Apparat : “J’ai lu tous les bouquins de Houellebecq, j’aime sa façon de prédire le futur”

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©DR
Le 05.12.2019, à 16h47
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Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©DR
Il a lu tout Houellebecq, déteste engueuler son chien et a clairement eu sa dose de clubbing… En avril dernier, Trax a demandé à Apparat de raconter ses dernières fois… Rencontre culte avec l’irrésistible DJ allemand.

Par Briac Julliand

Cet article a initialement été publié en avril 2019 dans Trax numéro 220, disponible sur le store en ligne.

Ta dernière première fois ?

Quand j’ai adopté un chien l’an dernier, un lévrier espagnol. C’était la première fois que j’offrais une nouvelle vie à un animal. Il a été récupéré dans la rue quand il avait un an et demi, il a vécu des choses difficiles. Aujourd’hui, il est encore très craintif, c’est compliqué de le faire sortir dans la rue, mais je lui apprends que tout le monde ne veut pas le tuer. En fait, il est un peu comme moi, il a beaucoup de phobies et d’angoisses.

Ta dernière découverte musicale ?

Je ne lis pas de presse musicale – désolé Trax ! – et je ne regarde pas les nouveautés. Par contre, j’ai récemment découvert toute la folie de Bandcamp, c’est un truc de malade. Il y a énormément de superbes disques. Je suis tombé sur Visible Cloaks, c’est super bien. Il y a aussi ce mec, Rolando Simmons, qui fait une musique très 90’s, axée IDM. Ça me rend sentimental d’écouter ça. Pour tout dire, j’avais arrêté de faire le DJ parce que je n’écoutais que de l’IDM avec des mélodies trop alambiquées, impossibles à mixer. Là, bien que sa musique soit assez compliquée, elle passe sans problème dans un set.

Ta dernière peur ?

Je fais un travail où je suis souvent confronté à un public, mais je ne suis pas à l’aise quand il y a du monde autour de moi. Comme mon chien. On dit qu’on a l’animal qui nous ressemble… Ça m’a fait réfléchir. Parfois, je suis prêt à l’engueuler pour une bêtise, mais je me rends compte qu’il a fait cette connerie parce qu’il avait peur. Et je me rends compte que je fais moi aussi des trucs stupides dans la vie pour cette même raison.

Ton dernier livre ?

En attendant les barbares de J.M. Coetzee. C’est de la fantasy un peu politique, ça parle de la suppression des minorités. Il y a aussi le nouveau Houellebecq que je dois commencer. J’ai lu tous ses bouquins, j’aime bien sa façon de prédire le futur, en quelque sorte. Évidemment, j’espère que ce qu’il écrit n’est pas prémonitoire, mais je pense que ça fait appel à une certaine vision du monde, que je partage. J’ai un côté pessimiste assez développé : je vois beaucoup de négativité dans le monde et chez les gens. Je me sens moins seul à penser comme ça quand je lis Houellebecq. Il est à l’opposé des musiciens qui ne veulent pas parler de politique. Lui, il s’embourbe là-dedans, il joue avec des sujets très touchy et se rend vulnérable.

Ta dernière sortie ?

Ça fait vingt ans que je vais en club, donc je privilégie les concerts de mes potes aujourd’hui. Je suis allé voir Pantha Du Prince et Modeselektor cette semaine. Et j’essaie de varier, d’aller voir du classique ou des ballets. J’aime vraiment voir se produire des gens qui excellent dans leur domaine. Je ne vais plus trop en club… J’étais dans la techno à 15 ans et j’ai eu des années bien mouvementées entre-temps. J’ai peut-être eu ma dose.

Ton dernier mix ?

C’était il y a quelques mois au Griessmühle avec Ellen Allien, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas mixé ensemble. Quand j’ai regardé ma montre, il était environ 2 heures. La fois d’après, il était 2 heures aussi, mais de l’après-midi. J’ai passé quatre jours en gueule de bois après ça, donc je ne le refais pas trop souvent… 

Depuis la fin de l’aventure Moderat avec le duo Modeselektor, Sascha Ring reprend le chemin solitaire entamé dès 2001, pour retourner à cette délicate electronica vocale qui a fait son succès.

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