Comment la techno sombre et distordue d’Alessandro Cortini repousse les limites du son

Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Adrien Durand
Le 21.01.2020, à 17h22
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©Adrien Durand
Écrit par Trax Magazine
Photo de couverture : ©Adrien Durand
En alternant entre pessimisme et lumière, le producteur italien livrait un nouvel album massif et sidérant en septembre 2019 dernier. Alessandro Cortini présentera en live Volume Massimo le dimanche 2 février 2020 à la fondation Lafayette Anticipations de Paris, dans le cadre du Festival Closer Music.

Cet article est initialement paru en octobre 2019 dans le numéro 225 de Trax Magazine, disponible sur le store en ligne.

Par Brice Miclet

Le monde va mal, c’est un fait. Mais il existe des lueurs d’espoir, aussi maigres soient-elles. Elles peuvent parfois prendre des détours ésotériques ou philosophiques. Parfois encore, elles se traduisent en musique. Avec son quatrième album solo, Volume Massimo, le producteur et claviériste italien Alessandro Cortini semble jeter un regard froid sur l’état du monde, mais également bourré d’optimisme. Sa force : parvenir à amener l’auditeur dans un état d’inquiétude, puis à le rassurer. Le clair-obscur n’existe pas qu’en peinture.

Il y a deux ans, le natif de Forlì, à mi-chemin entre Bologne et le micro-État de Saint-Marin, revenait à ses racines italiennes avec Avanti. Un album encensé par la critique, qui l’a définitivement détaché de son “simple” rôle de claviériste live de Nine Inch Nails – rôle qu’il occupait de 2002 à 2008. « Je ne crois pas que mon héritage italien se ressente [sur ce nouvel album] », avance-t-il. « Mon précédent projet était dédié à ma famille et à mes origines, mais Volume Massimo, bien que certains titres de morceaux soient en italien, n’a pas de connexion particulière avec ce pays. »

Demeure une autre constante du travail de Cortini : son amour des synthétiseurs Buchla. “Amore Amaro”, le titre dévoilé en amont pour défendre l’album, est représentatif de cette manie qu’a le producteur de jouer avec l’intensité. Et n’est-ce pas là une notion centrale du travail des synthétiseurs, des modulations ? Cortini pousse son équipement dans ses retranchements, jusqu’à, parfois, simuler l’overdose. Dans “Batticuore”, track ultra-massive, il ajoute des couches et des couches, nous laissant même penser qu’il n’y a plus de place dans ce délire linéaire. C’est pourtant le cas – il y a toujours de l’espace pour faire saturer le rendu.

Revenons au clair-obscur. Le sentiment éphémère d’oppression est toujours contrebalancé par une ouverture du son, par un accord majeur, ou même par une guitare, comme sur “Let Go”. « J’ai toujours joué de la guitare, mais je me cantonnais à la pratiquer sur mon canapé, pour me détendre. Finalement, il m’a semblé normal d’essayer de ramener cet élément dans le processus de composition, ou du moins de l’utiliser sur l’album jusqu’à un certain point. » Un riff se dégage subitement, une rythmique est noyée dans la masse analogique… Mais les cordes sont bien là.

Autre fait notable de ce Volume Massimo qui, comme son nom l’indique, pousse les limites du son de Cortini dans ses retranchements : le fait qu’il paraisse sur le mythique label Mute (Liars, A Certain Ratio, New Order, Goldfrapp…). « L’album était déjà écrit quand je les ai rejoints », précise son auteur. « La famille Mute est ouverte au dialogue et à la collaboration, et ce à chaque étape de la sortie. » Pas de tromperie sur la marchandise, donc. En même temps, avec Alessandro Cortini, on commence à savoir à quoi s’en tenir. Dans le meilleur sens du terme.

Alessandro Cortini sera présent au Festival Closer Music, où il y jouera en live son album Volume Massimo, le dimanche 2 février 2020 à la fondation Lafayette Anticipations, située dans le 4ème arrondissement de Paris.

Toutes les informations sont à retrouver sur la page Facebook de l’événement.

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