Agoria se lance dans la photo et expose pour la première fois à Paris

Écrit par Jean Gueguen
Photo de couverture : ©Dominique Planche
Le 29.10.2019, à 14h25
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©Dominique Planche
Écrit par Jean Gueguen
Photo de couverture : ©Dominique Planche
Diversifiant ses pratiques artistiques, le musicien électronique Agoria dévoile un nouvel aspect de sa sensibilité esthétique à travers deux expositions photos visibles actuellement à Paris. La première à la galerie Tournelles, jusqu’au 4 novembre, la seconde à l’hôtel de Crillon, jusqu’au 20 novembre.

Sébastien Devaud, connu sous son alias Agoria, collectionnait déjà les casquettes dans le milieu de la musique électronique : DJ, producteur, artiste live, patron du label Sapiens, mais aussi compositeur pour le cinéma et sound designer pour des expositions. « Depuis cinq ou six ans, je travaille avec des plasticiens ou des sound designers très impliqués dans des expositions, que ce soit au MoMA à NY, au Palais de Tokyo à Paris, etc. Et notamment avec l’artiste français Philippe Parreno, un plasticien hors pair  », explique-t-il à Trax Magazine. « Ça fait donc quelques années que je suis baigné dans des réflexions qui me sortent du cadre strict du studio et de la musique  ». Mûrissant ces réflexions, il porte son dévolu sur la photographie et expose pour la première fois sa série Compendium.

©Sébastien Devaud

Ce qui pourrait évoquer à première vue l’action painting d’un Jackson Pollock est en fait un détournement, par la photographie, de cette technique consistant à privilégier l’acte de peindre par projection ou égouttement de la couleur sur la toile. Heureux de cette confusion, l’artiste explique : « Ce sont en fait des photos de panneaux d’affichage prises dans la rue entre les moments d’affichage. Rien n’est affiché, et en même temps, les restes des milliers d’affiches passées sont là devant tes yeux. Des années d’histoire, d’impermanence, qui se sont succédé. Et pourtant, on pourrait passer devant sans s’arrêter. Alors que cet espace-temps en dit tellement sur l’époque, sur l’abondance, sur l’entertainment, sur ce qu’on vend au quotidien  ». Ce sont ces « amas de connaissances, d’expériences  », qui sont condensés dans chaque compendium.

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Galerie Tournelles

Fort de deux expositions parisiennes, en cours à la galerie Tournelles (jusqu’au 4 novembre) et à l’hôtel Crillon (jusqu’au 20 novembre), et d’une exposition prévue à la Scope Art Fair de Miami en décembre, Sebastien Devaud, cultivant l’art du grand écart, envisage d’aller plus loin dans sa pratique de l’exposition, notamment en y mêlant son savoir-faire musical. « C’est une sorte d’équilibre par rapport à la musique. S’exprimer différemment, par un autre moyen d’expression, permet de respirer, de nourrir l’ensemble de tes réflexions. Dans le futur, j’essaierai de mélanger les deux, sans doute en travaillant l’aspect sonore d’une exposition, sa dimension immersive  ».

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