avaient déjà compilé deux décennies d’archives vidéo, pour proposer un voyage dans le temps à travers les éditions du festival. La vidéo a été mise en ligne hier soir. 

Les informations et la billetterie sont à retrouver sur le site Internet d’Astropolis et sur la page Facebook de l’évènement.

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